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Full text of "Journal des gourmands et des belles, ou, L'épicurien français"

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\ 



> 



■ ' xivàES NOUVEAU?:* ^ 

Les heauri Arts en Angleterre ^ Bùvrage' daûs le- 
quel on troQ^e dès-Notices ralsoiui^es despruicipctiix 

; tHoiifiiBens dUrçldiecti^:,^âje^8^et aiodçièeà ^ et 
des ouvrages remarquables de peinhu'e et sculpture 
qtti so&t.dânS les êolleetions publit^ues et parficu* 
liircs de Londres , d'Oj^foïd «t dans les châteatix et 
«maisons de campa^gaer; one ii]^i<»ti9n der^tf^nes, 
bustes et hàs-reliefs extraits Téçenunexït des fouilles 

^ites^ lau «onipfè désiAnglaîs à Roosie^^t des ta- 
bleaux: qui oia'^éaclxMéif^OQr eux ^^^^^^^ le çoû- 
Hné&tf une li^îstoîrs de Varchitèciûre, de la peîn- 
♦"ï^V^^^WulptuTeètt Angleterre; de anecdotes 

Bur le* ^8 eélHïi»» attîsTè»^: «ndins et mode^ 
/Oûvirage ^ropwi à stfrvir de ^ide^jtt amatents^qui 
Vigr^ent «Qjingl^e«re; ttaduit ^ Sanglais de 
m: DAI.I.AWAT par M**>j jubilent augmenta de 
tiote»par A^ MiIlit^j œéoibrt^darihstitat et de 
Ja Cégiôn d'àonncnr, cottwBtvàtenr du bàbîdet des 
inédaîllM, des antî^i^s et,des jwcrergrayee^ ^fcla 
bibliçtbèque Imj^rial«, etc., etc. Denx yélmts 
*l^*. île «6p pages. Prix, 7 fp; ^tis à' l^arfs, et ofr. 
firanc d« jpQrt pa? la porte. A Paris v chemt. .SuiV- 
j<aii/libt|ilre^ m ©if-Ie^CeBur, n% lo; et cbez £^.. 



PBv ZIH 1. ^ 



JOURNAL 

DES GOURMANDS 



ET DES BELLES. 



\ 



t- , il» • * * 









if*'" 






lOUJlNAL 

DES GOURMANDS 

ET DES BELLES, 



otr 



L'EPICCftïEîf FR'ANÇAIS. 

Rédigé- par- tjùefq uèf lAnéfàteOfs GourfriânSs , 
plusieurs ^oficiVex.dSffj^.Dfnéi^ iu '.Vaudeville ^ un 
DifeUfireri Tftidecine , etc., été., etc. 

Bioni /cliantofia , «ment », VuTOMi 
' ■ •• ' "' •' Voîïà tbûtt» aéWe ikoriac. ^^^ 



» f • . .'ï , ■ ■ • '^Z^^"» •• • 



Sintn du VmidenUê» 

• . * . 1 • » • * 



* , DEUXIÈME AKNÉEV ' ' 



* , 



ihNMlMMMMÉri 



Troisième Trimestre de iSo-j. — JVillét. 

• ■ ■ . f ' ...' ''• — ' : = ' . ■ ' /■■ 



PARIS, 



C APELLE^rr BENA^D j (UTraires-commîssîonxiairésii 

■ rue J— J. Bousseau» 



^ï&fPtmtEltli; QE 9RASSEUR AINlé» 



/ ui/r/5* TRÈS-ESSENTIEL. 

Les Cahiers de ce Journal ne se vendent^poînt 
-•éparetnenti On ne peut souscrire que pour un 
ail', qui doit toujours commencer en Janvier» 

Les douze Cahiers de_ la première année so 
vendent niz faim es tant peur Paris que pour 
la province^ ; 'i '^^ 



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i 



J O Ù E N A L 



DES GOURMANDS 



ET DE15 BELLES. 



*5 



PREMIBE SERVICE. 



LITTÉRATURE GOURMANDE. 



LE MOIS DE JUILLET. 

« 

A KOiyPATBIAI^CHB.DSS VIGKBJIOKS. 

liB mois de Juillet, qui est $ou3 le 
signe du Lion, est ordinairement le 
plus chaud de Tannée. II fut d'abord 
Dommé QuintiUs à |lome, parce qu'il 
était le cinquième de l'année martiale. 



-^ 



6 JOURNAL 9SS^<^Oin|BlAI9D8 

Marc ^Antoine peoâahrsbar consulat 
lui donna le nom de Jules, parce que 
c'était dans ce mois qu'était né le pre- 
mier des Césarsi ce adm lui est resté, 
et de Julius on a fait Juillet, 

C'est .danjS. cq ^qîsjcpfe Pon com- 
mence à jouir des produits de la cul- 
ture;, les champs^ dorent^ les Fruits 
jaunissent, et tous les proauits 4^ la 
nature se.développept; on coupe l'a- 
vpine et les foins : il est juste que la 
terre rende d'abord ce qui doit servir 

à l4-mureitHr$dei ^tàmsxtx qu'on eim- 
ploie à Tagriculture , et de ceux qui 
doivent s'engraisser pour la cuisine. 

Ce n'est pas encore le mois de Cérès 
et de Bacchus , maîs.c'çst celui où l'on 
prépare leur triomphe : on élague les 
herbes parasites , on soigne et l'on ar- 
rosé \es trésors de Pomone , on bine 
les vignes, et les vignerons mesurent 
l0ur« travaux sur l'abondance que l^xit 
prescience calcule à cçtte époque. 

C'est donc avec quelque justice que 
hous dédions ce mois à Noé, le pre- 



ET DES BELLES. ^ % 

mier .qui 'cultiva la vigne , çt qui en* 
seigûa l^art dé la rendre fi^cbnae. 

Ce patriarche ne fut ^96 un ivroga^^ 
quel^^coojectucoiiifilSgoeqifoiipaiiisq 
ticer de iVtJ^eoturetjqui Tùi fil; maudira 
un de ses enfans; îlfutjuxtdfîs btenfaî-t 
teurs du genre humain , et la postérité 
lui a esrpédré tiQ^'breiret d'invention 
pe»ir. son hëiireuse ^découverte» S'il fit 
surciui^'iiiéiiie la prettiiire épreuve deii 
dangers de l'ivresse^ e'àsf nu servke 
de plus qu'il rendit auK buveur^ ett 
leur:marquaqt l'écneiPn e^ bien p)éi| 
connapacle soin qu^it ptib'de cuttivèt 
la vigne et de la faire mtiltidlier que pat 
le piaisir qu'il eut d'éû boire ie )ti$ 
délicîeox« SU s'enivra •uh jéur de trop 
grande chaleur, cela prouve que le 
saint homme n'était pas si fâcheux 
que certain critique qui se prétend 
sobre, et qui, au lieu de se rafraî- 
chir à table avec de bons amis pendant 
les ardeurs de Juillet , s'échauffe en- 
core et s'enroue à nous injurier gratui- 
tement. 

Il devrait y avoir en Juillet une 



8 JOURKAL D£S GOURMANDS 

fête eia l'honneur des dÎDdo;iS| c'est, à 
cette époque qu'ils arrivèrent des Indes: 
ijls furent reçus cômnae des naturels -du 

Eays y «t'SOQt . depuis ce tems honora- 
lement phtféé à ta tête des volailles 
de nos basses-côuirs; 



I ' t > à 



i -Les lapereaux^ les perdreaux^ les 
levrauts , 1» caiBe . et l'ortolan an- 
noncent le gibier nouveau; ces mets 
estimés ne pai^ai^sent qu'accompagnés 
de tout ce que la nature produit de 
idns délicat eiTlégumes, viandes de 
poucherie et fruits précoces; c'est.dire 
lissez qu'en Juillet le gourmwd de 
bonne foi n'e&t pas plus malheureux 
que dim$ tout le reste dé l'aiméie. . 

\ ' Ga3tbrmann, 



I 

J 



IT DBS BXtlIff.' û 

♦ : ■ 

PE LA CUISINE DES ASCSmS. 



DequeUpies usofns gourmands, 

r 

La sobriété des Perses fut, dit-on |'. 
mise en son jour lorsque sur le champ 
de bataille leurs corps desséché^, et 
dîapbanes résistèrent beaucoup plus 
long-tems à la corruption que ceux, 
4e leurs ennemis* Cçtte preuve sans 
doute est sans réplique , puisqu'elle 
est appuyée du témoignage des plus 
graves faistoriehs ; et c'est tin bel effet 
de la tempérance que de pouvoif re- 
tarder de vingt-quatre heures l'éva- 
poration de quelqueiiT reliques insen*' 
sibles. 

• • . • 

Toutefois les écrivains qui ont vant^ 
l'austérifé des anciens nous ont- aussi 
conservé leurs '■ usages les plus reculés i 
et dès le tems de la guerre de Troio 



il est constant qu'en Grèce o% faisait 
régulièrement quatre repas par jour, 
c^e qui annonçait un penchant bien in- 
v^t^ii pouè lë gduVifiandise. ^ 

Le premier repas se nommait ccra- 
tisma ou dianesHsmos y c'était notre 
déjeuner. 

h*€mston 6ti éiSrpiHon se faisait i 
peu près à Pbeure du dîner de nos 
provinees. . . 

Ukesperisn^a f en latin merenda, (i) 
^t^it un repas intermédiaire que Pon 
nomnie encore legôâf^r.dans les pays 
où'il s'est conservé^, mais que le dîner 
tardif de Paris à tout à fait proscrit 
parimi nous. 

La céneou le- souper, dont le nom 
savant #jSt lA/moi^ aa^epidôrpis, a tou- 
jours^ été ie repas de^rédilection des» 
bons coavives de l'antiquité çomm« 
de ceux de notre âge. Les héros d'Hd- 

raère faisaient ordinairement leurs fes" 

... ' 

• (i) :€è mot eft encore usité en Champagne: 
àiÇbi^loiis il lignifie la çoUtii^^ h goûter* 



BV 9£^ BELLES. Il' 

tins à U ebùte du^jour: c'est le soir 
que mangeaient les Asiatiques, les 
Grecs , tes SgyptieDS et les^ RoniâiiiS} 
et le choix de cette heure prouvéqne y* 
jpéoétrés de Piniportaoce des fotietioDS 
digestives, ils yeidàient étf e libres de 
soucis, dégagés dki^ids des affaires, 
et tout entiers au plaisir de l<i taUe. 

Ces différens repés avaient leurs 
mets distincts, leurs itisrrtYnieii$ pat^ 
ticuUers, leilr appareil ctHivetiabiei • 

C'est » air dîrier' et àvi »6i/pér que se , 
déployaient isetûté la pbôipè des bau-' 
quets et tout le génie de la cuisiûé. 

Ob a découvert à, Herculanum des 
cuisines avec tisapotâgers et des four- 
nt^ai^x en brique à peu près Semblables 
âu^/nptres. On y voit une granâ&cb6- 
minée. pour. lies. potages^ nne^ àutré^ 
poi^r, les rôtîs, un fenr^ des tables 
épj^i^s et .soUdesy ink bittot , une; 
pofl»pe, nne enceinte vaste et voûfée_,' 
afiii de prévenir lés ravagés du feu. 
Gf^te distribètiM n*a rien laissé à 
psrfectionder ^or le facile tacereice' 
de .r«jrt gaatrôoonûquel 



14 JOURNAL DES GOURMAIÏDS 

peut*étre cette' marmite qui a donné 
Vidée première di^Panthéon français. 
Beaucoup d'aut^pL inventions don 
moins glorieuses et plus uûies sont 
sorties de la même source. 

Quoi qu'il en soit, le plan de cette 
marmite se trouve dans les Recherches 
de M. Fougeroux de Bondaroy, pu- 
bliées en lyyo. Nous indiquons cet 
o^ivrage aux artistes qui voudraient 
perfectionner la marmite,* et nous leur 
recommandous d^y porter une atten- 
tion yîfcomfe ; ils y trouveront de nom- 
breux sujets de méditation sur les mo- 
lïumensde toute sorte manifestés par 
les fouilles dé ces villes ensevelies , où 
la gourmandise industrieuse d^ plus 
grand peuple dé la teire a dépofé des 
reliques dignes de noos sei*vir de mo* 
dèles. - • 

Gasterhash. 






%*l 



|ET DES BELLES. .l5 






f Jr LUS novLS avançons dam l'été-, 9 ditnotrç 
gran^ expert ,. M* G* D< L. K» y.da'pi U premiëre 
aimée de son Almanach des Gourmands, (i) 
• et^ ]plua BOUS paroonrôos une iai«oa ingrat* 
c pour la JÉoime chère; car l'iiommey vën'ta* 
« blement digne' dit titre de Grôitnnknd f n» 
«Regarde guère les légumes et les iVuâtsqua 
« ccwanto <des noy«as de se récurer leS' dents et 
€ de se rafraîchir la bouche 9 et aon comme 
« des produotiotts oa|»afalesâ'alémeliteTaDStri'* 
c dent appétit r aussi prend^L moins d'intérêt 
« à la végétation des.potagerS'Vt dos jrtrgerS) 
« qui «ommenceut à-se cduyriçde trésovs ^ qu'à 
c la cmissance rapide des lapereaux, (a) per-* 



^»)C*t«aTfag»,-(|ni, comme on le sait , est indépendutt 
de ce Jotimal , se troure tonjoùrs ches M. Mar&dan j me 
des Grands- Au gnstîms , et an feurean de £« Iftumaf. Il'forafe 
dépà & toi. qui «e vendent chacim i fir* ,te, c«nt. pour Pitruy 
•t a fr. 5o cent. , franco de port. 

(a) TejM le Cahier d^aoùt 1806 , page »i4. 






l6 JOURNAI. DES GOURMANDS 

« dreauK, (i) levrauts, et autre succulent gî- 
« bier. Il voit avec plui àa plaisir encore !• 
« veau de Pontoise (2) acquérir dans ce moîf 
tf les bonnes qualités qu'il doit aux principes 
« que le lait de sa mëre retire de nos prairies ver- 
« doyantes. II se réjouit de l'arrivée des cailles 
« et cailleteaux de' vigne , oiseaux dp passage 
« qui nous sont amenés par les vents cbauds 
e de la fin du printems y et qu'on ne retrouva 
ff plus dès le commencement d'octobre. » 

' C'est en juillet que le dindonneau commence 
à varier un peu nos rôtis ^ >c'est «ussi à cette 
époque que • le - caneton de Rouen se montre 
-sur nos tables 'sous tant de formes difierentlk; 
car, outre quMl se sert comme rât, on en fait 
iles «ntiees de plusieurs manières : il se sert 
poêl^ I à:la bigarade, ou au citron ; à la fiurëo 
de pois ou de lenUUes, aux olives, aux petits 
oignons , <auxv navets..... Nous allons donner 
cette i recette^ que beaucoup ^e gens con- 
naissent , mais que très-peu terminent sdon 
les règles de l'art. 

^t) Voyes 1|» GaM^r d'octobre 1806 , page ao* 
(a) Yoyea 1« mAmè'Csliier, pa^e'^ftSt 



1 



' XT DES BELLES. I7 

Canard' aux navets* 

Pfenez un beau canard ou deux canetons | 
^plnciiez-les avec soin, videz-les y etflambez- 
'les légèrement; bridez-les ensuite en tenant 
ies pattes en^dehors; après cela fkites un* roux 
^ans nne'cisssé^role; lorsqu'il sera presque fini 
-placez^y vos canetons on canard pour les faire 
revenir jusqu'à ce que les chairs soient bien 
Taffermîes ; mouillez aussitôt avec de bon bouil- 
lon y et remuez toujours jusqu'à ce que votre 
•ragoût bouille bien: assaisonnez de sel, d'un 
•peo de sucre, un bouquet* de persil, ciboules-, 
'€t faites cuire à un feu un peu vif. Quand le 
canard ou les canetons seront aux trois quarts 
cuits vous y mettrez les navets, que vous aures 
^en^sojn de tourner de la même grosseur, et fait 
sauter provisbirement-dans du beurre pour leur 
faire prendre une belle couleur ; faites ensuite 
aller votre ragoût à petit, feu ^ dëgraissez-la 
soigneusement en le finissant , voyez s'il est 
d'un bon sel , ayez soin que votre sauce soit liée, 
et surtout qu'elle ne soit pas trop longue; dé- 
bridez votre canard ou vos. canetons, dressez-les 
sur le plat dans lequel vous devez les servir, 
placez vospavets par- dessus ^ et servez promp- 
Tcment. . 



l8 JOUR N AI. OXS^ GOURMANDS 

Ce grand dignitaire de lamer^qui abiandomio 
assez fré(|ueiBine]it le lieu de sa naissance pouf 
remonter les fleuves , est presqiie en tout tenM 
«saez commun en France. Il en vient de la 
Hollande y de l'Allemagne , etc.; maiy ceux 
que fournissent la Loire et la Seia^sput ceux 
que l-on préfère hf Paris* Le saumon ne parait 
en son entier que fort rarement 9 ^t sur les pre- 
mières tables : on l'apprête de diffi^rentes mar 
Bières ; au <;ourt-boniUon (ou le «ertiroid et on 
le mange à l'huile) ^ pane et cuit au four^ etc.^ 
0|i moreeaux ; on, en. fait gdUer des trandiBa 
que l'on sfsrt avec une save» aux câpres; on 
en fait des pâtés cbands^ d^s èsciUj^pea aux 
fruffesy.ete*; il «'aj^ète pour entrée à lage^ 
nëvoise^ dont la recette suit : 

Saumon à h Genéi>oise. 

Ayez une belle dalle de saumon d'environ 
deux ou trois livres , mettez-la dans une casse- 
role apT^s que vous l'aurez nettoyée et écaillée 
bien soigneusement ; mouillez avec du vin 
rouge ; mettez deux carottes ^ trdis aignons 



IT DSS 9SLLES. 19 

eaa'péi en Iranclies , denx clous de girofle , 
meieiiiUe de laariei) dil sel, du.pohxe, da 
persil en branches et quelqaes ciboules en- 
tières; faites t^i^ fotrç laut^e^ 9ep,d|int une 
bcore et demie à petit feu. Dix minutes avant 
de le servir passez votre ceurt-oouillon au ta- 
nisy mettez-le dans une cbsserole avec un bon 
morceau de beurre manie , placez le tout sur le 
feoV e1^ i|iipiies-le fortonent jpiqq'à qe .qii'il 
bcmiUe ; laissez-le réduire au point qu'il ne 
reste juste quere qn'il faut pour saucer leinor- 
cean de sanmon; (en faisant réduira votre savfce 
ayez sein, de IVcttmer et de U dégraisser) 
égouttez votre poisson y matteis-Ie sur le plat^ 
et masqnez-le db yotre sauce, que vous > aurez 
passée à l'étamine et finie avec deux.petil4 pains 
de. beurre de Vambre* 

G. et B. 



ao JOURNAL DES GOURMÀHOS 



Il . L . ■■ ■■ l-L. 



HORS-D'ŒUVRES. 



REFLEXION D'UN BUVEUR. 

Li dieu qui répand la lunribre 

Va terminer sa course daos les eanx , 

Et quitte le métiD l'humide sein des flots 

Pour Tecommencer-.sa carriite; 

Mais malgré l'ordre ^u destin - 

Qui lui fait éclairer le monde , 

S'il couchait dans le vin comme.il oonche da.n8 

l'onde 
Il ne sortirait pas de son lit si matin. 

• 

QUIPROQUO 60U*KMAND. 

Un homme dinait chez un restaura* 
teur où la maîtresse faisait l'agréable: 
Madame, lui dit-il, faites-moi donner 
des pommes cuites. -—Monsieur, avec 
bien du plaisir. •— H/é non , madame , 
avec du sucre. 



^r 



XT DESQUELLES. ,81 

FiTRARQUB craigoait tellement à 
s'assujétir à quoi que ce fut, qu'il ne 
VQuIait. pps, même s'engager pçur un 
diner. Tirai peut-être était tout ce 
qii'ii osait dire à ceux qui venaient 
l'inviter. 

PRÉCEPTE. 

Lés valets ne ^oiyeot. jamais en- 
lever un service qu'ils n'en aient feçu 
l'ordre du maître de, la . mai spn ; et le 
maître ne doit jamais ^hiiêr t;et ordre 
sans être certain qae les convives ont 
renoncé sur tous les plats. 

OBSERVATION. 

» « 

Tou.TBs les fois que l'Qn.VQtis in- 
vite en général, et sans fixer de jour^ 
c^est que Ton veut vous faire, une* po- 
litesse insignifiante^ et /l'on se «trou* 
verait dupe d'être pris/au mot : les 
seules invitations acceptables se fo^t 
à jour nommé, et même, par' écrit, 
paipce qu^.daps tous les ca$ le billet 
fait titre. ^ . 

G. D. L. R. 



^^ JOURNAL DES GOUHJffANDS 

■ ■■■*■ I 11 ■ ^ ■ ■ ■ I ■ I ■ I l Aa^^^^ 

, SECOND SERVICE. 

HYGIÈNE DE LA TABLE. 



TOPOGRAPHIE BACHIQUE. 

t 

:Du Vin de Bourgogne» 



• ^ • • . Salve fa<i« mihi débita tello» 
To« que. . ^ Burgj/ndi talrete pénates* 

ViBo. I JBEneidm vu» 



Je te salue, 6 terre hospitalière qm^ 
«ous^ Pinfliience d*UTi soleil toujours ra- 
aïeux , nâfâris sur tetf coteaiyc pierreux 
le nectar bourguignon. On vante le 
mont Idft qui fit élever Penfance de 
Jupiter; et là reconnaissance du père 
des dieux plaça parmi les constelte- 
tîons la corne de la chèvre qui lui 
donna son lâif; les poètes ont îmmor^ 
talisé le miel du liiont.Hymète, les 



*!«■ 



• _ 

£T BES BELLES» 2S 

colombes de Vénus , rbuîle de Vënafre, 
les huîtres du lac Lucrin , et même les 
vins de Falerne; mais, j'en demande 
pardon à la docte Mythologie , la Côte- 
d'Qr vaut mieux que le mont Ida , et J9 
préfère le bourre d'Isignjr, les cbapons 
du Mans, les ragoûts de Balaine, le 
miel du Gatiuais, Tbiâle d'Âix, les 
pâtés de Le Rat , les buttres de Càn« 
calle, et surtout le vin de Bourgogne^ 
au lait de la chèvre Amalthée, au . 
sanglier d'Ëryitiautbe , aux oies du 
Capitole, à L'huile antique d'Homère , 
et même au cécube d'Horace. Cepen- 
dant peut^on croire que les Romains y 
si 'reci:^rchés dans ieur& goûts ^ eussent 
tant vanté les vins d'Italie 9 st^ eu 
effet , leur qualité n'eût pas justifié 
cet éloge? Ces terroirs ont- ils changé? 
le goût s'est-îl perfectionné? ces ques- 
tiotis né seraient pas étrangère^ au 
sujet qui nous occupe, mais leur exà« 
ineii pourrait nous conduire à des di* 
gressions qui nous feraieut perdre de ^ 
vue Vobjet prificipal; et y plus sages y 
nous allons, oomme Panurge, revenir 
à nos vins de Frauce y et parnû eux à 



Z4 JOmfll^AL DBS GOUanf AHD8 

celui dont ncmsjdevons surtout discuter 
les qualités. Comniéon ne peut mettre 
trop d'ordre dans uné^matière aussi 
grave, jaloux de rendre à ckacun une 
justice sévèrement distributi^, nous 
distinguerons les différens vins de 
Bourgogne d'après les divers terNuirs 
qui les produisent. 

A leur tête , et en première ligne , 
sont les vins de la Romande, la Tâche 
§t Richebourg, Presque égaux en ar- 
deur, en générosité, ces trois frères 
ont cependant un différent caractère: 

• • • . . «r Faciès non omnibus una, 
« IVec diversa tamem • • . • » 

La Romande, illustre par la prédi- 
lection d*un grand prince , est remar- 
quable par l'éclat de sa robe , son 
arôme spiritueux, la délicatesse de 
son parfum } Ja Tâché , plus sévère , 
plus ferme , plaira , surtout aux palais 
exercés , par sa s^eur à la fois moel- 
leuse et piquante ; Richebourg' se dis- 
tingue p^r ta' douce cbMeur qu'il porte 
dans l'estomac, et par 1^ goût agréable 
qui survit Vsoa passagà» Le canton 



26 JOVRKAi; DB$ GOURMANDS 

u^Bhrtîe de ce clos avec celui de la 
vi^R qui borde la route. Or, le vin 
qui provenait de ce caisin soigneuse- 
ment vendangé à part , et cuvé avec 
les précautions les plus recherchées , 
donnait en effet un vin d'un mérite 
égal à tous. ceux que nous venons fie 
citer; mais la tourmente révolution- 
naire, qui a engouffré tant de répu- 
tations, n'a pas épargné celle du Ctos- 
Vougeot, et il faut avouer* que celte 
défaveur est justifiée par rinsouciahcé 
avec laquelle les propriétaires actuels 
ont permis le remplacement du plant 
ancien par d'ignobles ceps immodéré- 
ment fumés, d'un produit bien plus con- 
sidérable , mais d'une qualité bien infé- 
rieure, altérée encore par le mélange 
des cuvées de toute la récolte; aussi 
doivent-ils s'apercevoir à présent à ta 
différence des ptix dé leurs ventes de 
délie que Ton met dàn^ la valeur dé èes 
vins avec oevti que recueillaient leurs 
religieux devanciers. EHe est telle, que 
maiutienant on leur préfère les pre- 
mières cuvées 'd\J Vbsne et de Nuits, 
dont les ce tes voî^in^s du ClosVougeo( 



■•^^^^•1 



3T i>E$ IIBLL^SS. ^7 

ont gagiié dans Fesiioae publique toute 
la considération qu'il a perdue. Le 
mérite du Vosae surtout consiste dans 
5a fermeté , qui permet noa*seuIement 
son transport à dès distances consi- 
dérables par terre, mais même sa 
navigation dans le Nouveau«Monde» 
C^est après les vins de Bordeaux et 
de Portugal celui que prisent le plus 
les Anglais , et on en &ert de très-bon 
cl^ez les habitans de ja NouyeIle-Ai>- 
gleterre, ainsi que qbez les riche^ Co- 
lons de Plsle- de -France^ où il serait 
i>0)po5sible de transporter impunénpent 
les vins d^ la Romanée on de Gbam» 
bertin* . • ^ 

IX est un vin plus délicat epcore ^ 
et qui, ^11 ne supporte pas les voy^ges^* 
doit peut-être à cette qualité de n^tire 
pas compté au premier rang* Après 
iout^ pardonnons -lui iJln défaut qui^ 
en bornant à la France seule son usage, 
ajoute encore aux c&armes de ce climat 
encbanté, et nous permet de garder 
pour nous seuls ce nectar, sans erre 
impolis, sauf à en faire les bpnpeurs 
aux étrangers qui recooinissént qu'il 



.« 



sd JOURNAL DES GOlTRMAKDf 

V^iit bien les hoQneuris du voyage. Ce 
vin, très-léger,d'iin parfum frqih- 
bbisé, est jugé triès-saîn parla Salubre 
faculré , fct ces messieurs doivent en 
'éfre crus quand ils le boivent, puis- 
qg'én fait de drogues on les croit bien 
sans qu'ils y goûtent. La topographie 
(si l'opinion ont placé àc côté de volnajr 
le joli vin de Pômar, qui n'en diflSre 
que par plu3 d'intensité dans la cou- 
leur , plus de ' fermelé dans le goût , 
enfin parce que .les gourmets sont 
convenus de n6mmèr plus de càrps. 
II. est encore dans ce premier ordre 
un vin jouissant et digne d'une très- 
grande célébrité ; e'est le vin de Beaune. 
On, accuse les habitais de cette heu- 
reuse .contrée d'une bonhomie dont 
plus d'un de leniris compatriotes', et 
Pirônsiirtoutj sufHraient pour lek )ûs^- 
Cifîer; mais une remarque physiplo- 

Îjique'et constante , c'est qu'en général 
es pays vignobles produisent des ha.^ 
litans doués d'une franchise qn'on 
^urrait prendre pôiir dé la simpijéité, 
s'il n'était pas, vrai de dire que le 
comblé de la fiiiesse est de n'en point 



■ M-« m ^« 



idiki 



IT DBS BEJDLES» ' ^^ 

avoir , et quMl faudrait être bonnête 
homme par calcul si on ne l'était pdï 
sentiment. La^cpte de Beaune est tr^ 
étendue ; elle se divise' en plusieurs 
classes : il est peu de vins quL vaillent 
mieux que la première, sous le rapport 
du goiït et sous celui de la santé; mais 
on abuse de la fortune de ce nom pour 
le donner aux vins le moins faits pour 
le porter, et surtout. à ceux du Ghâ* 
lonais, dont les dernières qualités ne 
valent assurément pas Iqs premières.dfli 
Mâcpnais, ni même du Baujolais, tels 
que les Thorins, le Moulin -à -Vent ^ 
les Fleury , les Chesies , etc. Ainsi ^ 
l'on doit po|ercomm» principe incon- 
testable, mais nécessaire à fixer, que 
si la fleur du crû dé' Beaune peut 1q 
disputer aux meilleurs vins, ses dec^ 
nières cuvées ne valent pas le vin de 
choix de la Basse-Bourgogné. A côté 
de ces vins on peut encore citer avec 
honneur ceux de Chassaigné , Ericey- 
Haut, Mercurey, Moracher, etc.; ce 
sera, avec les vins de la Bourgpgne ^n? 
férieure . le sujet ie YatticU prochain. 



.1 



M. S. U. 

« 



fSo JOO&HWtL »1S «OURHAJCDS 



ÇOUJIS GASTRONOMIQUE. 



• « 



SEPTIÈME DINER. 

HÀNAIIT-TXLLB, h Durfott. 

r~ 

Ji.zLOfiBy capitaine y les hostilitës sont com- 
mencées : ces messiean sont prévenus ; je leur 
jii lu ta lettre y et ils te combattront en ennemis 
géaéreux* 

En ennemis! dis en riTauz. Une joi|te, une 
lutte j un tournois ne sont pas des combats. Je 
vous crois, messieurs, fort instruits; mais^ en 
conscience, pouvez- vous attacher ia moindre 
importance aux balivernes qui occupant tontes 
^os^rëunions. 

1 A I K T-e H A B £ B s. 

Que dites-vous , mon ami ! des recfaerclie» 
fltjsiqaes, historiques, chimiques, |>qlitiqucay 



\ 



SX DIRS ^SL^S&V 3« 

jnoralesy des origines**, to^s appelez cela def 
haiivernek! 

DUEVOJIT» 

Sâni doute. Quel mëritOy et sartout qaelU 
utilité y a-t-il à nous apprendre que la capu- 
cine est originaire dul*ërou, le poireau d'Ar- 
cadie ^ et la vanille du Mexique ; que let Mëdea 
tmX. trouvé les citrons ^n Assyrie , et que les 
Phocéens ont apporté l'oUve en Provence; que 
les oranges jaunes envoyéeS~ en' Afrique par les 
Chinois ont été changées en oranges rouges par 
leshabitans de Carthàige, qui ^ftrentun oran- 
ger sur un grenadier; d'ailleurs où est là preuve 
de tous ces faits cmriéux? 

XE^aOFXSSXVR* 

Des historiens irrécusables. Aristote, Héro- 
dote. Pline... . 

Duaï'OR'r. 

Vos historiens vous trçpppent souvept, à e^ 
qu'il paraît ; car moi , qui ne m^ P?<li^ P** 
d'être fort érudit, j'ai trouvé deux ou trois 
fausses citations dans le compte que Saint- 
Charles m'a rendu de vos précédentes séances* 
VonsavezpaarlédetraiteorsdutemsdeLouisXIIy 
•ViU oefurcnt établi! qu'ei^.iSyp par HeariiV, 
gai leur permit de former une con^Dunauft^ 



'^1, , 



3iB JOURN A t DfiS GOURBI AVDS ^ 

arec le titre de maître tjueux cuisiniers poH'é' 
. chapes, Voui avez dit que les premières ser- 
viettes ont été faites à Reims sou» Charles VII) 
et je trouve dans plusieprs auteurs laljns -que 
la serviette y appelée mappa, était chez eux 
fort en U9age. Du tems d'Auguste ^ et long- 
ten^saptësy chaque convive apportait la sienne 
comme il apporte son mouchoir* Catulle se 
plaint d'un certain Asinius qui lui» avait em- 
porté I^ sienne. Martial accuse du même fait 
un parasite nommé ,Hermogêne« « Personnel 
« dit-il, n'avait apporté de serviettes ^ parce 
fr qu'on craignait les ongles crochus d'Hermo- 
«r gêne, qui ne s'en alla pas pour cela les mains 
ff v^ides j il trouva moyeu d'escamoter la nappe. » 

Aai^TOPHILE. 

, Pardon, M. le capitaine; vos réfutations ne 
sont pas admissibles. Si Henri IV permit aux 
traiteurs de former une communauté , c'est 
qu'il lies trouva établis. Quant aux serviettes ^ 
elles étaient sans doute connues des Romains , 
mais les Français ne les adoptèrent qu'à l'époque 
indiquée par ]\L le professeur. 

LS PKOVÊSSSTTS. 

t 

' H. le capitaine blâmé nos discussions snriét 
i^aisîrs de la iable^ et prétend qu'on né doit 



ET DSS Bf LtES. * 33 

pas y mettre d'împoTtaDce; mais aurait-il ou- 
blié que les plus grandes charges de la coùrotme 
avaient pour objet les jrepas. Le grand echan~ 
son, le grand bouteillet, (x) le grand pann^" 
lier (2) ont tou jouM été des officiers distinguas* 
Le modeste Saint-Louis avait chargé un sei- 
gneur du soin de ses volailles , sous le titre de 
poulailler du roi. Si la table , monsieur^ fut 
toujours un objet de plaisir, elle fut quelquefois 
un tribunal. Dans les tems de la chevalerie , 
quaqd un prince, instruit de quelque acte de 
déloyauté de la part d'un chevalier^ voulait le 
punir publiquement j .il -l'invitait à dîner y et au 
milieu du repas un hérault d'armes venait co«- 
per 2a nappe devant le coupable , e|i le décla.- 
jant hautement félon , et en articulant ses torts. 
Le ^chevalier ne pouvajt reparaître à la cour 
qu'après avoir réparé son hohneur j^ar qi^elque 
haut fait d'armes. (S) , 



(1) II atftft autrefois la police dea cabaretien. 

■ * ■ ' . > 

(9) Le pannetier perceTait le droit de fouri bananx établi* 

' par les ««igneurs dane leuita ' tarrek.' Il fallait quMlr fumèfit 

propriétaires de la principale ;rue du bonrg ou village detetr 

seigneurie pour obliger leurs vassaux de venir cuire à leur 

four en payant un droit. Saint-Louis abollit cet inip'dt tyran- 

m<|ue. 

(3) Dugnesolin lit revivre cette centaine. ( Kt^ét TKU* 
toiredeCkarlesYI.) 



N 



34 JOURNAL DS$ GOURMANDS .. 

V * m 

£spërez-yout protiTer la dignité de la goar- 
nandise en l'étayant des sottises de la féoda- 
lité. 

LS r&OVBSSXVR. 

' - Sî la gastronomie n'était point honorable, 
]^arqnoi les historiens se lont-ils montrés si 

' soigneux de nous en présenter les prbgrës? Ou- 
irrez la Bible , monsieur, et vous verrez Abra* 
ham mettre à la broche un veau tout entier 
pour recevoir trois conviyet , et employer trois 
mesures de farine y e'est à dire cinquante-six 
iiÎTres pesant, pour faire leur pain. Les anges 
cependant , n'étant pas matériels , doivent moins 
manger que les hommes. Dans le même livra 
Hebecea apprête pour Isà^ seul deuxche- 
^neaux. piéfétez-vons consulter Homère? vous 
y trouverez Eumée faisant TÔtir un grand poit 
de cinq ans pour traiter Ulysse et quatre offi- 
ciers de sa suite. Dans llUade les héros font 
eux-mêmes la cuisine; Achille, aidé de Pa- 
trocloy prépare le festin qu'il donne dans sa 
tente aux dépntés dés Grecs qui viennent l'in- 
viter à se réconcilier avec Agaminnnon. 

Sans vous rappeler An tiochus Epiphane, 
fiéliogabale , VitelTius , dont la gourmandise 



«riOMiMiiflkflk 



ET ors BELLES. 35 

fut si étonnante, jç ^ous citerai les trois Api- 
cius, illustre's seulement par leur table sçmp* 
tueuse, toujours couverte àes oiseaux du Phase 
et de langues de paons ou de jussignols. Plino 
appelait le second Apicius nepolum altissimus 
gurges. Tibëre proposait des prix à ceux de ses 
sujets qui se distingueraient par des exploits' de 
table ou des excës bachiques^ Sayeï-vons quel 
était l'ordinaire de'l^Bmpereur Maximib, suc-' 
cesseur d'Alexandre -Sévère, quand il dînait 
seul ? quarante livres de viande et freifte-six 
mesures de tin. Voilà cependant le^' faits que' 
l^istoire nous a conservés oonukie digties de' 
notre admiration, * 

OVAFO-ftT* 

Dites plutôt dignes de notre mépris. Je>oi# 
partout dansThi^toire l'éloge de- la tempérance/ 
Horace flétrit la gourmandise du nom îngrata 
ingluvies. Le philosophé Gallimàqué dit: «Toul 
a ce qiie j'ai donné «à mon ventre a disparu |' 
a mais j'ai conservé toute la pâture que j'ai* 
ff donnée à n^on eéptit. » Voua me cites Ho-r 
rnbre^ sans cloute ses guerriers, plus forts, plutf 
grands que nous, devaient manger davantage; 
cependant ce poète jie couvre que de bœuf la 
table de ses héros, ejt n'excepte de cette règle 
ai le terni dct noces ^ ni les festine d'Alcû^ietUif 



36 JOURNAL DES GOUEUANDS 

ni la vieillesse de Nestor^ ni même les orgies 
dtes amans de Pénélope. 

S'il est permis de manger d'une manfëre ex- 
traordinaire • c'est sans doute aux gladiateurs, 
aux athlètes ; cependant vous savez qu'ils s'ab- 
•tenajent des plaisirs de la table comme de ceux 
de l'amour, (i) et qu'ils ne se nourrissaient qu» ' 
de figues sèches , de noix 9 de fromage mou et 
d« pain d'orge* Pourquoi les Chaldéens, si ré- 
vérés^ parvenaient-ils à une longue vieillesse? 
l'fiistoire nous le dit ; c'est qu'ils vivaient de 
^ain grossier et d'eau de fontaine. A vos Ro* 
qiains goulus fopposerai les Spartiates; je vous 
. montrerai le noble Agésilas faisant distribuer 
aux Ilotes des friandises de grand prix que les 
Thasiens lui offraient en présent , et prouver 
par-là qu'au milieu des grandeurs il ayait su 
conserver la simplicité lacédémonienne. Certes , 
TOUS ne contesterez pas que le grand Alexandre 
aimât le luxe et la volupté; cependaqt lors- 
qu'Adda,' neine ^e Candie y qu'il avait protégjee 
contre Qrondonb^e y seigneur persan , voulut, 
lui témoigner sa reoo^naiisaqce en lui offrant 
toutes sortes de mets exquis et les p}i|8 s^vana 
fuisiniers de l'Asie , que fit ce prince magna- 

{^ Abitinmt à. Fstttre et Sàevho , jdit Umtac* ea pcdiAt 



^^Bm^M^ta 



ET DES BELLES. 37 

nime ? il les renvoya , et répondit : Mon goU" 
verneur m* a dormd les deux meilleurs cuzVi- 
niers du mondé, Vexercice et la sohriétim 
Vousm'opposez quelques empereursgourmandB; 
mais quelle fut , dites-moi , la vie de ces mons- 
tres de débauciie?' TtHre , Iféron , Vitelliufl 
étaient des assassins dignes de la roue. Yotra 
Antîochus, que ses flatteurs appelèrent épi" 
phanes, (i) et qui mëriti^it mieux celui à^épi» 
mahes, (2) n'avait po^ ministres* que des pros- 
titues , se roulait dans les cabarets avec le» 
artisans, massacra inhumainement' les juilîi 
parce qu'ils, étaient riches, pilla le temple do 
Jérusalem pour convertir les vases sacrés ea 
casseroles et en chaudrons. Votre Héliogabale, 
^ue les auteurs ont surnommé le Sardanapalc 
romain y ne ccéa-t-il pas un sénat dewonr tisanes 
qui faisaiept des lois sur les modes! Ses cour'- 
tisans étaient des cochers et des comédiens. II 
fit des sacrifices humains à la lune ^ avant dix- 
sept ans il s'était déjà marié cinq fois; il dé- 
clara pal un décret qu'il était femme, et épousa 
nn de ses officiers ; il faisait souper à sa tabla 
des gensi de.la lie du peuple, et pour s'égayer 
au dessert il les faisait dévorer devant lui par 



(1) Ce mot veut* dire iltustrê* 

Tome m. 



— ■ 



38 JOURNAL DES GOURMANDS 

des bêtes fëroces. Morbleu ! si ce sont là les 1 

illustres soutiens de la GastroDomie , il ne sied 1 

pas à des hommes d'esprit et de raison comme I 

TOUS d'en être les apôtres. | 

■ A H ▲ N T-¥ I X l >• 

Sai«-tu y mon cher capitaine , qu^ si ta ne 
mettais pas dans t/BS caliliqaireji de la politesse 
et de l'érudition^ on pourrait te prendre pour 
certain censeur qui nous prêche quelquefois la 
décence en style de halles et de faubourgs. 

ARISTOPHILS* 

. Noot neprétendons pas justifier lee princes 
que vous accusez ; mais Alexandre, qui fit la 
petite bouche avec la reine Adda^ s'en dëdbm- 
Biagea bietf à Persépolis , à Babylone y et set 
ieopers sont aussi célèbreâ que ses victoires» Il 
n'est pas un roi qui ne porte sur aon front le 
signe de la dignité gourmande : ce diadème 
révéré-, devant qui les peuples fléchissent le 
genou, ne fu* dans l'origine que la bandelette 
des festins ; les «.^onvives se serraient la tête 
popr prévenir l'effiet des vapeurs du doux jus da 
IgL treille. 

SAINT-GBABLES. 

Et les rois la portent mu» doute pour faira 



'mt^Ê^^m I T"*"-^* -^ -.^-^..-^ 



— ' 



BT DES BSLLBS. Zq 

croire qu'ils savent se garantir des vapeurs du 
pouvoir. 

OXIG^NIVS. 

Eh , M. le capitaine ! commeiit blâmer un 
plaisir qui est dans Ja nature? Vous avez quel- 
quefois applaudi le Vieillard' de Téus quand il 
chante : 

Bh ! -p<mrqa«i no telrAi«>)« pM , ^ 

TttBdit i|n« toat boit dm* lA snond«. 



Ce qa*Anacrëon disait si bien de la soif n0 
peut-on le dire dé l'appétit en général ? Tout 
mange et est wangé: les arbres tivent sur les 
débris de leur propre rëgae et sur les dépouilles 
des animaux , les plantes parasites même dé- 
vorent les autres végétaux , les pholladcs ron- 
gent les pierres y les fruits disparaissent sous la 
dent des rongeurs, les herbes passent dans l'es- 
tomac des ruminans', les lions, les tigres dé- 
vorent la chair palpitante des timides gazelles, 
les oiseaux de proie mangent les petits grani- 
vores, l'hirondelle avale l'araiguée qui vient 
de sucer une mouche, les zoophiles s'entre- 
dévoTent,les serpens mangent les insectes, des 
vers'vivest dans le sein des animaux, les carpes 
font le dîner des brochets , l'homme mange de 
tont^ et vona-mèmey capitaine y vous B'avea 



4<> ' JOITRKAL D8S GOURMANDS 

pas perdu un conp de dent depuis que nous dis* 

MrtODS* 

MANlffT-VVXLE. 

f 

Oh! cela est vrai. 

DU&f O&T. 

C'est qu'il faut vivre et bien vivre. Mais , 
messieurs, est modus in rébus; et si je trou- 
vais un Jiomma qui ne maugeftt pas du tout j je 
l'admirerais bien plus que vos gloutons y vos 
poljphages. 

X.!. P&OVESSSVB.» 

A cela ne tienne, monsieur j je puis satisfaire 
k cet (^gaid votre admiration. Un religieux de 
la congrégation de Saint*Maur, nommé Le^uté, 
homme pénétré de l'amour divin, a passé pln- 
■ieurs carêmes sans boire ni manger. Il a été 
prouvé que Marie Pelet de Laval , à trois lieues 
de Mons , a vécu trois ans (i) sans prendre au*> 
cune nourriture solide ou liquide; qu'Anne 
Harley-Dorival , près Rouen , vécnt vingt-six 
ans en buvant seulement un peu de lait qu'elle 
vomissait quelques momens après. 

(i) Depub le 6 décembre 1754 jusqu'au s5 itiin 17&7. 



ET DlES BÈLIBS. ' 4l 

AAISTOPHIL8. 

Mendoza rapporte qu'il a va une poule qui 
a Técu quatre-TiDgt-d& jours tans outrir le bec. 

o V X F G A T. 

Bon! 'VOUS me citez des jnaladiet; cela sort 
de l'ordre naturel : l'abstiaence que j'admire 
c'est celle de. l'armée d'An tome que Plutarque 
noué peint en Assyrie ^vant très-long-tems do 
racines ; c'est celle de» Grecs qui y à leur re*» 
tour de l'expédition de Cyrus | se nourrirent 
plusieurs jours avec le seul miel«|de la Col* 
cliide. (i) 

La 9 ao VE88XU &• 

Le beau mérhe ! ils n'avaient pas d'autre ali- 
ment ; encore il en coûta cher aux soldats d'An-» 
toine, dont beaucoup furent empoisonnes ou 
enivrés par des plantes qu'ils ne connaissaient 
pas. 

V A N A R T-y Z L I K. 

Allons f je vois que vous vous rapprochez , 
et qu'en cédant' un peu chacun de votre exa- 
gération TOUS finirez par être d'accord. 



mmm 



il) Dloinni^ 819^9* 



4» JOORlff^L OIS OOUftMAKDS 

V 



ENTREMETS. 



Aux Rédacteitrs, 

» - 

MBfSISUBS, 

Les éloges donnés sans ménagement 
en cuisine comme en littérature fi- 
nissent presque toujours par nuire à 
la réputation des personnes qui en sont 
l'objet, soit p^rce qu'en les élevant 
au-dessus de leur propre mérite on 
les rend plus petits aûx yeux de biea 
du monde, soit parce qu'accoutumées 
à ces mêmes éloges elles ne se mettent 
phis en peine de les mériter. 

Dans votre Cahier de msoB z8oS . 






"»^ 



£T DBS BJBLLXS. . ^ 4$ 

VOUS ayez loué , d'une ô^anière peut- 
être juste, les talens de madame Gui- 
cbard pour lés matelot tes, la bonne 
tenue de sa maison, et son amabilité 
envers tes persooues qui , fuyant Paris 
(M)urla Râpée, allaient passer une par- 
tie de la journée chez cette dame. 

Je n'étais poiat à Paris^à cette 
époque , messieurs , et mes affaires 
m'y ayant appelé, ainsi que plusieurs 
de mes coiiapatriofes, nous résolûmes, 
îl y a quelques jours , d'aller dîner 
au Jardin anglais che? madame veuve 
Guichard. 

Ah , messieurs ! combien vous vous . 
êtes trompés en croyant que madame 
Guichard était aussi afiable , aussi 
désintéressée et aussi soigneuse envers 
le public qu'envers vous , ou combien 
sa maison est dégénérée depuis les 
éloges que vous lui avez prodigués l 

Il est difficile , selon moi , de ren- 
contrer une maîtresse de maison moins 
prévenante, des garçons plus insolens, 
•t un service plus mal ordoxmé. ^uanl 



i .._. 



- 



44 JOURNAL DBS 60URMAKDS 

à l'article argent, qui mëritè biea 
quçlque considération, nne noce de 
quarante couverts n'aurait pas plus 
coûté, je pense,' que le diner qu'on 
nous a servi pour quinze personnes , 
et dont seraient venues à bout dix de 
bon. appétit. 

Noils avonsrcherché à découvrir les 
motifs qui avaieut pu détern^iner ma- 
dame Guicbard à noiis faire coutribtier 
Ae la sorte, et nous avons appris que 
«a maison n'étant pas aussi achalandée 
qu'on le croit, on avait été obligé 
d'allumer les fourneaux exprès pour 
nous, de se procurer cbiz les voisins 
ce qui nous était nécessaire , de pré- ' 
parer enfin pour notre société un diner 
que dafns toute maison connue on â 
l'habitude de trouver, si non tout 
prêt , au moins en grande partie. 

Ce qui annonce d'une manière évi- 
dente la, désertion qu'éprouve cette 
maison , nous a dit une personne, du 
quartier chez laquelle nous sommés 
allés passer te reste de la soirée , c'est 
que depuis quelques mois les gens 



. V 



B1^ DBS BELLES. 4$ 

de madame Guichard, et quelquefois 
madame Guichard elle - même , ont 
contracté l'habitude d^àppeler les pas* 
sans , de les prendre par le bras ^ 
et de les entraîner chez elle en leur 
assurant que ce n'est quau Jardin an- 
glais que ton trouve les Monnes mate' 
lottes, que ce n'est que là que l'on est 
bien traite, et due toutes les autres 
maisons du voisinage ne sont que des 
guinguettes , bonnes tout au plus, à re» 
ce voir le bas peuple. On pousse même 
le mensonge si loin, que l'on par* 
vient quelquefois à persuader aux per* 
sonnes qui ont des rendez-vousàla Aa« 
pée que le^diner auquel elles sont appe- 
lées doit avoir lieu chez madame 6ui- 
ciiard; et nous avons la certitude qu'tia\ 
de nos amis a resté dans cette maisoo 
la semaine dernière pour attendre jus* 
qu^à cinq heures çt demie une société 
qui depuis quatre heures était à table 
aujT Grands Marroniers , quelques 
portes plus bas que la maison de ma- 
dame Guichard. 

Mes observations , messieurs ^ oo 



46 ' JOTTRI7AK DIS GOURMANDS 

pourraient trouver place que dans 
votre Journal , et je voua prie en 
grâce de vouloir bien les inbërer : c'est 
un signalé service que vous rendrez 
à vos lecteurs en ganserai , et princi- 
paiement à ceux qui pourraient se 
donner quelquefois des rendez - vous 
ailleurs que chez madame Guichard. 

J'ai Phonneur de vous saluer. 

L£FORT, abonné de Lyon , 
et maintenant à Paris» 



{Noie des Rédac^urs.) Nous Ygiiorons jo»> 
^'à quel point est fondée la lettre de AL Le- 
forty dont nous nous sommes permis de sup- 
primer quelques phrases ; mais cette lettre n'est 
pas la première que nous ayons reçue contre 
la maison de madame Guichard , qui y au 
surplus , ne serait pas la seule au-dessous de 
sa réputation. 



^ï' 



n 



BT DES BEJLtSB. 47 



ip 



•& 



DESSERT. 



LES CERISES. 

▲!■ : Ceit cm fnpM, «*Mt as ngtfdy 
00 ; Âwatte à riga dt qvhuM «u« 

JLlo plus au moins , du moins ao plus^ 
Qui ne conoait pas LucuHus? 
Nos éco^ers levant par cœvue 

A quelle date 

De Mithridate 

U fut vainqueur* 

Mais en M , dans nos repas 9 
Nous ne songeons seulement pas 
Que le ce/isîer^nt tante 

D'Asie à Home 

Par ce bravé homake 

Fut implanté» 



*0^ 






♦ 



4S JOURIf A{. D88 GOURMANDS 

De Gërisonde à Cërigo , 
Mangeant du fruit rouge à gogo f 
Il se disait : Quel p^nt joli ! 

Comme il importe 

Que j?eii vftpportd 

A Tivoli ! 

Tant que son triomphe dura 

Le ceriàiery-figura... 

Plus la populace riait ^ * 

Voyant l'arbuste , 

D'un ton robuste 

Plus- il criait: 

« BomainSy Lucullus vous répond 

« Que c'est un des bons fruits du Pont«\ 

«r Qu'on ne cherche point la grosseur . 

« Dans la cerise , 

« Mais qu'on la prise 

ff Pour sa douceur. » 

Pour nous, Gourmands^ crions haro 
Sur l'indigeste bigarreau ; 
Lançons aussi maintM[aol(bet8. 

Contre la guigne. 

Sœur-noire, indigne 

Des vrais gobets. 



•v«* 



ET PBS BELLES. 4^ 

Les gobets dont s'agit Ici 
Sont natifs de MontmQrency : 
Sivr l'arbre même s'ils sont pris, 
- A quatre l^eoes ^ 

Leurs courtes queues , 

Doublent leur prix. 

M. SB Plis* 



—■ 



as 



LE JUGEMENT DERNIER, 

\ OU 

L'EMBARRAS DE LA RÉSURRECTION, 

CBAlf'sON DB TABLB. ' 

▲ I &: AiutitSt que 1a lumière. 

Qdamd du couchant à l'aurore 
On n'entendra que fracas^ 
Et que de l'airain sonore 
Retentiront les e'clats; 
Quand le soleil et la lune 
S'éclipseront pour toujours ^ 
*' Qui Terra cette infortuné 
Verra le derniei des jouis. 



baaBia«A_<^M»«Ma 



^ 



Ko jovRif ai; des ooitrmands 

Ah! que D*ai-)e pour bien rendra 
Ce majestueux tableau • 
De ceux qjî dai^çnent m'entendm 
L'ënergique et fier pinceau! 
Vous y verriez la matière 
Comme ailleurs, dans ses traraiiXi 
Y faire de lai poussière 
Sortir des hommes nouveaux. 

Qu'ai-je dit! Non , la Nature , 
' Qui fait tout si sagement^ 
A limité la mesure 
Prescrite à chaque ële'ment: 
lElle renvoie à la terre 
' Les êtres qu'elle a noprris; 
Et quand leur forme s'altfere 
Naissent les fleurs et les fruits*' 

Ainsi la même substance | 
Par mille combinaisons ^ 
Aura donné l'existence 
Aux hommes comme aux oisons; 
Roisy lionS} fourmis, bergères^ 
Animaux de tous les rangs | 
Ce sont les mêmes matières 
Dans des moules différens. 



-^ 



XT DES BELLBS. 5ç 

Quand donc le souverain jago 
Viendra ranimer leê corps , . 
Que l'on verra de grabuge 
£ntre la ci-devant morts ! 
Le tyran Sombre et féroce 9 
Maudit jmqaoê au tombeau. 
Honteux de sa vie atroce , 
Youdra reparaître agneau. 

Alors le tigre superbe , 
Faible enfant , se tiendra coi ; 
lieciron^ que cacbait l'berbey 
Peut-être Sf veria roi; 
Lesi'ncro^a^/ej, lesbeHet 
Deviendront des colibris , 
Et les y^tê , les sauterelles 
Des moines de tout pays. 

Maïs ita dieu sévère et juste 

Sur les œuvres jugera; 

A son tribunal auguste 

Kul méchant n'échappera. 

Quant aux convives aimables 

De BalaJne , il leur dira : 4 

« Passex des jours agréables; 

« Le paradjs les suivra. » 



52 JOUaKAL DS8 GOURMAlUDS 

■Si l'oracle est véritable 

Je Vous tiens pour des élas 

Qui gagnez le ciel à table 

Sans y craindre de refus : 

Par cette œuvre méritoire 

Pour nous mieux édifier, 

Chers gouimands , puissiez-vous boire 

Jusqu'au jugement dernier l 

En. M. y com^ive admis au 
dîner du 20 juin. . 



LA FIN DU JOUR, 

CHAKSOn-ROMANGE, 

pour jEeiire suite au Point du Jour. 



MAm« ûr« 



LêU fin du jour 
Sauve les^eurs et rafraîcbit les belles; 
Je veux en galant troubadour 
Célébrer, au nom de l'Amour , 
Chanter, au nom des flenni nouvelles, '■^'^^ ^ 

Jjajindujour* ^ ^ | 



^*B 



XT DES BSLLE8/ , 53 

ha fin du jour 
Rend aux plaisirs l'habitant du village; 
' Voyez les bei^ers d'alentour 
Danser en chantant tour à tour: 
« Ah ! comme 4>n aime après l'ouvrage 
« fjàfin du jour! » 

La fin du jour 
Rend le bonheur aux oiseaux du bocage ; 
Bravant dans leur obscur séjour 
La griffe du crue] vautour, 
" Ils vont guef ter^sousle feuiUagé - 
La fin du jour* 

La fin du jour 
Rend aux amans et i'ombre et le mystère ; 
Quand Phébus termine. son.tour^ 
Vénus y au milieu de sa cour, < 
Avec Mars célèbre à Gyth«re 

Lafindujour. , 

La fin du jour 
Me voit souvent commencer un bon tomme; 
Et pour descendre au noir séjour, 
£n fermant les yeux sans retour, 
It dirai gaSment : C'est tout comme 
La fin du jour. 

Ml, Ajimaw»-Ooup?£. 




firrr-Biif '^^1 nmim na— iwÉàii 



54 JOXJRIVAii BBS «OUaiiAHDS 

' ' '. ■ I ■ , ■ 

IL VAUT MIEUX TARD QUE JAMAIS. 

A.IB t Dam la paix et Tiiuiocence. 

LoRSQtJB' j'ose entrer en lice 
Apres Fayait et Panard , 
Messieurs , je me rends justice , 
Je conviens qa'il est tiop tard. 
Heureux pour ma chansonnette 
Si f préparant mon succès» 
Votre indulgence répète: 
// vaul mieux tard que jeûnais» 

Pendant long-tems de Glycëre 
Je n*eus pas un seul regard; 
Allons , dis-je y pour lui plaire 
Attendons un peu plus tard. • 
Je composai pour li^ belle 
Tant de rondeaux , de couplets, 
Que ]e parvins auprès d'elle: 
// vaut mieux tard que jamais* 

Je monte un soir chex Hëlëne 
A dix heotes moihs un quart ; 
J'étais presque horè d'haleôra» 
Sentant Meit fa'il tftait tard* 



.«T OB8 BBUBS. 55 

Je ne poQrj«i9 vou^mtmliie 

Hëlèpe M mit à dires > 

// vaiU pùetMS éard éfMit Jéêaaù* ^ 

\ 

4 

Damon rifpéfaît sapii cesaei 
Je crains les }evix de hasard : 
jL'amouT aoja ma )e\uiesseç 
Je serai mari plu* lard* 
Si )« «ais bien mfy connaître 9 
Grâce k la lieau^ë d'Agnès, 
A fijnqaante ans il va Vêtrei 
H votât mieux fard qup jamais • 

!Pour une ancionne ^œ^ elle 
Un ami , sans nul égard , 
liorApie mon coeur le rappellç 
^le ïëpoud t\}^i\ e^f trop ta/d^ 
Nos deux âmes n'çp font ({u'pne | 
.Luidis->je; tiens, déspnyiais 
Onblîons toute rancune : 
ïî vaut mieux lard {fue jamais. 

Dans nos brillantes demeures 
Maintenant plus d'un vieillard 
Depuis qu'on dine ksix heures 
Obter?e q^n'il est trop tard; 



'^- -* - . .M^aMhsMihi 



« 



56 JOURNAL DSS GOURMANDS 

Moi je dis à li tourdine y 
'^ Lorsqu'à tabl« je me mets^ 
Enfin pourva que l'on dîne y 
* // vaut mieux tard que jamais^ 

9 

i 

Les siffleurs ont fait un pacte. 
Criait un auteur bâtard ; 
. Me siffler au dernier acte 
C'est me siffler un peu tard. 
Pourquoi dont cette colère? 
Dit le marchand de sifflets: ' 

£hy monsieur! laissez-les faire; 
' // vaut mieux tard que jamais, 

» 

Des vrais plaisirs de la terre 
Pour recueillir votre part,' "^ 

Mes enfans y ^t un bon père , 
Vous êtes venus trop tard. - ' 
A ces mots je ne puis croire 
Lorsque je bois à longs traits: . ' 
Mes amis, tant qu'on peut boire, 
// vaut mieux tard que Jamais» 

M. BftÀZiia. 



gafla^^^^,^,^j^âBflfli 



*l 'i -I.. .I ' - li Tjr,! .j, , pii , | , 



ET DES BELLES. Sy 



S 




H ne faut pas dire : Fontaine, 
Je ne boirai pas de ton eau* 

t 

A» * Ans Mnst que je prends de nm gloire , 
eu du l»allet des Pierrots. 

' Ob. Toîci comment je raisoniie : 
Quand on veut vÎTre' toujours bien 
On ne doit mëpriaei^personne; 
£t surtout ne jurer de rien : 
Soit que l'on dîne cbez Balaine, 
Ou ^'on boive clies Ramponneau, 
il ne faut pas dire : Fontaine > . - 
Je ne boirai pas de ton eau» 

II est bien t«ms, disait Grégoire, 
Que je songe à me réformer : 
Mon docteur me défend de boire j 
Mon âge me défend d'airaér. 
Et tous les jours ce Vieuz Silène 
Cbante en buvant près d'Isabeau: 
// fie faut pas dire: Fontaine, 
Je ne boirai pas de ton eau* 



58 joùrhae dis gourmands 

Trop sensible ou trop îndiscrëte ^ 
&^nne a trouvé wa vainqueur^ 
Jp^depuîs^e tems la pauvrette 
Se plaint toujours des maijyx d9 coeur. 
Coquette qui rit de sa peine 
Pourra donner dans le panean ; 
// ne faut pas dire : fontaine. 
Je ne boirai pas de ton eai^ 

Pour être mis, dans les affiches 
Baliveau se tourmente fort ; ' ^ 

Mais on voit à se$ be'mistiches 
Que pour lui le^roverbe a tort: 
A la fontaine d'Hippocrëne 
Il yele comme vn étoumeau ; 
II peut bien dire: Hélas! Fontaine', 
Jenfi boindpas'dê ion enut 

Sans faire^ci le bon apôtie 
Je «nia idèle à miin, refrain. 
Et je jure, tofit comme un antre , 
De mettro de l'eao dans mon vin» 
Je voudrais qu'à Be.aune , à Surftne 
On gravât sur cbaqoe tonneau: 
// ne faut pas dire : fontaine. 
Je ne boirqipas de ton eau, 

M. AlTTIOffAO. 



ET DES BELLES. 



59 



LȃPINGLE, 

couplets fur plusieurs airs connus. 

S'il est un nietible prëcienx 

Qui puisse embellir un ménage 

Et le rendre digne des dieux ,' ^ 

C'est une feftime aimable et sage : 

Mais sous de ce'lesfes dehors 

Si quelque esprit malin se cache y 

Céèt r eptngle, âit-'on a\oTs; 

EUe pique, mais elle attache. 

Voyez Vnlcaîn dianger l'acier ' 
£n épingle, en lance cruelle ; 
L'une est l'attribut du guerrier, 
Et l'autre est l'arme d'une belle: 
Sur son corset , pvbs de son cœur^ 
L'épingle anèle si Pon ose..* 
C'est l^épiné qiie la pudeur 
Met auprès du bouton de rose. 

Mais aussi pour labieuplacer^ 

Belles, n'imites pas Gèrfrude; 

Jusqu'au menton s^ncuîrasser 

^ £it d'une agnès^u d'une jfm^ 



60 JOURNAL DS8 00URMAKS8 

Sous la gaze avec le Zëphyr 
Laissez toujours joUer la vue : 
Pour faire naître le désir 
Qu'au moins la fleur soit aperçu^ 

Une épingle dans vos cheveux^ 
Par l'Amour avec art fixëe. 
Donne à l'amant ingénieux 
Le secret de votre pensée. 
Un billet peut être égaré , 
Des regards se peuvent suiprendre^' 
Une épingle à Jean de Saintri ^ 
Savait bien mieux se faire entendre* 

L'homme aussi pour son vêtement . 
Lui doit quelque reconnaissance ^ 
La mode en fait un ornement ^ 
L'orgueil un bijou d'importance: 
Sans or^ sans perles ni rubis 
La mienne pourtant fait envie ^ 
Le peintre y dessina Cypns 
Sous les traits de ma douce amie* 

M. Ph. ox la Màoblaikx. 



^mam^0 



(t) To]r«sl« i«lji reanaa tU c« nom. 






ET SB6 BBLI.ES. , 6c 



LB SOLBÎLLVIT péVK TOUT£B MOKDB, 

CK A.VIOV- V A VOBTIUa > 

AiB t Dans C0 aftlon «ù du TovatSau 

Le docte et brillant Apollon 

Parconrt une double carrière; 

Il préside au sacré vallon , 

Il est le dieu de la lumière : 

Il créa ces rimeurs fameux 

Dont à Paris la foule abonde ; 

Il peut bien m'éclairer comme eux.*. 

Le soleil luit pour tout le monde» 

Aux bienfaits de Vautre du four 
Qui pourrait ne pas rendre hommage? 
Les fruits qu'il mûrit tour à toux 
Sont la richesse du vrai sage* 
De Plutus ne me parlez plus ;, 
Sur lui vainement on se fonde: 
L'or ne luit que pour ses élus..» 
Le soleil luit pour tout le mondei 

Tome rn. i 



^^p^^MU PUH 



6é journal I1K6 GOURMANDS 

fr Que faat-il pour te rendre heun^x? 

(Dit Alexandre à Diogëne) 

« Parle... et je comblerai tes vœux. » 

Mon bomrru lui répond sans gêne< 

« V O toi dont l'orgueil sans pareil 

c Veut subjuguer la terre et Ponde, 

fr Laisse-moi jouir du soleiL*» ^ 

tf Le soleil luit pour tout le monde* » 

Quand Ifi douce clarté des cieux 

Vient caresser notre paupière y , 

Plaignons ces mortels dont les yeux 

N'ont jamais connu la lumière / 

Forlenze '.est leur consolateur; 

Et si le destin le second^ , 

Q.uelque jour il^ diront en chœur : 

ff Le soleil hiii pour tout le monde* » 

Dès que mes yeux s'ouvrent au jour 

Mon ame s'ôiivré à là tendresse , 

vMés ainîs, je sens qiie Vdmour 

Est lé soleil de la jeune^e: 

Il embelï^t tbiis nds instans, 

n éclairé , etiflaiume iet féconde. 

Aimons... et songeons qu'au printents 

Le soleil luit' pour tout le monde» 

♦ . . . . ' , . 

(i) M. Forlease, célèbre oculitlOi «reada la TUt à tu» 
grand nombr* do pononnet. 



MX DBS BEt.I.SS.< 63 

Pour scùYre ma comparaison y 
L^amour rend heureux à teat Âge^ ' 
<» De même que chaque saison • 
À des jours brillaos en partage jb 
Nos jours d'hiver sont un peu froids; 
Mais) dans sa course vagabonde, 
Au sein de l'hiver quelquefois / 
Le soleilluit pour tout le monde. 

Rose a le teîAt frais et Vermeil; 

A ses grands jeux tout rend les armes ; 

C'est' un astre !... c^est un soieili 

On est éhloui par ses charmes. 

Pour ajouter à tant d'appas 

Aiusi que Phébus elle e9t bhmde»** 

Et lep malins disent tout bas: 

Le iôleil luit pour tout le monde^ 

La prude /ri>.«. Ah ! doucement | 
Je-ne veux pas fâcheries dames; 
Le soleif éclaire vraiment 
Bien d'an très .sujets d'épîgrammes ! 
Que de sots!..* de fats!.... de jaleax^.• 
Mais aujourd'hui si je les Iroode 9 
Ils me répondrout que chea nous ' 
Le soleil luit pour tout le monde* 



64 JOURNAL DBS GOUKMANOS 
Quittant le beau poar le joli, 
Quittant le vrai pour le factice , 
Nous courons tous à Tivoli 
Voir un soleil»., en artifice. 
Si le tems vient à se trou})ler, 
S'il pleut, ou si la foudre gronde , 
L'artificier n'a qu'à parler... 
Le soleil luit pour tout le monde, 

_ Grégoire est bien certain , morbleu ! 

. D'attirer les buveurs qu'il guette; ' 
Un charmant soleil peint en bhu 
Annonce de loin sa guinguette:, 
Au soleil bleu l'on voit venir 

'Plus d'une face rubiconde : 
Sitôt qu'on veut se rafraîchir,,. 
Le soleil luit pour tout le monde, • 

» 
Je ne vous ai rien dit encor 
Du thë&tre Uranographi^ue, 
Où des rayons de papier d'or 
Forment un soleil,,, magnifique! 
Une chandelle est par-dessous. 
Dont VéeUu vous frappe à la ronde: 
Chaque soir, moyennant deux sous, 
Le 'soleil luit pour tout le monde. 



/ 



r . 



/ 



BT DBS BftLLBS* 65 

. Je finis... caïf da haut des cieux 
Phébus rappelle à ma mémoire 
Que vous êtes tous dans ces lieux 
R'assemble's pour chanter et boire : 
Chacun doit dans un si beau jour 
Faire au moins sauter une bonde; 
Chacun doit chanter à son tour.** 
Le soleil luit pour tout le monde. 

, M. AaiUMn-GourFi. 



A 



LA SAÇESSE, 

GHAICSO». 

A» îïant d'U Tertu , pa» trop a'en faut. 
fVe la iuite de Julie») 

Faut des chansons, pas trop n'en faut; 

L'excès en tout est un défaut. 

De la gaîtë joyeux apôtres , 

On ne vouli dit jamais assez ; 

Mais les chansons de quelques autres 

Font dire aux lecteurs courroucés: 

Faut des chaiuont| e/c* 




66 JOUANAL D^ GOURalA^DS 

^^* , FautdeJ'argenty pa8trop|i'«nf»ut; 

^Shw '*'*' * Si'eicës en tout ^«jt pd défaut* ^ 
Sur son or Harpagqn soupire; 

^ Sans cramu il ne pept faire un pas : 

Toujours cl]iaj|t«nl^ Biaise n'aspire , 
Qu'à gagner ses quatre repas* 

Faut de l'argent, etc. 



Faut de l'esprit, pas trop n'en faut; 
I^'ezcès en tout est un défaut* 
Un bon mot est l'éclaîr qui brille^ 
Son feu par fois peut eifraycr : 
On mit F'oltaire à la Ëastille 
Pour en avoir trop fait briller. 



Faut de l'esprit, etc* 



Faut des plaisirs, pas trop n'en faut; 
Uei.6és en tout est un défaut. 
Quand dans la coupe enchanteresse 
Tin imprudent court s'enivrer, 
JL'homme guidé par la sagesse 
Ne fait que s^y désaltérer*. 

Faut des plaisirs , e/r. 



iii^i^^SHr^ 



^ W P H,9 •■ I ^ 



1 



XT bS6 BBLLE8. 6^ 

' Faut des amis, paâ trop n'an faot; . 
L'excès «n tout e<t on défaut. 
Douce amitié y flamme celettey 
Je ne te sens point à demi ; 
Mais dans tes fastes, toi|t lVtteste| 
On n'a qu'un «éritable ami. 

Faut des amis y êie. 



Faut d' la raîton , pas trop n'en faut ; 
L'excès en tout est un' dëfknf • 
La raison est bonne à tout âge ; 
J'en sais le prix assurément : 
La trouver, a son, avantage , 
Mais la perdre a son agt ément. 

Faut d' la raison , etc, 

I 

Faut des docteurs, pas trop n'en faut; 
L'excès en tout est un défaut* 
J'ai toujours mis en parallèle 
Les coursiers et le médecin : 
A son cfaar plus on en attèle, 
Plus ou abrège son chemin* 

f 

_ I 

Faut des docteurs , €^c« 



jTJCiÏF» <* — ,^,-^...- . -, --^ri" — —-T-^'lw jp ■■«■inmiip ww«^MIi«qiiPiia^«ip 



1 



.68 JOURV A£ SBS GOOKHAlTOa 

« 

Faut des gounnandt, pas trop n'en faut; 
L*excës en tout est un -défaut. 
. Rien à table ne m'effarouche 
Comme un mangeur déterminé; 
Tojit ce qui passe par. sa bouche 
Me passe .toujours sous le né. 

Faut des gourmands ^ etc» 



Faut des auteurs, pas trop n'en faut; 

L'excès en tout est un défaut. 

Le dieu qu'au Parnasse on révère 

Se montre avMre de ses dons; 

La France qui compte un Molière 

Ne peut compter tous ses Pradom. 

Faut des auteurs ^ etc» 

Faut du bon TÎn, pas trop n'en faut; 
L'excès en tout est un défaut* 
Pour nous piquer de savoir vivre 
Modérons-nous, veutresaingris! 
On est triste quand on est ivre ; 
On est joyeux quand on est gris* 

Faut du bon yin^ etc* ^ 



Atfc 



ET BBS BELLES. 6^ 

Faut des coapUts , pas trop n'en faut; 

X'ezcès en tout^st un défaut; 

Aussi prudemment je m'arrête; 

A mon ardeur je mets qn frein. , 

Je Tois le censeur qui s'apprête ^ 

A me répéta mon refrain. 

Faut des couplets , etc^ 

M. MoAXAV. 



AUTANT EN EMPORTE LE VENT. 

An I Tenes, moi je tuU un bonhomme. 

Or blâme notre humeur grivoise; » 
. Midas prétend y mettre un frein; 
Mais le plus sombre s'apprivoise ^ 
Et répète un joyeux refrain: 
Ne craignons pas que l'on recueille 
Les sottises qu'il dit souvent ; 
Puisqu'un journal n'est qu'une feuillf ^ 
Autant en emporte le vent. 

Nargue des filles de mémoire ! 
Leur ei^cens est un bien fatal ^ 
Leurs louanges un vain grimoirej 
Et leur temple un vaste hôpital. ^ 



-M 






^O JOURNAL DBS GOURMANDS 

Une frivole lenfimmée 
OcpnpM-^Ue unboD vivant? 
La gloire n'est qu'âne fumëe; 
autant en emporte le vent. 

Jadis modestie et noblesse 
Au bal succédaient le plaisir ; 
9iais la mode' aujourd'hui les blesse ; 
Le désordre suit le désir. 
^ Contre les lois de la décence 
Kos nombreux zéphyrs s'ëlévant^* 
De la pudeur, de l'innocence 
Autant en emporte le vent» 

' Gertrude au déclin de son âge 
Cache ^ar des moyens divers 
Les sillons que sur son visage 
Trace la bise des hivers; 
De blanc, de rouge, àfottes doses, 
Elle les [Plâtre en se levant; 
Mais de ses lys, mais de ses roses 
jiutant en emporte le vent* 

A pri^ d'or, à force d'intrigue 
Damis à la cour est placé ; 
Par son crédit et par sa brigue 
Bientôt chacun est e'clipsé ; 



£X. DES BEI.LSS. 

Maïs le souffle impur <îe l'envie 
Dëtruitlés honneurs qu'on lui Tend;* 
Ainsi des grandeurs de la rie 
jtutanten emporte le tient. 



7i 



Amis, tous les mois clie2 Balaino 
M&ngeons à perdre l'appétit; 
Bions, chatifons à perdre haleine ^ 
Et buvons à perdre l'esprit, 
l^êtons tous le dieu de Cythire; 
Perdons la vie etf. le servant: 
Des autres plaisirs sur la terre 
Autant en emporte le'vent* 

M.. Faaetcis* 



MMMM« 



Fauie d^itf% moine Vàbjkay^ 
Ne mancjue pas, 

Aia : Ça n' ae peut p«a. 

De Coitauijjlll^ ouvrons le ttfmple; 
GourmanAi^^ttveti'rs , accourez tpas 4 
Et po^r mieux sufvré notre eïempl» 
Spytjnr encts aà Mmfesi^YOtt»; 



^ .,- 



f% JOURNAL DliS GO^MANDS 
Car, la soupe une fois servie , 
Si l'an de nous manque au repaiy 
Faute d'un moine Vahbaye 
lYe nuaujoepas, (JBis*) . 



AvçS'^Tous Tfi la pauvre Ursule 
Depuis que son mari n'est plus?..* 
Sa maison est une cellule*. • 
Tous les hommes en sont exclus* 
Les uns pensent qu'elle s'ennuîe, 
£t les autres disent tout bas: 
JFiMie d*Mn mqine V abbaye 
IVe manque pas, 

La nuit la frileuse Laurence 
Au feu d'un moine avait recours; 
Sa vieille maman par prudence 
Proscrit le moine pour toujours: 
Mais quand une fille jolie 
Craint de greloter dans ses draps, 
Fouie d'un moine V abbaye 
IVe manqué pas. , 



#* 



Dans un tragique mé]f||taie 
Un capucin fort^ennu/vîH 
Au troisième acte rendait l'ame , 
Tout en pérotant de a^n mieux: 



.« 



ET DES BEItfes: ^3 

«: l|#ui;^donc vlte^.;!) aussitôt s'^ie 
Un Gascon y de son jeu fort las j 
A jF'auté dfun moinp Vabèc^9 \ . ^ 
« iVe rttarujue pas» » 

Santeuil , de joyeuse mémoire , 
Du couuut.sfécjbappait sans bririt 
Pour aller chanter, rire et boire 
Le jour, et quelquefois la nuit. 
Autant yaut, se disait l'impie ^ 
Rire ici quetitmflejç ]&7baaf 
Faulàd'unia^ine Pabbaj-e 






JVe rmifime pas* 

Jurons, quo^ae tout Aît.Mif terme. 
De ne j&mais.noas.désua&r': 
Amjs, Torre en main tenons hiaé 
Jusqu'à) noli« dernier sonfâr; * 

£t si la Mort me congédie , 
Chantes tobs âprëft mot» tiéçw : \ 
Faute d'un, moine l'abbaye 
JVe marujuepas» 

M. DisiLtreiBus* 



♦Terne m. 






I 

74 JOnHNAL PXS GOURIHAKJ^S 



^ ^ 



CHANSONS SUR LES MOTS DONNÉS. 



LES RUISSEAUX. 

Ai« t Xa foi que toui m'aves promu*. 

Dans la forêt silencieuse 
Qu'il est doux d'ëgare||M pas ! 
Combien sa route iénmKêvtte - 
Poulr un cœur sensible a d'appas! 
C'est là près de la Rêverie. 
Qu'habite le dieu du Repos ; 
Mais pour l'AmoQr, pour la Folie. 
Cherchons-les aux.bords des tuisseaux» 

Dans ces fêtes, où la Richesse 
Etale son luxe imposteur, . 
Des Plaisirs j'aperçois l'ivresse f 
Et n'y trouve pas le Bonheur: 
Le Bonheur n'est point à la ville, 
Prës des cœurs froids , des amis faux ; 
Il habite un champêtre asile ^ 
]&t se plaît aux bords des ruisseaux* 



► 



yfc»^^^-*. -- ■ ■- ^ ^^ ^Êmumr» 



ET DES BEl.I.fi$» 76 

Heareux qui prhê «l'une pnda claift. 
Pour éviter les fetiz du jeur 
Cherchant »n ifchri solitaire |r 
Y tait rencontre de l'Aœetit ! 
Pour lui le moment est propice 
S'il sait user de l'à-propos ; 
Aux belles souvent le pied glisse 
Sur les bords cbarmans des ruisseaux. 

Pour trouver rose pliu brijlante , 
Pour ravir un plus doux baiser^ 
Pour sentir flamme plus ardente 
Et pour «avoir mieux i'appaiser^ ■ ^ 
Pour traiter plus vite une afiaire y 
Pour mieux attendrir les échos ^ 
Pour charmer plutôt sa bergère 
Il faut être aux bords des ruisseaux. 

Talaiaat y président delà Stfciétd 
Épicurienne de Brioudc. 



LES BAIN& 

▲xa : Eh ! ma m^re , eit-c* que }* sait £•. \ 

Tandis que je vois la S sine 

Rouler ses flots argentés^ ^ 

Tandis que son onde saine 

Baigne nos mûrs enchantés Sc 



. .> • « 



!^6 JOURNAL DBS GOURMANDS 
Quand plus d'un badaud s'amuse 
A voir nager nos bambins y 
Moi , ppu' rafraîchir ma muse , 
Je lui fais prendre les bains. 

Dans son bain voyant Diane , 
Actéon, encourage, 
Semble faire un vœu profane; 
^ Cra^ en cerf il est changé. 

' i Si tant d'époux que l'on blâme 

Aux cerfs ressemblent soudain , 
C'est Qu'ils ont surpris leur femme 
Autre part que dans un bain. 

On sait pourquoi deux vieux drilles 
Mirent Suzanne en courr^x. 
D'après cela , jeunes filles , 
Au bain prenez garde à vous : 
Soyez chastes dans le monde; 
3Et si l'on surprend enfin 
Quelqu'une de vous dans l'onde, 
Que ce soit Suzaillie au bain* 

> Quels jolis noms pourraient prendre 

' '.Tour à tour les W/iJ Vicier! 

^ C'est le fleuve du Scamandrê 

Pour filles à marier: ^ 



1 



ET DES BBLI.B3. . 7^ 

Lubin manque à sa parole; ^ 

C'est Veau d* oubli j^our Lubin: 
Pour YiGiMK c'est le Pactole; 
Pour Figeac ce n'est qu'un bain» 

D'aller au bain l'on s'empresse : 
Rose y ya pour sa maigreur, 
Aglaé pour sa grossesse , 
Nicolas poTur sa grosseur; 
Mais quant à moi, qui sais boire. 
Qu'on me donne de bon vin 
Une tonne pour baignoire , 
£t je vais me mettre au bain, 

ENVOI.^ 

Je ne crains pas d'en trop dire; 
Allons , encore un couplet : 
Lorsque iur l'eau j'ose écrire 
Je puis noyer mon sujet* 
Pourtant , messieurs, je soupçonne - 
Qu'il faut finir ces refrains; 
Dieux f évitons que personne 
Ne dorme en prenant mes bains* 

M. SiMONRiR, étonné de Paris. 

Sajetâ de chansons pour le mois d'août: 
Jfi* Gerbes, Sain^RocA, les Couvées* 



\ 



^ 



_• ^ 



^8 JOURNAIi «DBS QOtJftlf ANOS 



LE CAFÉ, 

L'APRÈS-DINÉE. 



PRODUITS 

DE L'INDUSTRIE GOURMANDE. 

Fraises à la Créole» 

JJiKs des fraises biea mûres et bien sucrées 
Versez quelques goattes de jas de citron , et 
remues-les bien : vous lear donnerez par cette 
addition le goût de l'ananas f si vous n'avez mis 
que la quantité juste de citron pour modifier lo^ 
goût des frais^ san* qu« l'i^de domine. 

Fraises alcohoUsées» 

Ap#ès «tcRrrctal^ jâns le svcte ht quanfît^ 
-de frasées fu« Xia, tcut mun^Xf ok tn éclr'asi» 






r 



BT ©ES BELIES. 79 

librement, ui)e4>ctite portion y op verse dessus 
une cvnlleiée ^ ca£é .de. bonne eau -de -vie : on 
mêle le tout avec soin jusqu'à ce que le sucse 
paraisse foqdu; où n'ajoute ni viu^ ni eau» 
Xi'eau-de-vie y ,qui ne doit pas se sentir si l'on 
a bien ob,8ervé.le8 proportions^ a la propriété 
d'exalter le parfum des fraises, et de leur 
donner la saveur la plus agréable. 

Tablettes fondantes. 

On sait que depuis plusieurs années le ma- 
gasin du Fid^ Berger, tue âe& Lombards , 
connu depuis un tems înamémorial par ses 
excellentes dragées , par ses confitures déli- 
cieuses, etc., offre des tablettes fondantes 
avec lesquelles on fait sur-le-cbamp , et par lo 
procédé le plus simple, une carafe d'orgeat, 

' de limonade ou d'orangeade. 

Ces tablettes, d'un tn^rite réconnu , se con^ 
servent en tout tems, e^ sont d'une utilité gé- 
nérale en été; elles sont surtout d'une grand» 
ressource pour les voyageurs et pour les per- 
sonnes qui habitent la campagne : elles sont 
Tenfermées au nombre de dou»e dans dés petits 
coffrets portant l'adresse du Fidèle Berger, 

■ afin de prémunir le public contre les contre- 
façons. Chaque coffret se vend a fr. 5o cent.. ^ 



k^ 



' >-^ 



60 JOURI^AL ^^S G0ÛRMAKD5 

Le magasin an Fidèle Bercer u^bl àe d^pét 

d« ses oiArdiandîses en aucun' àutte lieu àfï 

Paris que dans la rue des Lombards. 

- Nouft l'aviendrons un jour sur cette maisos 

t}iii vient de changer de propriëfaire , et dans 

la personne duquel nous ne craignons pas d'à* 

Tancer que l'on retrouvera le sële , les taiens 

et l'aniënité qui jusqu'à pressent ont mis W 

Fidèle Berger sur la ligne du Grand Mo» 

narque et de la Pomme d'Or» 

C. 



■ 1^1 , > i « ss 



iPii ii i | [ ii*»». 



ses: 



variétés: 



L'ARRÊTÉ DU MAIRE- 



OV 



LE M.Ë.DECIN DU PRINCE. 

Daits IaTiHede...de...nia foi,1e nom m'ëchappe^ 

Un ^on maire avait arrêté 
Qu'en inscrivant un mort on mettrait k côté 

Le nom de l'enfant d'EscuIape 

f2ui l'aurait aussi bien traité. 



Et PES BELLES. 8| 

Un prince arrive en cette ville : 

Il voyageait pour sa santé' ^ 
£t menait avec lui^ pour être plus tran)|uillei 

Un membre de la Faculté', 
Qui y las de prodiguer sa science profonde y 
S'en alla tout à coup chercher dans l'auti-e mond« 

Un brevet d'immortalité. 
De ce dëpart subit le prince s'inquiète; - 

Mais ayant formé le dessein 

De remplacer son médecin , 

Sans perdre de tems il s'enquête , 
Et découvre bientôt le moyen usité 

Par la municipalité. 

Ce moyen lui parait fort sage : 

ff II offre, dit-il, l'avantage 

« De connaître par un coup d'œil ^ 

« Et les froids agéns du cercueil , 
« Et ceux qui de la vie étendent le voyage* 
M Qu'on aille prompttment.à ce livre fatal, 

« Qu'on l'examine, et qu'on m'amène 
« Celui qui des docteurs â fait le moins de mal* » 
Od y court...PourTez-vou8 croire à ce phénomène? 

Ôtt découvre qu'un franc Gaulois, 

De Pézénas ou de Beaucaire , 

N'était signalé que deux fois 

Sut le registre mortuaire. . . 
C'est lui qvel'on choisit ) on le cherche, onliTOÎtj^ 
On l'amène k l'hôtel ; le prises It reçoitt 

Tome riU 8 



■ V.. 



82 JOURNAL DBS GOURMANDS 

•— Monseigneur, lui dit-il', plein de reconnais- 
sance, 

A qui dois-je llionnear de vous être connu , 
Et surtout cette pre'fërehce?... 

•— De vos heureux talent le bruit m'est parvenu; 

Vous aurez désormais toute ma confiance... 

— Quoi ! je perce déjà ! rëpond-il d'un ton fier, 

Se confondant en mots et presque en accolades ; 
Je ne suis ici que d'hier, 
£t je n'ai vu que deux ntaladeJr, 

M. Capellb* 



BOUTS RÏMÉS REMPLIS. 

( P^oyez^ le derniar Cahier, ) 

Chantons Corous^JePinde, et la gloire etlct belles; 
Au banquet de la- vietenivrons>nous toupoiirs* 
'Aimons, mais sans |Sliiser sur des lèvres rebelles . 
Un bonheur acheté par- de trop ionga détours* 
Que notre amimtesoit plus tendre que jolie; 
S'il £e peut «offrons-lui d^temellei amours* 
Parmi nous quelquefois accueillons la Folie; 
Car^ mes amis , sans elle adieu nos phis beaux jfourf. 

M. Alexis ÇauvaiiTi abonné^ 
deLilk. 



^ 



JiTDES BBLteS, 8^ 

AUTRES. 

SoryxiTT pour sëduîre les belles 
Il faut employer cent détours; 
Ators même lés plDS rebelles 
iVe peuvent Te'sietcr toujours- 
'Le destin de îemme folie 
Est- il donc de fbir les amours? 
Non , c'est au Sein de \^ folie 
Qu'elle doit couler d'heureux jours, 

M. EuoKNius, abonné dé 
• JVogent'lc'Rotrou» 

AUTRES. . 

Ji sois fort amateur des belles. 
Et je leâ cberifai toe^jpurs* 
Si j'ai trouvé qUelf îles rebelles 
J'ai Tendu vaintlou^leucé détpunsf 
Jamais pourtant la plus jolie 
Ne s'eDQaya dt mes amours^ 
Car je h'aî pat (mit lu f elle 
D'être constant plus d« ht^i jours* 

p. F., abonné de Reims* 



< 



B4 JOURNAL DBS GOURMANDS 

AUTRES. 

« 

Ntitphes , qai vous montrez rebelles 
A la voix du dieu des amours, 
* Songez que si vous êtes belles 
Vous ne pouvez l'être toujours» 
Femmp jeune , et Batioul jolie. 
Doit profiter de' ses beaux y ourf: 
Il n'est qu'un tems pour la Jolie; 
Aimez ; mais aimez sans détours» 

M. liAGiNDmÉ* abonné 
I de ChuiY* ^ 

AUTRES. 

■1 ▲ im : Atec les jeux dans It villag*. 

J'ai toujours bien aime les belles, 
, . Et je les aimerai toujours: 

Me pliant au goût des rebelles. 
Je m'amusais de leurs détours; 
Chaque femme ^ laide ou jolie. 
Etait sûre de mes amours* •• 
Maintenant ce serai tyb/ie 
De leur consacrer mes vieux jours* 

M. GuiCHA.aD. 



k£ "^o^ 



ST DtS BELLBS. 85 



MODES. 

Lis fichus mouchetés fond bleu , les petits 
carreaux rose pour robes , et les grands cha- 
peaux de paille jaune 9 plaisent comme dans 
l'extrême nouveauté. La couleur dommante est 
le rose, qu'on mélange quelquefois avec du 
"vert. Quelques fonds de chapeaux de paillé 
blanche se font , à l'ordini^ire , en rubans écos- 
sais , rapprochés et cousus; quelques autres ea 
ïubans blancs de taffetas , cousus à des mbans 
de^satin blanc. Les pois de senteur reparaissent , 
mais variés de couleurs. En chapeaux , rien do 
plus neuf qu'u/z petit casqué y en paille jaune 
ou blanche , dont la visière , faite du même 
morceau que le fond, est marquée par des ru- 
bans verts y rose ou gros bleu. Ces casques ont 
ordinairement une cocarde, posée vers le bord ^ 
sur la gauche. 

▲» I Le soleil luit pour tout I0 monde* 

Arméa de leura )enit«8 attrait», 
£t d'un catque parant leurs tôtea y 
STm tendrons sont sûrs de leurs traits | 
^ Ils font conciuAtes sur conquAtes i 
On Toit ces aimables guerriers 
Triompher sans causer d'alarmet, 
Et nos plus Taillans cheraliers « 

Sont ^rs d« leur rendre les armes» 

A.G. 



N 



86 JOUaHAL DBS GOURMANDS ^ 

,tt ' „■ .. aeasgsggaa ■ ... ' \ m 

ÉNIGMES, CHARADES, LOGOGRIPHES. 



Jji mot (lu LogogTÎphe inséré dans le Cahier 
de Juin est Or^usil; 

Celui de' là première Charade est Amioor; 

Celui de la seconde est Covkags. 

Les Abonnés qui ont deviné ces trois mot# 
•ont: 

MM. 

Guichard, homme de lettres , de Paris* 

Z* F. , de la même ville. 

J. A. L* *****, de Chessy (RhÔBe.) 

G. J***, de Sainbel. 

Tastatfin, Jùge-de-paît à Saînt-Pêray, 
qui nous a adressé des vers beaucoup 
trop à notre avantage pour que noua 
nous permettions de les citer. 

Bailleul, de Dieppe. 

Le D. . y, de la; tnême ville. 

De Pon^, de Brioi|de% 

•/• IV, y de Reims. 



ET DSt^ BEL&M. 87 

MM. 

P. F, y de Beims. / 

BasiardfiUf dé Mantoùe. 
T'arlier.&U, dePsiTiSy \ 
Guerr*. de Bar*sur-Oniaiii, I 

FrOUS, deXjTeveltf > TméUch*rad« 

Lagandré, de Salornay- I ^*«'"^*^"«- 
«ur-Guy, J ' 

Voici qpelques piëcçs qui nous ;^ont parve- 
Bues à ce sujet: 

iX/oAf </tt Logogriphe» 

QvB «iiiiu un parvenu ridicule est Vorgueil! \ 

Ja'orgue est un inatrument qtii ravit mou oreill* ^ \ 

Bmpioyé pour le bien Vor eet une menreilla } , , 

Quî le consacre ainsi mérite un graud accueil* ^ 

Mois de la première Charade» 

Av parfumeur je laîeae Vamidon} 
Comme il le veut qu'il le compote s 
Quant à Vami c'est autre chose) 
JPour moi de la nature il f st le meilleur don. 

Mots de la seconde Charade» 

Cicno»e «• ^ort avec OÊMPmgtg 
Gardon»>nmu «limiter un ion 
Qui, s'abandenn>atàiaf<i|y> 
B« ▼ieal à Ml conper le ce«. 

KL GvtaMMKBé J^" 



1 



• *» 



88 jouRKAL DES Gourmands 

A HON INHUMAIICE. 

Ai« t J'étais bon chasseur autrefois, 

Qooi ! didnigner «.vec orgueil, 
BeAuté clière autant que funeste, 
D« Xi'A«T D'AmBB le doux recueil, 
D'un àmi don simple «t modeste , 
Je fie puis lunriyre à ce coup \ 
Ton re fus allume ma rage , 
Et je vais me couper le cou 
S'il me reste asses de courage»^ 

r.F. 

Hamauz ! heureux qui possède un ami 
Qui sans orgueil le secourt , le soulage , 
lit de son or pour lui fait un partage , 
Dans le malheur lui présente un abril 
O don du ciel ! précieuse Amitié ! 
Combien 4e fois ton heureuse assistance 
liï'a't-elle pas redonné Tespérance 
Bt le courage à Thom^e infortuné \ 

M. La D* • T. 

Yoras comme Vor^ieil des parrenus fameux 
Aujourd'hui se fait une fête 
De jeter de la poudre aux yeux! 
Autrefois c'était sur la tôte.. . 

Ty amidon «upérfin leurs sacs étaient remplis ; 

A présent ils le sont de bons doubles louis j 
Jbt s'ils n'ont point eu le courage 

De moissonner dans les champs d'Auaterlits ^ 
Adroitement , à l'abri du carnage. 
De en auront toujours asses 
Pour moiMoaiwr dw w a ot goucsets. 



wm 



ST DBS fifiLLBS* 



«9 



ENIGME AUX DAMES. 

Je suis inconstante et lëgëre , 
Et cependant toute la terre 
Veut vivre sous ma loi* 
Quand on brûle de plaire 
Souvent on a recours à moi : ' 
Je commande en souveraine , 
Et partout je suis reine ; 
Je change tous les jours , 
Et cependant l'on m'aime; 
Que mon boniieur est extrême! 

Je plais toujours. .. 
Je suis l'idole des belles; 
Toutes prétendent me servir. 

Toutes veulent m'obëir: ' 

A moi seule elles sont fidelles..* 
Quel amant n'en virait un destin si flatteur, 
£t ne serait heureux d'un semblable bonheur! 

Va. Ch******, membre de la Société 
Epicurienne d*jingers> 



iSi^lÈÊk 



ite 



go JODRN*L OIS GOII«M*WDS, «*&. 



CHAa.AD^ 



. '/• » 



Mo» prçmicr est un tout. 
Qui du corps fait partie^ 
Le dernier de mon tout 
Des pronoms fait partie; 
Et ce qui fait mon tout 
A fait d'un, autre tout 
La friande partie 
Que le gourmand partout 
Aime i trouver, surtout 
Saiainémçnt servie. , 

A- F- Gv 



ÏI^ pu CAHIB& D» JCILtXT, 



' '» *- 



JDiction^re de h Taxé jdhs Frafs et pepe^tts, ftî-»^ 1' -^ 

greffieïs; aux avôpes. dé;prei»iërêiiis|a^ç^^^ 
pely auz^tui'siers et aatres fpncticmnikjm {>iibljfSy 
pour toQS les actes jde leur xmnittferé* Rii^gésiirî^é^ 
âitkh •ligiiiale et souU pffi<:i«Ue dea dlfifôr^^ 
crcts y relatifs j âdÀii^s pur PEitipètèur-eVRovjiau 
camp dé Freiissich-ïiylau ,4e V 1 6 f<^fTJer 1807 Ji ^*^^ 
termine par lés décrets 8U^]les Frc^îs et Dépens^ lip- 
primiés snr les ëàlHoBS oflËcielles, diuis la {bEœ9,d« 
knrspi^miilgatîoQS légales; IHir-À«-0*&AvsAN^ 
ex-jqgO; suppl^nt de juge de^ paix à Pi^fi»} ai^-M^ 
du Fonmhîre eéhdrah des Dictionnaires #&r. 
Code dvil et du Code de Procddurei etc. x Voï^ 
ll-S^deatopsgeâVSQtcftTkéfë^résdepetU-^rom^^^ * 
Prix, 3 ft. brocliëyèt 4 fr; par lii poste) francviJÈI 
port. On affrKiicîiit Palr^fent et la lettré d*aYi»^<*^ 

coinàaî»î^!M»îi^T«e J.-J.^R^^ ' 

Vouveau l^iomet^ ,qu Stylé des Buissiers, exacte» : ^ 
ment coBforibé IMIX Tei^tts èà C«wfft.Civa ai Vt^ 
de PttMrddatef pour téut les aétesda leurs nûfiia^ 
tfcre; âàns k^el oû.trotiW aiMSÎ toutcr les Foï^ y 
BiuIés^aumveUea pçc|«eft i «ïia^é espkce d^Actcs}. . 
gai lé X?rif daiJPjp^f #t Wp>n» {^ ^ 



. J 



UVBCS SOUVEAUX. - 
^iicmitt ^i i rcnporl^le piûc 4tf ceni^ par la Sa- 
Lot,' tuante à Molitaujbaii^ «lur €• ittfet donné par 
^ la nâme todtf të ;' CoMien h Cfiii(fU€ «9n^ ex' 
miUi^ au progrès des Taleos; par Ii.«l.--B*-K. 
' Twii y 40 pltoftiwiFt so^téi liUtf ratrM. 

Broelmxa in*8?« Prî;£ 2 fr. ponr Paiîs , et x fr. 25 e* 
^ franco. APariiy' cliexCVi/^^et A«R0iu/> libraÎTAB- 
eottimi««ioiuiaifef| cpe J*-J* Rouneatty nK ^ 

Wè/«aii de h Pàlogûe 4mciehne et moderne » trou* 
: fanant la deaeription de cepaja ,^ de aea mont agoeâ ^ 
plaînes) flcave$> tnarata, c]miat>;^nimaii](ivég^ 
tanx et minérairK;.la topographie de la Haufo «t 
fiaaie*Pologiie, de la Pruaso, la Conrlande, lajLS-' 
ibuame, la Rame' Blanche, Noire et Rouge, la 
Wolbjnie et l*l}hrani«9 avec indication dea villes, 
konrgt ,. ë^fces et nionuVnena : la deacripiioii po- 
)iltyM) ôû aperça, de la çonatitution polonatae , âea 
MligtoQs^ dca.loia:, de radolnisiration civile et ja- 
éi^aire, de»iDi»i|T8 de ranne'e, de la population et 
||||« reTenu$;,des aystftttea des poîda, meinrea «1 
aaovnaiea en «iaga w&i ai ^o]ogv« ; «oiti^ Dait* 



» -«s I ■ 



JOURNAL 

DES GOURMANDS 

ET DES BELLES, 

00 • 

yÉprcuRiEN français: 

Rédigé par quelques Littérateurs Gourmands ^ 
plusieurs. Ch^ru^it^es des Dîners du Vaudeville^ un 
Docteur en Médecine, etc. , etc. , etc. 



t 



1 1 ' ■ » 



Voilà toute notre moral». 



DEUXIEME ANNEE. 



I Ji'T r.l 



Troisième Trimestre de 180.7. — Aoôx. 



PARIS, , 

CAipELIiE iT R£NAND,libraires-co]iixni8sioooairet| 

lue J.-J. Rousseau* 
1807. ' 



mPRIMERIE Vm BIlAWBtJR AUHÉ. 



AVIS TRÈS^ESSENTIEL. 

Les Caliiers de ce Journal nç se Tendent point 
Aéparëment. On ne peut souscrire que pour un 
m , qui'tloit toujours commencer en Janyier* 

lies douze Cahiers de la première année sa 
Tendent DIX riuir^s tant pour Paris que pour 
la proYinca. 



^^ — *^ '■^■■•^mBBWI^PlMWl^^^*^"''^»' 



JOURNAL 

DES ÔOURMAJÎDS 

Êï BÊS BÊttES. 



:?= 



PREMIER SERVICE, 

XITTÉRATUKÈ 60t7AMAlilDE, 



Ji - ■ 

■ f ,. ' \ 



* 



LE MOIS D'AOÛT, (i) 

,Ala belle $lve, dégustatrice des pommeM* 

G^EST ftii mois d'août (l'histoire ne 
dit pas le jour) que la mère des Gour- 
mands mangea pour la première fois 
le fruit défendu dont le genre humain 



i) La moisson, qui appartîefltat ce moîs^ 
a été traitée l'annëe dernière ; voyei le cahier 



( 
d'août s8o^y^pa(es 93 «C 166. 



1 



v^ 






94 JOUnif AL DBS GOU&MAVDS 

se régale depuis quelques sût mille ans. 
Le sol où verdoyait l'arbre de vie était 
chaleureux et précoce^ déjà depuis plqs 
d'un mois les pommiers se couvr^fient 
de pommes, Jorsqueje serpent s'avisa 
d'en faire l'instrument de notre perte. 
Xa première des agaès les voyait sans 
appétit j mais la curiosité, innée dans 
le sexe dont elle était ^ fut le côté faible 
par où le malin s'introduisit dans la 
place. Maître de ce poste, il y dé- 
couvrit la coquetterie, au Ire faible par 
lequel il s'insinua sans peine jusqu'au 
cœur de notre respectable et facile 
aïeule. , 

Le^ ipal .étant sans remède, il faut 
s'en consoler; s^ussi , chers Gourmands, 
en vous proposant de chômer Fannî- 
versajre de nofre perte, n'ai-je pas 
île dessein de vous prêcher le jeune 
et l'abstinence; je viens, au contraire, 
vous féliciter du privilège qui vous «i 
:été transmis de mranger impunément 
ce que la pauvre Eve paya si cber. 
Je vieuj y p'en réjouir avec yous. De- 
puis un Wois que je n'ai entendu voç 
chants Réducteurs j'ai éprouvé bien 



des tentations, et c'ésr un grand soti- 
lagemént dy succomber quand le 
vingi sonne notre dîner. 

-'La p^me en effet n'a plus rien 
de uitalfaisant ; les tâW^ les plus cons- 
ciencieuses en sont chargées dépuis 
Tapi an teint vermeil jusqu'au calville 
rouge ou gris, depuis la reinette^ 
blanche d'Angleterre aigrelette jus- 
qu'au doux et roù3f fenouiliet. Les plus 
austères cénobites, les plus inexorables 
ennemis de la bonne chère , Ips Egyp* 
tiens qui adoraient les oignons, les 
pylh*goriciens qui . respectaient les 
fèves, les cfaartreuit qui ^'abstenaient 
de chair, les trapistesqui se privaient 
de tout, les amouréiijc qui vivent de 
rien , tous opt étéetsont restés fidèles 
à la pomme; aucun n'a renié sa mère 
et démenti le^ pendbant inné pour, le 
péché, dont ce doux fruit est l'em- 
blème. 

- La* pomme est la reine des viprgers; 
elle mérita de donner son nom à la 
déessedes jardins. Elle n'est pars moins 
chèjre aux amans qu'aux <;onvives; 
elle a joué dans l'histoire profane et 



1^6 JOP&KAB BIS :0OtTmMAHD8 

fab4|I^tt6e UQ rôle doq moinsi iHastre 

Îlie d^iis l'bistoire. sacrai Celle que 
'âris donna à Vénus fut aum fatale 
ifua oelie dont U femme d'Adan.^ ré- 
gala soa éfkM&t aprètf s'^e latisée 
aller, aux séductioas du démon» 
. J'ai ouï dire que l'influence de ce 
fiHlit. maudit était enooM ta irause du 
mauvais renom dea Normands, qui 
ont perfectionné l'art de le cultiver, 
de le Yjeodanger et de le confire» La 
Normandie n'en est pas moinsun pays 
de prédilection et d'abondance, un 
paradis terrestra, un. yrai jardî» d'E- 
ckn; et si le^ IHoemands ont l'astuce 
4u serpent ,, le^ Normandes ont la frai* 
cbeur primitive et la nlïveté .un peu 
suspecte, et,pourUiQt très-piquante, de 
ùt bfklle Eve* 

On ptéteod que , quoique Nor« 
maode^ , Qlleà aoni autssî confiantes 
que leur mère lorsque le diable les 
ienie; et j'ai 4u dans certains mora- 
Ustsijs d.u paysde Cauz que si la mère 
du genre humain n'eût pas vendu» sa 
postérité . pour une pomme , mesde* 
W>iéeUes ses.fiUes> sans en eaoeptet 



ip I^lffl-V I 



' BT GflS BBttES. ' 97 

«Qé seule yèmnte, ea auraient fait tout 
aussi bon marché. 

H faut avouer néamxioiDS que lè 
lefitateur jr a mis le prix. La première 
J^auté.^ telle que la peint MihoD, va- 
lait bien qu'on la mit en balance aree * 
toute l'espèce des bommes. Quel est 
celulde se3 descendans qui osât mar^ 
cbander en pareil cas ? Mes chers âmis^ 
9UX ridques et périls de votre po9té« 
rite y je souhaite que la saison^ des 
pommes voiis fasse trouver des Érè. 

Mais ne renouvelons pas ici le$ 
vieilles querelles auxquelles lapobtme 
« donné lieu rm,aiigeons«-en; nous nf en 
mourrons^ pas : succombons à la ten* 
4ation ; le monde n'en' tournera pas 
.plus maUdistribuons-ei^ à nos amies; 
cela ne mettra pas Troie en flammes* 

Grâces aux dieux , il y a ' peu de 
fruits que 1» Providence ail autant 
multiplié que ia pomme^ et quelque 
xiombreuseaquepuissent étte les chûtes 
de nos jeunes £ves ^ il en restera toti- 
foura à moissonner. 

Il y a de», pommes pour toutes lei 
£eU«s } il y en a. pour tous les^aite* 



^8 JOUiIn al des* GÔITftBf AKDS 

teufs; et si nous n'eu avions qu'une 
seule en bous convives nous la par- 
tagerions. 

. Cependant c'esl à la Normandie que 
nous devons les plus beltes , et la supré- 
matie de cette province est recobaue 
^c^puis plusieurs siècles par les pomi* 
vores ^répandus sur la surface de la 
terre. 

C'est aus^ide ce pays de Cocagne 
que nous viennent les poires , ces 
digjnes rivales des pommes , et ces 
fruits savoureux de toute espèce , dont 
nous ferons l'éloge en leur tems. 
, .C'est de Honfleur que l'on apporte 
ces melons exquis et rafraichissans 
qu'appètent nos palais desséchés par 
les ardeucs du mois d'août. Ce sol 
privilégié produit les meilleurs canta-, 
^ups y et l'art et, le travail parviennent 
à peine à faire naître ailleurs avec par- 
cimonie ce que la nature prodigué vers 
l'embouchure de la Seine aux soins les 
plu;5 vulgaires. . - 

Province inépuisable à jamais obère 
aux Gourmands, non «-seulement ce 
sont les fruits les meilleurs et les lé- 



' if DES BELLES. 99 

gumes les plus parfaits qu'on doit à 
«on terroir, c'est aussi dans les pâtu- 
rages du Calvados, de la Seine et de, 
l'Eure que s'engraissent; ces rosbifs 
juteux, ces fcôtes entrelardées, et ces 
coqs vierges, et ces poulardes dodues 
qui ont illustré le lieu dts leur nais- 
sance, non moins que la gentillesse 
des Cauchoises. ' . 

C'est aussi de la côte de Normandie 
que partent les plus beaux ^oissdn^ 
dont s'faonoi^e.ia capitale : raies, tur- 
bofs;, maquereaux, éperlans , etc., 
tous les monstres de la mer ont besoin 
de se polir en Notmandie avant de 
piçenàcé l'air de Paris. Les placeji ^e 
distinction à la balle et à la vallée sont 
pour les arrivans dé ce pajs nourricier; 
l'on fait méaîe l'honneur a^vt jus de 
ses pommes, voiture par la Seine, 
mais exempt du mélange profane de 
ses eaux , de le placer en face des gale- 
ries royales du Louvre ^ à côté des 
vins les plus fameuxde Bourgogne et 
du Midi. 

Toutes ces choses sont surtout abon- 
dantes dans le mois d'août 3 et , la cba« 



yr 



1(6117 de la saisaurdpiuiaotu» nouveau 
prix à la saveur dejg. fruits , la gloire 
CQ appartient particulièremeot à' cette 
contrée où un «avant bas-oormand^ 
éclairé par la^ découverte de^ certaine 
monumens celtû/ues, dont le témoî* 
gnage est irréfragable , se propose de 
plac^ le paradis terrestre* Ce n'est 
j^oint en effet sur les bords dû- Nil 
ou du Tigre qu'il faut le chercher,; ces 
pay s>là ne sont pasla patrie des pommes» 

GasTXRSC ANN. 

Rmcbttmé Alimeht Aires. 



nSS AETICHAUTS. 

\Jn «ompte en France cinq espècei d*arti-* 
«hauts; savoir, le vert, le violet, le rouge, 
le sucré de Gênes et le blanc ji chacune de ces 
espèces a ses avantages et ses inconv^inens: 
Iq Ulanc est plus hâtif y m^i% il estU^petii et 



TV-.. 



t«èf^difiîcil« à éleirer ; le ronge n'^it ben k 
manger que fott jemie à la poivrade; le sucW| 
4o Gênev (kaiit mangé j*m«st trè«-li6ii la ^jre- 
aiîèfe aonée^ mais îi degënèare à nature qu'H> 
vjcilji* ;. le violet est, après les trois que nous 
venoDs de citen, celui dont on fait plus de «a»}, 
mais le tett(einara 'ifulgaris) est celui qné 
l'on cultive plus «ënëraleroent dans nos cli^j 
mais, et celui dont on fait le plus de consom-' 
mation. 

Lorsque les articliauts sont jeunes et tendres 
on ics mange^ à la poivrade; quand ih sont 
d'une grosseur moyenne oil les prépare en fri- 
cassée de poulet, au verjus en grain, àPespa- 
gnoIe, ftit», à la barigpule, etc. ; les plus grbs 
se font cuire à l'eau , et on les mange dans cet 
état soit à l'huile fine d'Aii , soit à la léuce 
au benrré. 

On dessèche au soleil pour Phîver leaucoup 
de culs d'artichauts; on les emploie dans les 
ragoûts, on en fait des pâtés chauds, etc. 

Il serait di£RciIe d'éuumérer tous les services 
que l'artichaut rend à la cuisine; et lorsqu'il, 
manque, dit notre grand expert, M. G. D. L. R., 
c'est une véritable calamité. 

L'avtiehaut devient par les soins du eultlTf. 
ttuc IwKlr d'une' tjrfc^Sr«iidobe«»lif, iUrtoui. 



Aùàif' 



.î.iiî 



102 JOURNAL DBS GOURMANDS 

si on ne laisse sur le pied «pie la maitretse 
pomme* 

L'artichaut cuit est trës-apérîtif, astringent, 
cordial ; il nourrit beaucoup et purifie la masse 
du sang; l'artichaut cru est venteux, pèse sur 
l^estomac, et se digère difficilement • 

Voici une recette qui nous a été denoand^e 
par plusieurs de' nos abonnés: 

Artichauts à la Barigoule. 

Parez trois ou quatre artichauts en^-dessons^ 
coupez l'extrémité' des feuilles, et ôtez^en le 
foin avec la queue d'une cuillère à dégraitter; 
cela failj, mettez vos artichauts dans de l'eau 
fraîche, lavez^les avec soin , et.égouttez-les de 
manière à ce qu'ils soient très^secs; ayez en- 
suite de la friture très-chaude, faites bien frire 
vos artichauts des deux côtés, puis égouttez-Ies* 

Faites un appareil avec du lard râpé, un 
peu de beurre , de l'huile , du sel , du poivre , 
un peu de muscade, quelques champignons, 
échalotes , 'persil ; hachez le tout bien fin , 
maniez-le ensemble , et mettez-le dans l'inté- 
rieur des artichauls que vous ficellerez. Ayez 
une casserole assez 'grande pour les contenir, 
mettez des bardes de lard dans le fond,-plaeéz*y- 
▼01 artichÀûts, sur lesquels vous mettïex encore 



■•^■^ 



r IT DBS BBLl.ES. ^ Io3 

^e1(fae» bardes de lard ; .jnouillex avec une 
demi-cniller^e à pot du derrière de la mamite» 
tt couvrez le tout d'un papier beurre' ; placez 
fotre casserole sur un fourneau y et dès quo 
TOUS verrez bouillir couvrez votre casserole 
avec son couvercle , et placez-la sous le four-» 
seau y afin de laisser mijoter pendant eqYiroxi 
trois quarts-d'heure. Au moment de servit dtf- 
ûceUt les articLautSy ëgouttez -les ; ayez un 
peu d'espagnole réduite f ou de l'italienne; 
joignez-y quelques gouttes de jus de citron: 
mettez une petite cnillerëe à ragoût, de cette 
aauce dans chaque artichaut ^ et servez promp-; 
temenf. 

PÉKDREAUX. ïl) ' 

Le perdreau , attendu avec tant d'impatience 
sur nos tables pour varier nos rôtis et nos en- 
trées, commence à paraître; et malgré qa'oQk 
puisse lui appliquer ce vers d'Orosmane^ 

Jfytt &*••• point ùit pour toi > tn b*«i •■ p«» fcoiohiy • 

nous pensons que la toilette suivante ^ bien soi- 
gneusement observée, quoique simple^ aè peut 
qu'ajouter à son mérite ; c'est celle que les 

(i) Yoyas le cahier d'octobre a8q6 , pege ao. 

Tome VII. u 



Ib4 JOURKAL DfiS GOirkttAVOS 

c&kSBPurs lui fbnl fkire plus ptrtÎGttliëretaMttt 
eu retour dea pl^émièret cbiBiéies : 

Sauté de ferdreaux. 

Ayez six petits perdreaux ^ ▼idet-Iet» flam- 
bez-les légèrenaent, coupez-leur les pattes, et . 
troussez les cuisses en-dedans; ( laissez-les en- 
tiers, ou coupez-les en deux, comme vous Ju- 
gerez convenable;' mais si tous leé laissez en- 
tiers aplatissez -^ les un peà)' mettez dans 
une casserole un bon morceau dé beurre y en 
ayant soin de bien4'étendre, pfacez-jr i^s per- 
dreaux à côte l'un de l'autre, assaisonnez-ief 
de'sel, de poÎTre, d'un peu de muscade, 4* 
quelques échalotes , de champignons et de 
persil, le tout hache bien menu. Un quart- 
d'heure avant de servir mettéz-les sur un four- 
neau un peu vif, retournez -les de temt 
en tems ; lorsqu'ils seront cuits ajoutez nno 
cuillerée d espagnole ou de bon bouillon à. 
votre assaisonnement; faiteiaeiilemeiit dUiuffer 
votre sauce , joignez-y u^ jus de citron , et 
servez. 

€. et B. 



T?" 



I 

HORSD^ŒUVRES. 



•4tait , ùpmme on le sait ,. gounsaod 
par excellence j-soû appétit fut le su^ 
jet de pïusieuri^ épigrammes , et en- 
tr'autres de celle-ci: 

>» 

• M (mfmftiiT ne trouve dans là Biblé 
Rien d'inctoyable ou d'impossible^ 
Siiion quand il lit que cinq paint 
Bassasiërent tant d'humains , 
£t que I pour comble de merveillesy 
On remporta douze corbeilles: 
• • Ipraad Di^j dit-îl ,' pard09ne-m»i j ' 
Ce miracle excède ma foi ; . 
. 8au8 doute le texte en «joute. 
Que n'étais-je là pour le voir ! 
Je ne crois pas que ton. pouvoir 
£a eût fait rester une croûte. 



I06 JOU&VAL DBS GOimVAVDS 

■- ANECDOTE GOURMANDE, r 

Cocu qui ne mange pas àe soupe ^ 
ait tin avocat à un médecin qu'il avait 
invité à diner cbez lui, et à qui il 
avait défendu qu'on servit une cuil- 
lère. Le docteur , qui s'aperçut qu'on 
voulait l'embarrasser, prit son pain, 
qu'il creusa, mit la fourchette dedans, 
jet s'en servit comme d'une cuillère 
.pour manger sa soupe. Il ne crut pasi 
^avoir assez fait que d'être sorti d'em« 
barras par ce moyen, il voulut encore 
embarrasser l'avocat et ceux qui s'é« 
taient' apprêtés à rire à ses dépçns: 
il pr^t Je pain qui lui avait servi de 
cuillère., l'avala , et dit : Cocu qui ne 
jnange pas sa cuillère. 



Il ne faut point se déchausser^ pour 
manger cela. Ce proverbe vielït de ce 
qu'à Rome, quand on allait manger 
en ville , on portait ses pantoufiles , 
que l'on substituait à ses souliers en 
ratrant dans la salle du festin./ 



'n 



■ • ». " . . 

SECOND SERVICE. 

* 

HYGIÈNE DE LA TABLE. 



/ 



Quittons un moment les coteaux 
cbers au dîeu du vin, et ne dédain 
gnoQs pas de descèudré dans les jar- 
dins de Pomone. Cette déesse a ses 
adorateurs si Baccfau^ a ses Ménades; 
et quand le dj^u du tonnerre ne rougît 
pas de déposer quelquefois aux pieds 
de simples mortelles le' foudre qui fait 
trembler POlympe, pourrait-on tirou- 
ver étrange qu'un ministre du dieu 
d^Bpidaure se plaise à effeuiller les 
corbeilles de ce dieu des jardins, dont 
la suj^veillançQ' e^. cajractéf i^e«par.aa 
siogulier attribiit ? Ne baissez pas j^os 



Ïp8 JOUENAX X>BS ;OOUMANDS 

grands yeiix, chastes matrones, et 
vous , l>ea«(és novicea è9ni h ««glf^ 
furtif invoqua quelquefois ce dieuj 



\ 4» 



S^ qttihus hunô ûcuiis alibis ^ ésta'kge^ 

li était .juste ,< ep effets que le diea 
qui pr^siâe a toute reproduction offrit 
lui-n}éni&. le type révéré de la fécon- 
dation , et jusque dans les écarts de 
la docte^ antiquité on aime à recon- 
naître le géoiç. qui anim^ toutes sç$ 
conceptions ,.et la nature personifiant 
ses agens sous les emblèmes sacrés en 
la mythologie j c'est ainsi que l'auguste 
fille de Cérès , habitante de TOlympe 

Sendant six mois , et de l'Erèbe pen- 
ant le reste de Tannée, est l'image 
du blé , dont Gérés en effet enseigna 
aux hommes la culture.^, présent su- 
blime, et qui vaut tous les arts! Mé- 
decins, imitez Gérés; ne faites point 
aux hommes un mystère de vos dé-^ 
couvertes, et la reconnaissance pu- 
blique vous élèvera des autels* 

« Ceit atiejE, me dira qaelqii'aii de nos antears ; 
W période tt Iwguo, û imt vaprcadie halwna» 



i*^>^^ 



U^VWM BBI.|CI$. 100 






\ 



Jït jlvtêH vous sîcd mal d'ëcrire es lihautstyle^ 
. Hé bion » baisBoni d'un ton y » 
£t parloQf du melon* 

L'origincfdu melon est assez incer- 
taine; mais'qu^importe d'pu viennent 
les gen^ pourvu qu'on les mange , di» 
Tait quelque gourmand brutal ^t peii 
délicat sur le choix de ses mets eommé 
sur celui de ses convives; pour nous, qui 
aimonsà savoir ce que nous mangeons , 
nous avouerons que c'est avec regrçt 
que nous nous sommes livrés sur ce 

frave sujet aux plus inutiles élucu- 
rations. Fut-il apporté d'Asie par Tun 
des Scipion , comme le cerisier l'avait 
été par Lucullus / qui , vainqueur de 
Mithridate, se plut à en orner son 
entrée triomphale en mêlant son feuil* 
lage à celui des lauriers qui ombra- 
^^eaient son front? L'autre Scipion , 
«on frère, le conquit-il sur l'Afrique 

Îour en enrichir ses beaux jardins de 
.interne ? L'histoire , si prolixe sur 
tant défaits ipoins iniéressanis, se tait 
$ur celui- çi^ etja reconnaissance cLe$ 



• 



/ 



• 



^^.^^msamx^ ■ m i 



IfO JOURNAL DfiS OOUàBlAllDS 

amateurs' du* melon pour relni* qui l'a 
naturalisé en Europe ne peut atteindre 
ce bienfôiteur anonyme. Au reste , ce 
présent délicieux n'a pu nous être 
apporté que d'un climat^ embrasa» ^ 
en. juger par sa cbair qui est une ag- 
^régation de vésiculeis remplies d'une 
eau sucrée et aromatique.* Ce fruit 
délicat et très-varié tient plus qtie son 
aspect.ne promet : semblable aux der- 
nières classes de la société , s'il rampe 
c'est pour être utile , et sous une écorce 
épaisse et raboteuse il recèle le cosur 
le plus tendre; on remarquera même 
que,, semblable aux bourrus bienfai- 
sans, il est d'autant meilleur, que son 
extérieur est plus rugueux, inégal et 
repoussant; ssi racine est fibreuse et 
branchue; ses tiges sont longues^ sai> 
menteuses, traçantes, rudes au tou- 
cher; ses feuilles sont alternes, lanu<« 
gîneuses , plus petites et moins angu« 
leusesque celles du concombre^ plante 
de la même famille. Les fleurs sont 
mâles et femelles; les femelles sont 
remplacées par des fruits très -variés 
en forme, en grosseur, en couleur et 



n 






^ XT DBS BSLZ.B5. - 1 1 ï 

en saveur; ils sont ordifiairemétkt ou 
ronds , ou ovoïdes, à surface uùie ou 
brodée, ou à côtes>, blancs', jaunea 
ou verts; Técorce est épaisse et dure: 
^ elle recouvre une pulpe blanche, verte, 
orangée ouf rouge, tendre^ succulente, 
fondante , d'un parfum sùàve et quel- 
quefois ambré, 

... » - j è' • ■ ' 

« Et rien qne d'en parler Pean m'en Tient à la 
bouche \» 

au centre est une moelle neigeuse,' 
frangée, odoraàle, contenant dans ses 
cellules, disposées circulairemént, plu- 
sieuts ymeuces dont Pamande,. em- 
ployée dans les émulsions , est émir 
fiemment rafraîchissante et diurétique. 
Elle entrait dans les chaste^ prescripî- 
tions ordonnées aux piepises filles qu{ 
demandâièiit'i' la médecine le secret 
de les débarrasser de leur excès de 
santé ; 'lés ihéchaus disent qoe^ c'est 
celui de tbiis qu^eile a le mieux con- 
servé envers et contre tous» 

Ce/ruit est très»sain danslçs ^npéesi 
d'vuiç température ardente telle q\ie 



çelU-cî,: 6n le ui9Pge avec le s^ ^^^^^^^ 
sucre ^quelques personnes le saiipou^ 
4rent de poivre ^, d'autres Tarros^nf 
de vinaigre; dans quelques pays pi| 
le sert au 4essert; il yaut npieux Ici 
manger avec le bouilli, parce que lc(* 
fermentation des alimens décide isa 
facile digestion, et l'on fait bien de 
le couvrir d'un verre de vin généreux 
^t méridional. Dire que l'excès en est 
dangereux est une naïveté', car tout 
excès est par. lui-même nuisible; mais 
Cet excès est très-relatif, et nous avons 
connu de très-mauvais estomacs qui 
mangeaient très-impunément de très- 
hautes doses de ce fruit trop cafbmnié» 
En effet, sa fraicheur, sa saveur, tout 
indique qu'il est tonique, et doit con-^ 
venir surtout aux estooaac^ qui ont 
plus besoin d'être nourps^'et lubréfiés 
qu'irrités et lestés. Le vin vieux et 

f>ur est , au reste , le mqyen digestif 
e plus sûr k employer $i ce fruit cause 
des pesanteurs ^ çt nous trouverons pei^ 
de. rebelles à cette prescription qui 
nous a été révélée par un des plus^ 
feryeas pontifes du dieu de Naxos* 



• • »Tf DBS BIffLLÏS. i l3 

6eux qin veulent faire à la médèctim 
honneur àt toutes lés guérisons pbur« 
font assurer le succès de cette recette 
par quelques prisée de bon quinquina , 
6U quelques grains de câcbou , et a& 
régiiAe sobre, ndais animal. 

On confit les très* jeunes melons au 
vin^gre comme les cornichons , et ils 
«ont bien préférables j mais la plu» 
docte manière de le$ conserver est^ 
sans contredit , de piquer de canelle 
et de clous de girofle la cjiair de ce 
fruit, dépouillé de sonécorce, et de 
le jeter dans le sucre et le vinaigre; 
^^est une compotte à la fois satubre ^ 
délicieuse , et de garde» Les cbats sont 
très- friands de melons , dit Polygraphe 
dans son Traité de la Gourmandise 
comparée $' et nous lisons dans Ho* 
mère qu'Andromaque nourrissait de 
côtes de mefon les chevaux d'Hector. 

Nous n'étabIrrODS point là longue 
nomenclature des melons depuis le 
melon petit-maitre au pourpoint bro*> 
dé j à la queue verte , au teint vineux, 
au pasfum musqué, jusqu'au meloâ 



114 JOURKÀL DBS GOURMAITDS 

campagnard rond et simpb comme léS 
bonnes geiis'qui le culli\reàt. Le Ha- 
sard, père des mariages, a produit 
' les diverses familles du- melon par le 
mél^jige dés poussières fécondantçft 
des genres originaires qu'on peut. rap«. 
porter à six^ et o£Fre un argument de 
plus aux intrépides défenseurs dé l'é- 
galité des conditions. Ces six thefs de 
soucbé sont: le melon maraîcher, gros, 
rond, sucré, rouge et ferme; le me- 
lon dé Tours, dont il y a trois es- 
pèces , gros , loug et petit : ils sont 
tous trois fermes , succulens et pleins 
d'eau; on les appelle aussi sucrins : le 
melon de^s carmes; il est gros et long,' 
originaire de Saumur, à très-petites 
côtes; son écorce jaunit et avertit de 
sa maturité , qu'il ne faut pas attendre 
pour le manger bon : le melon de Hon- 
jleur; c'est le plus gros àes longs , 
comme celui de Coulomiers est lé 
mamouth dès ronds : il est semé de 
petites galles sur -un fond vert ; il 
pèse jusqu'à quarante livres, et il se 
vend au Havre par tranches : le me- 
Ion de Malte; il est à chair blanche 



ET DES BELLES* li5 

OU rouge,* mais foujëurs. d'une savetir 
sacrée et aromatisée; on l'appelie au6si 
meloà de Candie; c'est celui d'Avi* 
gnon , et il à dans ces climats un œil 
•verdâtre : enfin ^ le Cantaloup , ainsi 
SOinmé dé Cantalupi; village près de 
Rome, où il a été apporté d'Arméoie; 
sa cbair est savoureuse , rougeâtre, (i) 
parfumée , et d'une facile digestion : 
c'est celui dont le^ Noi^maQds et les 
Hollandais préfèrent la culture. 

Après les grandes chaleurs les^ibe- 
Ions sont indigestes et proscrits avec 
raison par les lois de Comus , l'hy- 
giène et la police , parce que le soleil 
expirant n'a pas fini l'éducation de 
CQS enfans posthumes de l'été. 

Le choix d'un melon* n'est pas chose 
facile, et l'on a. dit, en faisant allu- 



(i) On serTÎt un jour chez mademoiselle Ar- 
nould un melon : «rll est bien pâle, dit un 
convive. — C'est qu'il relève de couche , dit 
mademoiselle Arnould qui s'y connaissait. 9 

Tome VIL i» 



ii6 jotraNAK DIS' ooirflfirAiif>s 
sicm à la difiFicalté de les veoeotStiet 
bons et de les garder pour l'usage s 
On peut trouver une maîtresse et garder 
Un, amii il est difficile de trouver un 
ami et dé garder vne maîtresse. Pa- 
villon , poète et gourmand apparem» 
ment , avait dit autrefois : 

Les amis k Theure présente 
Ont le naturel da melon; 
Il faut en éprouvar cintpiante 
Avant qua d'en troiiTcrr un bail* 

m/s. tr. 



1. 

I 



;^t DKS B8I,LI|$. 117 



» . < ' 9 • I ii 



COURS gastronomiq^ue; 



HUITIÈME DINER. 

HANAIVT'YILLB. 

JTxjxsQVB voas avoDS aujourd'hui le plaîair 
de foisédéT ma ittur et ma nîèce y c'est à ailes ^ 
neMieurs ^ à diriger là 'disclission. 

M^® SB VEJLBBUfl. 

. CNi ! point de discnssiôn j je vous prie , inatt 
Ift coiiTersation la pins ind^peadante. Je me 
permettrai cependant, messieurs, une seule 
question : existe-t-il dans la cuisine des princi- 
paux peuples les mêmes dillërences que dani' 
l«nrs langages 6t leurs coutumes? Ce rappro- 
cbement n'est pent-ètre pas le moins philoso- 
phique que vous paissiez faire. 

SAIN T-C H A. B L B s. 

En effet il peut faire connaUrPHofluence 
fijciproque de la gastronomie sur la civilÎM* 



Xl8 JOORIiAL DES GOUaMANDS 

tion , et de edle-ci sur Part des amphitryons. 
Plusieiir8.de ce* messieurs ont voyagé ^ jejtense. 

oxioivivs* 

Je n*ai parcouru que l'Europe; mais j'ai éti 
frappe de Pënorme différence des mets que Pon 
préfère dans chaque pays. En Angleterre le 
rosbif , le bifteck , le pouding | la venaison , 
le porter, voilà le grand régal qu'offre un lord 
quand il veut traiter & la mode de son pays. Ui% 
gourmet de poisson m'y présenta du squale , de 
la chouette de mer {cyclopteruB lumpus)^ ^de Ja 
péiarayde, du flétan et du loup marin: tout 
cela ne valait pas la bonne marée de Dieppe. 
Je passai en Hollande, où le fromage et le 
bœuf salé paraissent sur toutes lél tables. Je 
fushientôt^as de ce régime , etje ioe'pendii».en 
Allemagne : on me fo/ça d'y vanter la sœur* 
kraudt , le kirchewaser, les keneffes. Et les P<^ 
lonais me servirent des merlans cuits dans le 
c^jurcvma : (i) on me donna , il est vrai, du ,viii 
de Hongrie qui me dédoxçœagea. Les seigneura 
hongrois sont de solides buveurs, et j'en ai 
connu qui se vantaient de suer du vin quand îla 
s'enivraient. Mais en Russie je ne pus jamais 






(i^ Terra meriut, gubitanc* qui Mrt à toîtadre ma }ftan« j 



XT DES »BtMS. IÎ9 

nei^àccoB fumer aii eaviàr : (1) je trouyar lea' 
Busses moins délicats que leurs sobres 'voisina^ 
les Turcs ^ qui au riz f au ctSé y an sorbet 
joignent le pilau et le garum, imaginé par les 
Komains. (a) Je traversai la Dalmatie y et j'ar*' 
xivai en Italie^ où je me régalai de polenta ^ (3) 
de macaroni , de lazaignes , de glaces et de fie- 
mage de Parmesan ; j'y savourai aussi les ra- 
violi (4} et le sabaione , (S) que les gastronomesi 
français auraient dû adopter «JSnfin je traversai 
l'Espagne 9 où je trouvai. la cuisine aussi peu- 
avancée que les autres arts. Ilfaut être Sancho- 



(1) Œufs d^asturgeon cooMïTé* dans uns eapèc* d« tan- 
mure. . * 

• (a) Le pilau «st uaa tiraille au risquais* Tuk« attai- 
■oimant av«c le gamm prépasé , «u pilant des poiuona aalés 
«t lécliéa y et en lea laiMant exposés i l'air «iprès les airoiv 
atifibamment imbibée d'bau* adée pour qti'U a'établisfe na 
oommeucement de déo^mpoaitîon) onyiomtdu tfayni) da 
^aurier et d'autres aromates. Cette aanmure'eat noire , pi« 
quante , et propre à etciter l'appétit : elle se payait à Rome, 
dl« tema des empereurs , auaai cher que lea parfuma lea plna* 
précieux. Lea poiasona qui entraient dana sa compeaitios 

étaient l'anchoia , le petit maquereau et le ipan s/nan$, 

(3)L« polenta eet une bouillie faite arec U farine de châ^ 
taigne. 

(4) Bnohia de Tiande» finea et de poiaaon , ronlé en bouU 
•t couTort de p&te. 

(ôyilélange de jaunes d'aaufj} d« sucre | d^aaa dm JUnr 
^'orange et de tia do MaUgl^ 



jpanç'ft'poar troU^^i'bonle pocberD^(i) ou 4'«lTi»> 
podtida, (s) «t 2e gland comegtibJk. Ma foi, 
Bi'iDrîaî-^a à «fton TOiour» il n'est rien tel ^u« 
la France pour la bonne chère et lea ^Iiea 

feainèt! 

' \ÂaiSTopH>ii4iu 

• ' »' « 

Je suis plus avance que vous , monsieur; car 

Tai fait le tour du monde , et J'ai eu souvent 
l'occasion de regretter la plus petite t|Lb]e bour- 
geoise de Paris. Sans suivre un ordre gëogra-^ 
phiqucy. je vous dirai que beaucoup dindiens 
ne vivent que de figues , délicieuses il est vrai y 
nais qui ont toujours le même goût ; qn'ila se 
déialtèr^t avec du vin de palmier; que le 
auif , le vieux, oing sont des mets savoureux» 
pour les Iroquois et les Canadiens; qnelci 
Blalaîs se nourrissent de sagou , de Parbre à' 
pain; qu'ils s'enivrent d'opium et de vin du 
cbanvre :; que les Californiens mangent babi- 
tuellement le fruit du cact|er, (3) et les Brëfi-* 



(i) Btpèce d» Mupe an^ pob. 

(s) YolaillM et viandos boixilIiM «Tec du Mgumat •• r*» 
cfnei* 

(3) Iliutenn «ap^ek douneat dVxcellom 'fruits* L* cortof 
mmmiUarit, le cacius timbHatus, le cac/»« panuiticus, !• 
«•«Mf tmrtU^fitnmê, I'o/ups/m ^ «te. ; ce aout \m t«qiuMei, 
lec cierge» épineux que nom cuitiTOJU «laiu «m serrée* 



VT Mm$ ftBtIiBi» ISS 

I^& racajou^i^inmcii (i). Lf Ami^caîii àjdeim 
civiU9é^c^VW,§aiMthé*mfiumf d'agoutis, di(. 
matails , Ml»»f^; (a) 1» faiv»e.diBiiiiuoc luf. 
tient lieu de fveaif ii|,Xe# P^mvicvs etiet Mexi*. 
cains ^oe pepy0j^t avec ieûr. i»r cliattger 1« goâà 
dis la ca«save (3) «t dM pM«ltcs« (4} Liis £tpa« 
gnoU paitage«t aiV«« eu» la chica^ espèce de 
bierre qu'as n^ {nr^patîeiit pf » avec beaiieeup 
de d^icMeM0 s les. f««im«i^QBtoureiU.iiB tou- 
Beaii j mUcbant du nais ^ le fejfittent dans la. 
i^uve, j aÎQHteiit de P^au^ elTaiU fermeBter. 
£ii GuimS» la euiiÎAejBÎeit pai dière^ on jwiixrît 
«A Ml- un ewlave ayee-btiit qnintaua de imllet 
«n coMJCQMS, ^'op àelièle vingt {vases, l/hev^ 
reux habitant d'Otaïli vif ait MHf nn caoatiei^di» 
fruit et du lait de cet arbre avant que les Euro- 
pe'ens lui eusseni féJté le Toebon et les yices 
du continent. Les Levantins et les Indiens 

• : f »• r J I , > • ( 

(j\jtnaeameiiitm. Cette poniin* rougo <m Uancbe, de 1* 
grosseur d'une petite orange , ronformtf unosulietiûice spoA^ 
{iooèe , aqueuse , d*uii goût acide et asses acre. 

(») I^'agani, le »ar«a et le h»c0fi H»% ém.«iMwa da 
basse -cour un peu plus gros que des poules. . . 

I«*sgoati'mt une esptee4e lapin ayant la finmie et la gr^e . 
seur de ce qu^im appelle impropremaat cochon d'Lidsm 

(3) Farine du creton* 

(4) B.A4ijM da riseroa b«tate, et «nallabk à la f^mm»àm, 
ferre. 



1.22 JOURNAL DSS GOURMANDS 

màcfient le bétel , (<) et n'ont d^aotrêt ragoifit»^ 
que l'ovge ou le ris cuits dans Peau. Les habi- 
tans des contrées polaires se nourrissent a^ec 
de la graisse de baleine f de requin et d'ours ; 
les Lapons broutent de*la mousse-^ (2) et font 
de la soupe ayec de l'huile et de la sciure du 
bois de pin; le Maure- farouche et le cruel 
Abyssinien vivent de datte»! de figues, de 
gomiae arabique et 8e lotier ; (S) le noir Ëtbio-' 
pîen mange du millet et du durra^ (4) tandia> 
que le T^rtare dévore la chair crue , boit du 
sang mêlé de. lait; que les KaUnouks mangent 
des chevaux et tëtent leurs jumens j et que lea 
Arabes bédouins sev nourrissent de lait, de café- 
et de fruit de Sycomove. - 

llANAir.T»yi££B. 

....:-, . . . • f 

Tous ces peuples ont un régime dont nous 
ne nous accommoderions guère. 



(0 Mélange de temboul, etpice de poivre) d^arec et de 
^eos TWe. Ce bétel, Acre etbrèlcjtt, détruit prompCbmeat 
les dents. 

(a) Lichan itlmndwm. 

(3) Lotuf éduUi. Les gousses de cette plante légunûneHs* 
•nt une sareur douce et sucrie comme les petits pois. 

(4) Bolau bicolor, espèce de millet. 



BT DES BEL1£S; ixS 



tf ■ . . - ■ 



Que diriez-Yons donc si yous ëtîes cbeftle». 
OttpmagaeSy ou parmi les peupîades des boidî 
de l'OréBoque y qui mangent de l'argile y de la > 
terre glaise véritable? * 

"«•'■■ ■• ' . 

«Messieurs y n^iutevrompons point, le toya- i 
gemr. 

A&lSTO¥BlLl« ^ 

J'aimerais aufant vivre d'argîlé ^ ao risque ' 
de devenir crache , que de partager le dîner ^ 
''d^unSamoïede, qui met dans^i^e fossiles pois* 
sons qu'il pôcfae , et ne les quinge que lorsqu'ils 
sont en pourriture* Quand je visitai ce* peuple , 
j'avais henrpusément bonne provision de biscuit 
de mer et de bcBufde Hambourg. Je trouvai au 
KAmcbatka des. irblyopbages plus raison- 
nables ; ils me présentèrent du. pain fait avec 
dea poissons séchés, pulvérisés ^ et mélangé^ 
gavec.de la fécul&de lichen. 

V A H A H T-V I £ L X. 

•• ■ 1 

Vous ne i^ous donnez pas une grande envie 
de voyager. 

A&rST-OFHILS. 

Il est cependant dès pays où le gasironome 



19^4 JOUI^NAL DES GOURMANDS 

trouvé des alimens délicieux que l'Europe ne 
lui présente que dégénérés. H n'est pas de fruit 
'qui vaille on ananas^ un avocatier (î) d'Amé- 
rique. En Egjrpte on niange tonte la journée 
ê» fraîches laituei, des oignons et des pas- 
tèques (s) sucréFque l'ardeur du aliinat fait 
trouver encore plus savoureux. Mais pour vous 
citer des alimens plus extraordinaires, je vous 
dirai ^ue j'ai mangé en Perse de la trompe À 
du pied d'éléphant qui m'ont paru très-délicats; . 
que les sauvages ^u Canada m'odt régalé eu me 
servant leur mels.de prédiiectioa...*. un chien 
rôti. 

cl L I N !• 

• Ah y monsieur! ce hon animal n'est donc pas 
chez eux l'emblème de la fidélité ? 

Si.lNX-CBÀ&Z.ES. 

^n est sur qu'ils devraient le respecter; mais 
nous ne sommes pas moins profanes que les 
Canadiens y çt vous avez, belle cousine, sur 
votre assiette une aile de l'oîsean chéri de 
Vénus ; c'est mapquer d'égard pç^r votre fa* 
mille* 



(i) Il rMaemble à aotrv abrlco|.-p4cfce^ ada il ett maûU 
leur. 

<a) M«Ion» d'eau trèt-parfuiné>. 



■a 



jii^^ 



£T IXBS BfiLLBS. 125 

»■*• oB„yt»ysirxL, 

TrèvB. AtK^ commentairea , je ▼oina prie ; 
achevons notie tour da monde. 

A&ISTOPHIXB* 

An Senëgnl et dans la Hante^gjpte j'essayai 
d'un mets assez commun , et qui a son prix : on 
• 7 prépare les hippopotames à peu prte coinma 
nous préparons les cochons pour lea consenrer. 
Le lard de ce^ amphibies est ftrt estime y, leuiv 
pieds et leur queue sur le gril ne dëpareraient 
pas cette table ; mais le ragoût le plus singu- 
lier, et le meilleur que j'aie goûté ^ c'est un 
ignane àt l'Amérique méridionale. 

Quel est cet animal ? 

Un joli petit lésard de six pieds de long^ 
fort doux de son vivant y et trës - succulent 
«près sa moirt : on lé mange firicassé soit aU 
gffaSy soit au maigre , et c'est un des plus ai» 
cellens mets qu'on puisse o0rir à la Sbnsualitrf 
de l'homme. Je mé sonvians aussi de m'4lia 
régalé en Afrique avec de$ santereUcAfritea ijni 
valaient beaucoup mieux que nos goujoni du 



1J;6 JOVRVAL DBS GOURMAHDS 

Gros-Caillou : les Africains les qiettent daos la 
poêle , et les font griller jusqu^à ce qu'elles 
aoieirt croquantes; elles ont le 0ùt de la peaa 
d'un gigot cuit au fout et légèrement rissolé. 
On attribue à ce ragoût une vertu aphrodisiaque 
qui le fait rechercoer. 



]|ne 2)2 vEaHXVXi.. 



Il faut convenir que c^te cuisine est trèt- 
hëtërocHte. 

AlltSTOPftIX.B. 

La différence des alimens n'a rien d'extraor* 
dinaire ; ef comme ils sont appropriés au cli- 
mat , je n'ai pas été plus étonné de manger en 
Calâbre'de la manne sans être purgé , que de 
brouter chez les Chingulais une espèce d'a- 
voine j (i) de mâcher en Chine du mastic 9 et 
df croquer en Syrie des galettes de sésame: 
niais ce qui m'a fort surpris , c'est la coutume 
^es Om^guas^ qui ne se contentent pas , comme 
|es Orientaux, de se laver les mains et les pieds 
avant le repas; ils veulent aussi purifier les 
,«Dtrailles avant de leur confier de nouyeaos 
alimens. 



V 



m •_ _- ^ 



çxf^mmmm 



.» 



BT DES BBtLfiS* Itf 

il A H A V T-y I £ L s. 



Çamment cela? 

AAISTCXPRILS. 

De feunes esdaves avant de senrir le cÛner 
prëseotent arec grâce à chaque convive utè 
tetingue dont il doit faire usage ^il veut faîr« 
preuve de savoir-vivre, (x) Les Onaguas 
poussent même la politesse jusqu'à 9% serviip 
muluellement d'apothicaire* 

Bi ce fart «ftait i^pporttf dans nn roinan on' 
a«eiueraitl*autf ur d'avoir PîmagisatioAMaftir 
•t déréglée» 

UKK Alf T-y X i; i «.' 

A vous^ M. le professeur. 

LX faoFassxvA?^ 

Je n'ai pas autant voyagé que ces messieurs; 
mais j'ai parcouru la Russie, la Moscovie et 
les pays des Barbaresques ; je puis ajoutât 
quelques faits^ curieux à leurs réciti. Je vont 



(i> HiftvlM M TAcaêini» dti Mn/m, «Bai* t^^ 

Tome Vlh t\ 



^ 



128 JOUANAL DES GOURMANDS 
dirai d'abord que je ne mange jaffiaif de diam- 
pignons , non-seulement parce qu'ils ont fait 
përir la femme et les enfans d'Euripide ^ l'em- 
pereur Claude y le pape Clément VII y le roi 
Charles VI y la veuve du czar Alexis , et beau- 
coup' d'autres , mais encore parce que je .crois 
les moins vénéneux trës-indigestes. Jugez quelle 
a été ma crainte lorsque je me suis trouvé chez 
las Osliaques et les Moscovites , qui m'ont .faiX.' 
hoire leur bière favorite faite avec le plus dan- 
gereux des champignons , la fausse oronge ! (z) 
Cette boivson f ou plutôt ce poison , les enivr« 
et les rend furieux. Leur tempérament, robuste 
légiste à ses effets funestes , (s) et la fausse 
oronge est pogr «ux ce que l'opium est pour 
les Turcs y à qui le vin est défendu. 

s A I V T-C H À a. L K •• 

On ne gagne rien y vous le voyea , à faire 
des lois contre Bacchuf ou contre l'Amour; 
et Mahomet aurait mieux fait de planter des 
vignes que de ^défendre les cabarets et d'en- 
fermer les jolies femmes. 



(0 Agaricut muicaricuC, 

(a) lU flont trèt-paHÎonnés pour c«tt« boUton. L^nrine d« 
c«t hommes ÎTret conMrre det qualité! «nimate* , «t i«s 
vàUts U boîTMit <|uaiid ila ne peareat •• grÏMr vainou^tx» 



mm 



' 1 1 ' I li - - - -.»■ ^ 



1 



.ET SES BELLES. ' 12^ 

Tjototatte'y Moïse et Mahomet ont intor^ît 
l'usage des ligueurs spiri tueuses^ parce qu'il» 
gouvernaient des pays où l'abus de^ces boissons 
est plus funeste qu'en France; mais s'ils eussent 
rëgnë près du pôle ils auraient fait comm* 
Odîn et d'autres, législateurs du nbrd; au lieu 
de défendre les liqueurs^ortes ils en eussent 
recommandé l'usage : quant aux jolies femaies 
tout Fiançais sera de votre aviSé 

- CALINS.* 

On dit que les feomes dti sérail ont toutes 
de l'embonpoint ; je ne conçois point qu'elles 
ne maigrissent pas d'ennui. 

J.% P&OVESStVS. 

Les Circassiennel y les Géorgiennes , 1er 
Mingreliennes,, ou même les femmes grecques 
qui peuplent les harems , sont belles-, il est- 
Trai , mais abruties | dépourvues d'idées spiri- 
tuelles ; car , comme dit Figaro , l'ennui a l» 
privilège d'engraisser les sots. Votre taille , 
mademoiselle , souple , svelfe et cambrée , se* 
rait presque une difformité en Turquie : nous 
l'admirons; mais si vous étiez esclave chez les 
enfans du prophète on se hâterait- de vous ôter 
cet agrément. 



GoBunenfy je tous prie, t^ piendrait-oti? 

• v^. ■ • - 

P&OFBBtSVa* 



J*aî vn en Barbarie y ckes un Arm^meB y 
Viardiand d'esclaves , des fenunei destinées aa 
•érail du dey de Tripoly; on les engraissait 
pour sa hautesse à peu près comme nos fermières 
engraissent les volailles dans une mue : (i) 
qmnse jours suffirent pour les mettre en bon 
^tat f car il fallait les livrer à point nomme\ 

CesTutcs sont d'abominables gens! 

LspnoTissxin.' 

^ ' On met ces beautés indolentes dans un 
lien ëtroît et faiblement éclairé ; on les oblige 
iB'être presque toujours couçbéës sur d'épais 
coiMsins y d'observer «a filence assez rigoureux; 
ledr seul amusement est de pincer du tbéorbe « 
ée jouer du tympanon , ou d'arran|;er leur coif- 
iTure devant un mireir* On leur fait prendre 
deux bains par jour j on les masse voluptueu- 



' (t) €Mlm«itûr«^ d« CttUta, pw TuuoétA, ton. ^a , 



** 



mmeùi , oQ donna «vec det eaiflpcat de la soqo 
please à leur belle paaU) enfin on les emp4ie 
myec nne bouillie de fkriné de mais mêl^e avec 
àvL miel, on tfdulcorée %Tec du. sirop de dattei» 
Ce ne sont pas seulemefit les esclavea ^ue l'on 
soumet à ce régime ; toute ^lle prête à se ma- 
rier esf^engraissëé de la même, manière lorsque 
la nature ne leur a pas donné ces appas adi- 
peux n recherchés des Mahométani* 

CAlbirirn- 

Ah! que {e tnis heureuse d'être françaiàe 1 

M .1 i i i ,. ,1.1 a il 'piy I miuij i i'ih I l i a iiii 



\ « 



ENTREMETS. 



ji MM. les Memhres de la 
Société des Gourmands et 
des Belles. 

Mbssisurs , 

Le goût des HoUandâM pour les 
gaufres est connu ; il est aisé de 
croire par conséquent que Tdrt de les 



miT I III- 



l3s JOURKAI DBS GOUHlTAnM 

bien faire est poussé chez eux à un 
très^haut degré. L'essentiel dans ces 
aimables superfluités est de* trouver 
les proportions propres à donner le 
résultat le plus flatteur aujgoût; ce 
procédé est; à proprement parler, un 
secret feu répandu même en Hollande. 
Il v?est point connu en France, et. 
je puis me flatter , sans crainte d'être 
démenti , d'être le seul qui le possède 
. à Paris ^ aussi depuis pluç de vingt->ciaq 
ans que je suis établi au Palàis-Royai 
ai-fe eu la satisfaction de voir affluer 
cfaçz moi les personnes les plus dis- 
tinguées et du goût le plus délicat. 
Arant la révolution j'étais en posses- 
sion de fournir presque tous (es jours 
des déjeuners en gaufres à la famille 
d'Orléans, et ce prince m'avait au^ 
torisé à décorer ma maison de ses 
armes ^ aujourd'hui j'ai le bonheur 
également de recevoir les personnages 
de la plus haute distinction. 

Pleinement convaincu, messieurs, 
qn^un mets aussi délicat ne saurait 
être indiâ'éreut au palais d'amateurs 
qui s'honorent du titre de Gourmands, 



T^ 



XT DES BELLBS* l33ï 

je crois que mes œuvres, sans être aussi- 
substantielles que 'celles de M. Ba« 
bine, aussi lëgèrei et aussi remplie? 
de sel que les vôtres, sont néanmoins 
dignes de fixer votre attention ; je 
m'attends donc en vous les rappelant 
à être quelquefois honoré de vos vi- 
sites. Un sentiment d'intérêt et de 
justice pour un entrepreneur qui a eu 
à supporter des tems moins heureux 
que le moment présent vous décidera^ 
sans doute à faire de moi une petite, 
mention dans votre agréable Journal : 
votre jugement en tout ce qui U^Qt; 
au bon goût ne saurait manquer d'ins-; 

Eirer la plus grande confiauce au pu- 
lie. 

Si, comme je le crois, lepain d'épice* 
de Hollande, qui jouit à juste titre» 
d'une si haute réputation , est de votre 
goût ,"je me fais Un pkisir de vous 
prévenir que ma maison en est la 
seul dépôt à Paris. 

Je demeure toujours Palais du Tri« 
btlnat, n^. 1^4, galerie de pierre , 
dn' côté de la rue des Bons^Énfans, 
Je u'di que'ceseulétabli^ments les 






I;34 JOURNAI* DES GOUKUANDf 

personnes qui pourraient croire que 
celui qui s'est nouvellement formé dé- 
pend du mien sont dans .une erreur 
qu'il m'imporfe de détruire. 

J'ai l'honneur , etc. 

Van-'Roos-Malbii. 



%Note des Rédacteurs.). La rëputation de 
M. Von-Rooi-Malen est assez sncculemment 
^ablie pour qu'il n'ait pas besoin de notre 
sufirage ; mais puisqu'il fait à notre opinion 
l'honneur de la provoquer, nous dirons, en 
tout bien tout honneur, que ses gaufres, tou- 
jours diflicieuses , sontienilent la réputation 
qu'il s'est justement acquise, et qu'on n'aurait 
rien à désirer dans son local , un peu resserré , si 
le choix do ses liquides était d'un mérite égal 
•U4 solides sncrés qu'on y mangea 



< « 



"*j^-y.«s:^' • ' ; — ^ — ■— ^c^ . ^ w m ^ ^ ■ — ■ «P V -7 



BT DXS BELLES. t3i 

DESSERT. 



ARISTENETE 

AUX JOTEfuX DESISÊRYANS 

DU ROCHER D£ CANCALLE. 

iiusiQvi DE Biincai. 

VJuiKtoNintfki du Roc de Cancalle^ 
* Vous ramenez le bon vieux tems: 
Je m'accommode en cheveux blancs 
De votre solide morale , 
Et je la prêche aux bons vivans. 
Jadis j'étais friand de gloire ; 
J'ai fini par n'y plus songer : 
Pour être heureux il faut manger/ 
Caresser sa dame et bien boire ; 
Il faut aimer, boire et manger, ( *•"■"• 
Il faut aiœerj manger et boire. 



iZ6 JOURlIAC DBS OOU&MAUDS 

Pendant sept ans sur ta colonne 
'" Quel passe-tems eut Shmîon? 
Il y jcânaity me dira-t-on. 
Le beau plàîsîr que l'on se donne 
A gober l*air!... Eh ! bon, bon, bon! 
Le ventre à table ^ il est notoire 
Que mieux faisait le gros Roger. 

Pour être heureux il faut manger^ etc» 

» 

La triple ardeur qui vous signal^ 
Se manifesté par vos chanta; ' 
Il ne me reste que deux dents , 
Et cependant je me régale; 
Car je vous lis*., et vous enteads! 
Dignes dès fastes de l'histoire y 
Gardes-vous bien de déroger: 

Pour être heureux il faut manger^. e/c« 

• 

Ici-bas tout nous iait envie; 
Las ! k quoi bon ? sujet on roi , 
Il faut subir la même loi ; . 
Et le jour qu'on quitte la vie 
On n'emporte rien avec soi. 
Bien fou qui pense à l'onde npire! 
Que gagne-t-on à s'affliger ? 

Pour être heureux il ikiit manger; etc. 



ET BBS BELLE». 1S7 

A.veiiir^ c'est à'toi 1« terre: 
J'bërite; nii autre héritera ; 
Ma nymphç à d'autre passera ; 
De ma fpuicherte et de mon verr* 
Un autre un jour se servira ! 
Jouissons; sors de ma- mémoire.^ 
Triste instant dé dëmënager. 

Pour etr# heureux il fautïnauger, etc* 

M. FiLTX NoaAasT^ abonné (U, 
Paris, 

• • • I 

PIERRE ET PAUL, (i) 

▲ZB: Janaoa uiuuuyiCttMn«s lUt fl«an. 

Vous rappelez dant Totf e nom 
D'un grand ami le digne apôtre , 
« Dont le cœur doux y sincère et^bon ^ 
Semble revivre dans le vôtre. 
Pierre aimait tant la vérité ^ 
Qu'un seul instant l'ayant trahie^ 
Ce moment de légèreté 
Lnt pUuref toute sa vie* ^ 

(t) C*upl«ti do fAte poiir im père d« CunilU qui i^pp«ll« 
• FUtf , «t dont !• gendre «appelle ïttmL 

t 



> 



'/ 



tS8 JOURS AL DBS eOURMANDS 

Dans ta. jeuneoie il commeH'f À < * 
Par tendre aux poiaeoiit det amorces } 
Pois lur les hommes eksMrça 
Si hiéa et son art et ses forces y 
Que tons y eâipresstfs de pourvoir 
A sa fatigue sans seconde , 
Vinrent le prier de s'asseoir 
Sur le meillenr siège du monde* 

• 

Sept ennemis des trois Vertus 
Les voulaient chasser de la terre | 
Pierre, après les avoir battus , 
Sa pardonnant finit la guerre. 
Aux Vèittianii tetbpk élevé 
Consacra la gloire de Pierre, 
Et l^onneaf loi fiit réservé 
D'en poser la première pierre. 

Un jour la Vérité loi dit : 
« ' Je sais encore un bon apôtre 
e Dont 'je suis sûre que l'esprit 
c Est prêt à seconder le vôtre. 
« Par votre exemple il est instruit 
€ A choyer les vertus qu'il aîmi 
« Pou/ vous fera cueillir du fruîl 
. é O^ vQps avec planté voas-j&hae*' 



7 



ST DES BXLI.K8. iSg 

Pierre, docile à ces désirs , 
Connut alors tout l'avantage 
Pe ▼éraer peiaet et pUifiit 
An seîn d'un cœur qai les partage ; 
PbÀ la Vérité^ tour à tour - <* 

Du ttais leoT abrégeant la course , 
Leur dit : « Partez ^le même jour < • 
. « pour mieux me connaître à toa tfource* d 

DaQs leur asile précieux 
Tout était arrangé de sorte 
Que l^iuil arriverait aux cîeuz ' 
Quand Pierre en ouvrirait ia porte; 
Aussi Paul, bénissant son sort^ 
SVcria d'aise et de surpriseï 
L*ami dont j'eus mon passeport 
Est encor l'ami qui le vise. 

» 

% 

Si dans le s^out éternel 
Chacun des deux patrons figure, 
Si la vertu rend immortel j 
£st-|l pour, vous plus doux augure? 
MAis à l'attrait de leurs grandeulns 
J'en oppose un pliis sûr 4|ne l'aatrê i 
Vous avez la clé de nos cœurs; 
Réservex-noos celle du vôtre. 

M. Livjoif. 



^0 ^ foxnx mttKjûak^ U allai» {•Ht'» 

Tmne VIL «4 



I40 JOURNAt DBS GOVRMAKDS 



■■ * ' \ 'y 'jj .«AJ B g 



ON NE PERD RIEN POUR ATTENDRE. 

Sur pluticiun aira c<mniu , «t prineipAltomenl tor pvlûf 
J^itaU bon chasteur autrefois* 

Po.; bien commencer un din«ç,. 
Si le Bourgogne est d'étiquette 
Il ne faut pas pour terminer , 
S'attendre à boire la piquette; 
Maïs dans la nieilleure maison 
N'allez pas vous y laisser prendre ; 
D'attendre on a toujours raison... 
Quand on ne perd rien pour attendre* 






Dans ie grand monde répandu ^ 
Las du faste qui l'accompagne ^ 

1res avoir bien attejidu 
Célicourt cbercbe une compagne; 
n veut être époux ; car il voit 
Que tôt ou tard on doit se rendre : 
Puisqu'il faut qu'un jour il le soitj 
// ne perdra rien pour attendre* ' 

L'autre jour, malgré la thaleur. 
J'étais à la pièce nouvelle; 
Je m'intéressais à l'auteur, 
Et je Tonlab prouver mon Mt* 



.H^ 



■ f **». 



J 



\ ET DES BCLtBS. .I4I 

Halgrë mon amîtië pour lui , 

Les premrers vers m'ont fait com^re^drt 

Qu'il fallait m'attendre à l'enuui: 

Jt n'ai rien perdu pour attendre» 

< 

Figeac fn« dit : « Dépuis long-tems 

« A mé vexer on s'habitue: 

« Arrangez-^ous , je vous attends; 

« Il faut , mon cher, que je vous tue* 

« Mais )é vous remets cette fois, 

« Car je hë' sais auquel entendre: 

M* Je vous tûrai dans dix-huit mois j[ 

« yous ne perdrez rien four attendre» » 

• 

Si l'ami lié de nos repas 

Kous ftiit un plaisir délectable ^ 

Mes amis , ne nous pressons pas; . 

Nous n'avons pas loué la table ; 

Bt si là^bas on nq^ attend 9 

Le plus tard tâchons d'y descendre ; 

Attendons la Parque en- chantant :, 

Nous ne perdrons rien pmur attendre» 

M». AlfTIGRA^ 



149 JOURHAt DIS OOUEVANDf 

LA POULE; 

CB Air soir. 

Air du ▼•ud«TUl« au. BémttaUoCi 
eu / T«Bss I moi )• ttii» tm boahmam»* ■ 

. y i ▼ B Comntl vive la JoieL.« 
Un jour aous leurs drapeaux charmanaf 
Fourchette en main, j^ai chanté Voie; ■ 
4 'ai vu êourire lea Gourmands. • 

; ÇhoisiasaiH^ encor dana la foule 
Des bétes qui s'offrent en bipe , 
Lorsque je veuï fêter la pouh I - . 
Pttissë-je paraître un bon coq! / 

Quand le rossignol petitHpaltre 
. £n soupirant file des sons , 
Qu^nd Vailouetif, |)Ius cbampètre, 
Peint ses désirs par des chansons , 
Quand le triste ramier roucoule 
Ses amours vraiment ennuyeux, 
Hie coq peur séduire la poulfi 
Chmte bien moins et fait bien mienx. 

(t) J^aà tait vne oIuumob lur Voief voyes (ri root TOuieB) 
MMad'^ume. (Lm trois Tolumot «!• mes chi 
VBC* GapoUfiotBmuad.) , 



IT DBS BBI^LBSJ 14S 

J'aime les CBufi à la mouiUB|fo^ 
J'aime les œufs pocbéi , «u |«f ^ 
J'aime les œufs en omeletle y 
Et les œufs brouilles au verjus, 
'Des ^ufs je respecte le moule; 
£t,... de Çpmus digue suppôt I 
Jamais je n'étrangle une pouU»** 
Que pour mjUire la poêtU au poi» 

HaifTQ Ji^autùut, ^rAtenr eur gage. 
En m'ffeereliaBt mm dégraissant , 
S'est promis d¥p|iisÉr| j9 gage ^ 
£t tout mon 01 et fout mon sang«> 
Quand soos lés griffes moB sang coule 
Je lui ^s: « Munsieur l'usurier, 
« Jl faut savoir plumerlapouh, 
éL Etim pas lafcùfe CfUr* » 

Heureux printeus de nos années !••• 
L'homme épuisé, faible, engouxdfi 
Pendant tes plus belles journées ' 
JK>rt bien souvent jusqu'à midi; 
Puis il se plaint que tu t'écSulést 
II a tort y le fait est certain : 
1^1/ serouchait comme les poules 
Il serait Uvé plus matin» 



*' 






^X--. 



144 JOURNAL DES GOURMANDS 
O mes amis! que La Fontaine 
Est tout à la fois simple et beau ! 
J'applandCs , j'applaudis son cb6ne, 
Son loup, son renard ^ son corbeau. 
Dussd-je attraper une ampoàlei 
. J'applaudis, j'applaudis y cor 
Ces vers qui d'une simple poule 
Font pour nous la poule aux œufs d'an 

Je ne saurais , je tous l'aTooe, - 
Sans passer ponr un babillard,^ 
Parler de la paule qu'on joue 
A la boule ainsi qu'au billard; 
Et du billard 9t de la boule 
Je ne dirai donc Tien. •• sinon . 
Qu'avant d'y crotfuer une poule 
Il îêut plumer pbu d'un dindon* 

A la gaîtë ai je me livre. 
Pardonne, inflexible Destin , 
C'est que je lis sur ton ^rand livre 
Que le présent seul est certain : 
Chaque feuillet que tu déroules 
Avance l'instant où jUrai, 
Après avoir chanté \eapotdes. 
Garder celles de mon cur^, 

M« AaiiAirD-Gourri» 



■'^•r 



..> 



ST DSS BfBLLBH; 146 






N'Y P.ENSONÇ PA& 

AiM t C»iiMrr«s bim la paix dn coBur. 

JS B pensons pa^c'ett le moyen 

De bannir tonte ii^quîétude : 

A son sott peut<pon changer rien? ^ 

Le Destin rit de notre étude. 

Pourquoi perdre son fems, wi pas ^ > 

£t s'agiter avec démence? 

IBi rien ne va bien ici-^bas , 

Lé monde va... sans qu'on y pense. 

r 

Pour être riche en ce pays 

H ne faut'taléns ni courage; , 

On fait fortune dans Paris 

Dés qu'on sait soaffrir un outrage: 

On prend femme avec des appas, 

£t des amis dans la finance; 

Du reste on fait fort peu de cas, 

ISt l'argent vient. •• sans qu'on y pense* 

J'étais vraiment rassasié 
Quand j'ai pris place à cette table; . 
Mais au banquet de l'amitié 
Être oiiif c'est dtre coupable: 



140 JOURNAL DÉS OOUlLlfAVDS 

Quand on Toit des mets àélicaJU 

On e«t tente par l'apj^arence; 

On coûte un plat j 4eux plats , trol» pUtt^ 

L'appétit vient. •• sans qu'on y pense. 

JPalttie les rert et^ chanlbns; 
Mais pour rimer un vaudeville 
Si l'on connaît raille façons , 
La mienne est bien la plbs facile: 
Ches Balaine avec Philipon 
On vient rire et faire bombance; 
On y trouve Piis, Laujoui 

^ £t l'esprirvient.*^ sans qu'on y pense. 

• 

£pronve-t-on quelle cbagriui 
Veut-on dissiper sa tristesse, 
Dans un bosquet des le matin 
On s'égare avec sa maîtresse : 
De noi rcgreté, de nos soucis ' 
Son cœur reçoit la confidence , 
Etbientàty cbassant nos ennuis ^ 
Le plaisir vient*. • sans qu'on y pena». 

Quand on possède assea de bien f ^ 
Un peu de gloire et douce amie , 
' Qu'on ne désire et ne craint rien y 
Quel songe aimable que la vie ! 



■Bii 



IT PIS BBLtis. 147 

Le jour qoî le vènra ûnii 
Paraît idana un lointain immeue*, 
£t, toajoan me de plaisir^ 
L'ame a'eli V|i«.. sans qu'on f pense* 

< M. CsÀALIS Sarteoutills* 



SâSBBBBSâ 



OS 



ARRÏVIE QUI PLANTE, 



« 



OmAtlêOV PBI.LOSOFHIQVB. 

/ * • m 

J3I0VS voyons des sots, def footi 

Des poltrons, des braves; 
Nous voyons planter des choux 

Et planter des raves: 
Lorsque chacun s'arrondit, 
Moi , sans argent, «ans cr^t, ~ 

Bravant les chagrins. 

Par de gais refrains 
Tour à tour, • 
Chaque jour, 

Je ris et je cHante i 

Arri9e 4/141 plante* 



X48 JOURHAI^ 1>'8 «fOUHlfeAl^DS 
Si î'emtre dam un jardin y 

En vrai gastronome 
Icije prends un raisin , 
lià'bas une pomme f 
Et lorsque j'ai 
Bien mange 
Je m'applaudis , 
Et )e dis: 
En tout temS| sans Imiîty. 
Cueillons chaque fruit; 
Oui y mangeons I 
RaTageons , - - 

Brisons chaque plantes 
jirriye qui pltjuile* 

Quan^ jadis pour nous punir 

Dieu fit le dëluge, 
Noë sut ée prémunir 

Contre ce grabuge; 
Et quand le ciel fut serein , . 
Aussi léger qu'un serin , 

Noë, bon humain y 

La vigne à la maisr. 
Sur le haut 
D'un coteçiu ^ 

Seste, se présente: 

arrive qui plante^ 



• » 



^ BT D1SS BZLLJtS. ^ 49 

Autrefois monsieur Gri<juet , , 
Trottant comme un cuistre ^ 
JÊf^All&ît planter le piquet • 
Chez plus fl'un ministre ; 
Aujourd'liuî , dans son fauteuil f 
11 se dit avec orgueil : 

Qu'on -vienne à son tour 
* ISous faire la cour; . 
De nos pieds 
Fatigués 
Beposons la plante : 
Jtrrive gui plante. 



L'an passé le vieux Mondor 

Epousa Julie; 
Pour elle il n'a pas'encoT 

Eu de jalousie. r 

Dormant bien toutes leanuitSy* 
Le pauvre homme , exempt d'ennuji^ 

Quand le jour a lui 

' S'en va de chez lui; 
Il sourit y 
Et se dit: 

Ma femme est constante; 

arrive qui plante* 



/' 



l%6 JOURNAL DBS GOURMANDS -* 

L^innocente Maâeloil , 

"D&at le coêtt ]^il)e y 
Disait : a Mon diâa ! pourquoi doii^^ 
ff Svh-je ton jours flUe? ^^, 

/ € Vous ine dites qn'un épottx 

m pst méchant, gronctenr, jideRz: 
c La tante à Bastîen 
« M'a vanté le sien; * 

r J'essaîrai , 
« le verrai 4 
« J'en veîik un , ma tante: 

Bans le petit jardinet ' 
Ou gai vaudeville ' 
Autrefois on moissonnait 
*Des roses par mille; 
Mâia Boè premien^ 
Chansonniers y 
Dépouillant tous les rodeis^ 
Se sont d^ tottî bas: 
Prenons nos ébats; 
Après nous y 
Voyes-vous, 
Si l'on se .présente 9 
Arrivé iiui plante. 

M. BjLAZiia. 



r '■ ■»■ 



Et 1>£8 BStLXS» l5l 

CUANSOn §UR-SN DES lEOTS DONNAS. 



LES 6ÊRBËS. 

à.im i Dans la p^ak «t l%uoc«ne«. 

PouB yéit «n-fen d'artifice 
On accourt de tout let lieoz , 
Et l'on voit avec délice 
Jjezgerhes monter aux cienx* 
CpsgefbesAk iMit tuperbes. 
Je ne saurais le nier ; 
Mais je préAre les gerbes ^ 
Qu'on monte dans un grenier» 

Ah! comme la gaittf brille 
Parmi les hommes des champs! 
An travail garçon et fille 
S'encenragènt par leurs éhanl» ; 
!Et des vieux et deâ,imb^rbet 
Le plaisir guide les bras : • •• 
ils ignorent qu^ leurs ^^r&e^ 
Sont pour noufrix des ingrats. 
Terni ^11. » i& 



t52 JOURNAL D8S ^GOURMANDS 

. N'admirant que sa naissance , 
Un ignorant' sans p'adeuf} 
Bouffi d'orgueil y d'insolence , 
Méprise l'agriculteur: - 

•Sot digne de brouter l'herbe , 
Souviens-toi bien qu'autrefois 
Labourer, faire une gerbe 
Etait l'ouvrage des rois. 

Moissonneur tendre et fidelle^ 
D'amour vivement épris, 
Moissonne, auprès, de jsa bell* 
Plus de baisers que d'épis; 
A propos baissant le verbe y 
Lorsque s'enfuit la clarté , 
Il fait souvent d'une gerbe 
Un trône à la volupté. 

P. LsDOux, abonné de Paris* 



Les trois sujets de chansons proposes 
à MM. les Abonnés pour le mois de Sep- 
tembre sont:/tf^ Cascades, la Sainû" 
Michel, Grégoire, patron des bureurs. 



\ 



ET D88 BELLES. l5S 

LE CAFÉ, 

. ou 
L'APRÈS-DINÉE. 



PRODUITS 

DE L'INDUSTRIE GOUBMÂNDE. 

* 

4 

Fourneau^déjeûner^ 

Apais avoir donné aux indigens un potager 
économique I M. Cadet - de -Vaux offre aux 
Gourmands un fourneau ej^péditif sur lequel se 
placera la petite casserole de voyage que nous 
avons annoncée dans notre cahier de juin. 
Nous avions fait un appel à la philantropia 
éclairée de notre savant collègue, et il y a. 
répondu par cette invention ingénieuse. SI 
nous voulions la parer d'un nom scientifique , 
nous dirions qu'on peut l'appeler téUtherme 
DU UUcoque^ car ce fourneau cuit un.déj^ûner 



iS4 JOtrBwix BBS ooubvavds 

pins rapidem^t que le t^gràphe ne transinet 
toe nouyelle* Lorsqu'on dine chea un reatan^ 
rateor, et qu'on demande au garçon de seirlce 
un bifteck,. une côtelette, il répond toujoara: 
oui, monsieur^ dans la minute, et il vous 
•ert une demi-heure après. Mais que \e^ Vérj, 
les Legaçqne , les Beauvilliers, les Grignon 
suioptent dans leur cuisine un mode pareil au 
fourneau 'déjeuner, et leurs garçona seront 
tout étonnés de ne plus mentir* 

Ce petit fourneau en tôle vernie se compose 
d'un fojer et d'une étnye j deu]| petites cafe- 
tières plates reposent sur l'orifice de chaque 
partie du fourneau , et chauffe par le moyen 
d^un morceau de papier qu'on allume dans la 
foyer. Trois minutes suffisent pour faire bouillir 
du café, cuire deux œufs, rôtir deux côte- 
lettes; nous en avons fait Vexpérience montre 
k la main , et nous avons brûlé par essai moins 
d'une^oDce de papier. Cette rapidité est à peine 
concevable; mais nous avons remarqué que 
tous les papiers ne chauffaient pas également c 
les billets doux font un feu vif, les dossiers 
d'affaires un feu lent ; il est des feuilles pério- 
diques qui donnent «une flamme active; il' en 
est qui semblent éteindre le feu au lieu de 
l'allunaer. Allons, messieurs les auteurs de 
vaudevilles, voilà de quoi vous égayée. Faire 



•<. — -m^^ 



\ ST DSS BIELLIS*. lS5 

çi^ûe son dëjeûniçr en trois miDute3. avec^n 
joaroaly avec le mémoire d'un créancier, li^ 
lettre d'une jolie femme, ou plutôt déjeuner 
avec elle en brûlant la déclaration d'un rival.** 
iguelle source d'épigrainmes l quels yéritable§ 
camouflets! Voyez ce gastronome voyi^euç 
^i sans sortir de sa chaise de poste se sert nn^ 
xepas chaud & trois services; voyez ce chasseur 
qui met en salmi une perdrix aus^i vite qu'il l'^ 
tuée; voye2... mais nous reviendrons dans notre 
prochain cahier sur ce bijou gastronomi<|Qe^ 
que l'on trouve à Paria chez M. Schulders., 
très -habile chaudronnier, rue des Francs* 
Bourgeois, près la place 3ainV%Michel. 

Tablettes Jbndantes. 

» 

/ 
L'AsniivB, obstinée de la ^9^^m non» <dl>lig» 

^e rappeler à n<|p abonnés l'annonce que nous 
leur avons faite dans i|Otre dernier Cahier. 

On sait que depuis plusieurs années lo na^ 
fasin du Fidhle Bifsrgzr, rue d^a Lomb^dsi 
connu depuit un tems wmév^ml pur Ml 
«zceUentes dri^s, par set, c<)nfitBiM 4éM^* 
cienses, etc., offie des ttileUes fondaniç^: 
ayec lesquelles on fait sur4o-€hai9p ? et f ai; I« • 
prpci^dé le p^iis simple, une carafe d'orgeft, 
de limonade ou d'oraagead^ 



f 



«>«.•.« 



/ 



x5£i JOUBMAL DBS 60VRHANDS 

Ces tablettes y d'un mérite reconnu ^ se con- 
servent en tout tems, et sont d'une utilité gë- 
nërale en etë ; 'elles sont surtout d'une grande 
ressource pour les voyageurs et pour les per<- 
•onnes qui habitetit la campagne : elles sont 
renfermées au nombre de douze dans des petits 
coffrets portant l'adresse du Fidèle Berger, 
afin de prémunir le pubftc contre les contre- 
façons. Chaque coffret se vend 2 fr. 5o cent* 

Le magasin du Fidhîe Berger n'a de dépôt 
de ses marchandises en aucun autre lieu de 
Faris que dans là rue des Lombards. 

Sirops. ' 

Novs recommandons également de nouveau * 
à nos abonnés , et plus particuliërement aux 
dames, les sirops de mademoi^Ue Daubignie, 
auccèMeur du célèbre Baudson j rue des Prou- 
vaires, n^. 32 , à Paris* 

Dans notre Cahier de Mars de cette année 
nous avons rendn un eompte avantageux d« • 
* cette maitoii en' donnant le ta}>leau et les prix 
dé «es sirops y supérieurs sans doute à tous ceux 
que l'on peutie procorer dans la capitale j el 
auxquela les dbaleurs excessives qui nous ac- 
eablent donnent tfB nouvel intérêt* 



y 



ST SES BELLES. 167 



VARIÉTÉS. 



HISTOIRE DE L'ORANGE. 

I^UAHD finit lerëgnetrop court 
De la fayorite de Flore ; - 
Quand Zëpbir tf istement parcourt 
JLes champr que l'été décolore, 
Hecueîllant les pleurs de l'Auror* 
Et les rayons du dieu du jour, 
Ij'ora/t^er fleurit à son tour : 
Telle qu'un brillant météorr^ 
Sur «a tîge qui reverdit ' 
Uorange en globe s'arrondit f 
Et l'art de Pbmone applaudit 
\ Au prodige qu^l fait éclore» 
Des fruits il est le plus exquis; 
Son parfum éf son colbris 
font plus agréables encofe* 



ttMBrib^ 



fc".. "•» 



J5Q JOURN^l^BlS 009RIUNDS 
C'est, dit-on, pour ce fruit dina 
Qu*Ève vendit le genre buiMiiii» 
II dut être excellent sans doute , 
Estime pat ce qu'il Qoas.codt«: 
De son prix il n^a rien perdu; 
Il est consacré par la mode *^ 

Comme s'il.était défendu; 
Et, d'Eve suivant la métliodey 
CUoé respire son odeur, 
Gl^értt Téçlat de <a couleur^ 
Et s'abreuve de sa- liqueur* 

De ^SQ4 revtr9 etd^ vk glem 
Grand fut l'effet, longue est lliîstoir*: 
Dès ^ue la famme rçipirf p 
Mécontente de son pariage.i 
Chacun ^ait qu'elle mpr^ura^ 
Et qu'à régnc^r elle a^pira^ 
«r ^t-cç dai)8 l'ombre d'un ménage 
e Que doit Y,<^geter igiaoré 
« Uu sexe l( qui tout ren4 Hommage? 
« S'il est né ppi^ être adoré, 
« Dit-elle , il doit, être admiré, a . 
A l'obsf^r pl4isir d'être t^ém 
Chacune qu efiet pr^féf a 
Les honneurs que la Renommé* 
Par fois^aux belles |>rocur|i: 
Wais avec cpittp fafiiài^ 
, On vit nail];e l%.jalqu8ie j 



1^ ^ 



XT DIS 3KLI^BS* 189^ 

Sar la b«aufrrop disputai 
Comme 4b miroir des coçujpftei 
N'ornait pas encor les toilettes f 
C'est l'amant que l'on consulta: 
Soit franchise, soit courtoisie y 
Illuston ou ganterie , 
Chacun sans hésiter jugea 
Sa maîtresse la plus jolie; 
Mais tout le monde en appela. v 

Cette cause enfin se porta 
Devant up juge qu'on cita 
Comme expert en galauterie: 
C'est VçFange qid fut le pm 
Quey;pour terminer la querelle^ 
Au nom des djeux , à la plui hella ^ 
But présenter \p beau PlLris. 

Trois déesses d'an (fiil d'envie 
Se disputèrent ce trésor 
Que les dieux ^ chacun pour sa iiiÎ6f 
Voulurent embellir emcort 
Hébé l'epipreigâit d'ambroisie; 
Pltttus la détrempa dans l'or^ 
Sous son^écorce Ganimëde . 
ûlissa deux gouttes fie neclary 
£t pour la gloire d? son art 
Esculap» en fit un remëde« 
Elle à gardé tous ces présvns; 
C'est poui'^oî da^is la main doi belles^ 






-^_ -r* 



ï6o JOURNAL DES OOMMANDS 
Des malades et des gourmands 
On voit ces pomtnes immorteiles. 

Dé cet arbre, au hasard planté, '« 
Danigereuse ëtait la culture. , 
En attendant que la naturo / C 

Multipliftt pour la beauté 
Ce trésor de la vanité ,' 
Dans It jardin des HespévîdM . 
Sons bonne garde en l'enferma; 

A Pabri des bouches avides ^ . 

* Pour Jupfter seul il germa , 

Et contre le seie rebelle 

Un dragon preste et violant, 

Gueule ouverte, œil étSncelant| 

Jour et nuit faisait sentinelle. 

Dans ce tems-là, mâle ou femelle ^ 

Le plus populaire dragon 

Etait servi par quelque belle , 
' Soit qu'il en agît avec elle 

De bonne ou mauvaise façon; 

Ce fut même par fois le ton 

De livrer en cérémonie 

Au noble appétit du glouton 

La fille la plus accomplie 

Que l'on connût dans le canton. 
Pour suivre cet usage antique ^ 

Dmit il adoucit la pratique , 

Dam son jardin Jupiter mit 



BT DBS BELLES. 



t^t 



(Quelle fauté énorme il commit!) 

Sept filles, certes, fort diacrettes^ 

Mais qu'il n'avait pas fait muettes. . 

Le- secret bientôt transpira. 

On vit de loin briller Içs pomtoes; . 

Chaque ^f6mme les désira,,. 

Et même, je crois, quelques hoiiimts« 

Jupiter sans doute espérait, 
Car le bonhomme était crédule | 
Que le sexe respecterait , 
Cette défense ridicule , 
Tant qu'aux portes du vestibule 
Son terrible Argus veillerait. 
Oipphale un jour devant Hercule, 
A dessein parla du dr.^^p; 
Il expira sous le bâton. 

Je laisse à juger de quel zële 
Le sexe vengea son affront ! 
Combien au pillage il fut prompt! 
Coquette, déesse ou mortelle, , > 

Bergère, dame ou demoiselle, 
S'atlribuant quelques débris 
Du présent offert par Paris, ^ 
Des belles se'crut la plus belle; 
On ne t}ù plus de la laideur 
Distinguer la beauté céleste ^ 
Et la femme la plus modestç , 
Cédant 4U torrent corrupteur^ . 



i^% JOUftllAL DES GOURHAirDS 
Bat besoin d*an admirateur. 

D'Alciie l'utile courage , 
lihi rtoficitià Jimon 
Pour quatt'e jèurs au moins, dit-on* 
£ft orange on sait c[ùe pour gage 
Iris feignît^son écusson. 

1L^ A'moiir, obseHatëur habile , 
Fit son profit àes pommes d*or : 
C'eit à Taidé de ce trésor 
Qu'Hîppomëiie, adroit plus qu*agiie,' 
D'Atalapte arrêta IVssor : 
Dans le cœur le plus difficile 
D sert à péne'trer encor. 

On choya la plante nouvelle 
Pendant huit jours du même zèle; 
On l'arrosa , la transplanta j 
puis enfin l'on s'en dégoûta. 
Cependant Vorange est encore 
Ans fruits lesptus beanz , les meilleurs 
O qu'est la rose ans autres fleurs \ 
Ce qu'est la beantë <Ju'on adore 
Anx objets les pins enehanteort. 
A la rose le prmtems donne 
Lo pinemier rang parmi ses tttvn: 
là orange règne avec l'automne 
Par ses paHums'et sies conlènfi^ * 

Ma Lile règne Sur lés ctitar^ 
Ton» lei jonrs fAlnonr la tehrou^t 



ST DSS BELLES. l63 

O m^ Lis6, n'imite pas 
Ce9 InseTisiblesy ces ingrats 
Que Ton voit , lorsque de Vorangc. 
Ils ont exprimé la liqueur^ 
Jeter l'écorce sur la fange! 
Que jamais ce (resor vanté 
K'ëprouve ton indi£férence : * 

S^il fut le prix de la beauté • ' 

n peut l'être de la constance. 
Ses débris, gardant sa couleur, ' 
Se dessèchent sans se dissoudre; 
Sbnécorcoj réduite*^D pondre ^ . 
* - Exhale encor sa douce odeiir: 
Conserve-la près de tbn cœnr ; 
Qne son'doux parfum te rapp'ello' 
La main qui le la présenta , 
LtPS vers^que l'amour lui dictay 
£t le nom d'un amant fidèle. 

L. v; R. 



>■ ■ " ■ 



Des dangers de la fP^alse. 

Il est cruel d^ffliger une femme, 
et d'imposer dans le Journal des Belles 
des privations à un sexe qui s'att^u4 

Tom*. VIT, ,g 



• 1 ' 

1^4 JOURHÀL DES GOURMAIII>t 

k y trouver des leçons de plsrisir dé- 
cent, et non des décisions de ca- 
suiste; le contraste est d'autant plus 
frappant , qu'il semble étrange que les 
gais enfans de Cornus , très«peu par- 
^isans de l'abstineoce , se montrent si 
rigides sur un exercice dont toutes les 
femmes sont éperdUemeut affolées : il 
faut que de bien graves raisons les 
aient décidés à prêcher une morale 
aussi en f^posilkm avec leurs prin- 
cipes épicariens pour qu'ils puissent 
ae prononcer contre un égarement dont 
il serait bien pius doux d'être le com- 
plaisant adulatétir, et surtout le ga- 
lant complice ; il faut quq^leurs rai- 
fionnemens soient bien décisifs pour 
qu'ils n'aient pas craint d'en'c^urir le 
reproche d'être très-iudul^ens f9ùr 
leurs péchés de table, très -sévères 
pour les. péchés des autres: 

ft Linx envers DOS pareils et taupes enyersjDous. » 

Un jeune médecin, qui parait avoir 
consabré ses veilles et sa plume^^aux 
femmes, dont il s'est fait i-ami sans 



ST* DES BELLES. l65 

.doute pour les iriieux persuader, (i) 

osa Iç premier s'élever contre cette 

dansr aussi meurtrière qu'indécente j 

'et tôiis ne pouvons nous refuser à citçr 

ce passage , en fbrmani le vœu qu'il spit 

lu par toutes les mères vertueuses, pa.r 

toutes içs femmes décentes à qui seules 

pops l'adressons} le voici : «La wake 

«,impé,tueuse , la walse que prps- 

«cfivent Saint-Preux et Werter, ca- 

/* ,^uisfes; non suspects ici ,, annoncée 

M^fi^t le fifre éclataùt, /emp^rQ ^u 

1^ sftloq : un. bras netvpu^ enlace la 

. « taîlie souple et légère d^ la jeuiie 

« épopsçe ; le liej-re «e s'atiacbe pas 

il de plus près à Tormeau.... les rç- 



f . " . I ■ * ■ ■ « * 



(i) L*Ami des Femntes , ou Lettres d'un 
Médecin concenuminn^ueinie de VhahiHe- 
ment dis femnies sur leurs mœurs et leur 
saniS, clc, suwies de receltes cosmétitfues, 
par M» MahÎb i>b Sau^t-Ubsi», dédié à S. M. 
riiïipëratrice des Français. ïn-ô**. , grav. , se- 
conda édition. 7 fr. ao cent., et 9 fr. , franc 
de port. Au bureau de la Oaïefte de Santé ; 
clyx Batba; c-t chea Capelle et Kenand^ fu 
bureau de ce J^uTsal. . t 



l66 JOURVAC Diis GOURMAKOtf 

ce gards couroadus, absorbés Pun dân9^ 
« l'aufre, genoii contre genou, les 
« mains entrelacées, corps à cojrps^ 
« j'ai presque dit bouche à boncne , 
« ils décrivent en délirant àes cercles 

« multipliés Eh î dites-moi, ma- 

r dame, que donnera ce soir à son 
« amani , a spn époux cette fille in* 
m génue que n'aura pas dévoré ToéU 
a avidedesoi danseur? qu*aura-t-elïe 
c dans le plus intime abandon de plus 
« à montrei:' que ces formes ravis- 

' ff santés qu'a pressées une insolento 
« main!^ J'^en atteste et cette sueur 
« amoiïteuse^ et celte bouche bâlbu- 
c tiaut^', et ce séiu agile par des bat- 
« temens de c^ur, qui ne sont pas 

, « tons pouf . l'liyiDé.uée , voyez - la ^ 
le madame ,^ éf>erdue , saiis mouve- 
« ment , );sans voix , la poitrine pan- 

. « telante,.et décidez si c'est, d'une 
^« kure ou. d'une danse qu'une femme 
i( sort ainsi épuisée.» 

C*est la décence qn'in roquait alors 
l'auleur pour détourner les fén)mes de 
cette dansd cynique; aujourd'hui ft'est 
la médecine elle*méme ^ et voici le fàil 



4 

/ 



^am 



' ET DES BElLES. 167 

terrible qu'elle oppose au torrept de la 
mode , aux éloquens plaidojrers des 
merveilleux , qui , cerfes eux mêmes, 
quand ils sout détrompés par la réflexioa 
du vain prestige des plaisirs indécens , 
çhoisisseut plutôt une épouse parmi 
les jeunes personnes élevées en Bonnes 
ménagères que dans le cercle des té- 
^ères walseuses. Cette anecdote ef- 
frayante est tirée du numéro XJÇJ. 
(ai juillet dernier) de la Gazette de 
Santé, journal que sa bonne foi rend 
précieux à toutes Tes classes dç la so- 
cîélé , comme l'élégance de son style 
le recommande à la bonne compa« 

Voici le fait tout nu : « Madame Du- 
« fossé, âgée de vingt-deux ans, mèc9 
« d'un enfant de onze mois qu'elle 
ff nourrissait, dînait, à la fin du mois 
a de juin dehnier, à Passy dans la 
« mai^n de campagne de M. de la 



(i) On s'abonne ^ Paris rue des Siiînts-Pfews, 
s*. 5 , moyennant i5 Fr. par an , franc de port; 
il paraît tous les i / 1 1 et 21 de chaque mots* 



t J 

lS8 JOURKAL DBS GOURMANDS 

« Chaume, notaire^ son oncle. Après 
« dttier une dame louche du forte; 
« on propose des walses. Lcl jeune 
« nourrice cède à FitfVitation , et 
c après une demi-heure de cet exer* 
« cice inrernal elle tombe sans con* 
« naissance : oiiia couche, on lui pro- 
« digue tous les soins : ils sont tous 
« inutiles; la victime est frappée««.» 
Qu^ajouter à un semblable récit? dk 
lë véridique écrivain; les réflexions 
se pressent, la douleur succède aiuc 
réflexion^, et l'oa se dit involontaire- 
ment: «Comment lés Femnies peuvent- 
« elles s'aBandonner à un exercice qiii 
n c^pdddhine à Ta pulmonie toutes lés 
« femmes, qu'il ne tue pas aussitôt! » 
Vous n'a;ou(erioiis rien en effet , sinon 
que si le délire égare toutes les jèunis 
femmes, il est Bien étonnant'que les 
pères, fes maris et les'mèt*es sem^ilent 
partager cette ëpidéniie, et consentir, 
pat une coupable condescendance, à là 
perte de la santé de leurs enfans et 
de leurs femmes. C'est à regret que 
nous avons pris un ton si grave dans 
un ouvrage publié aux 'sons des gre- 



BTDES BELLES. l6§ 

iBti de la Folie; mais il n*y a pas le 
niot pour rire à cela, et notre apo- 
logie haJ)ituelle- des plaisirs proave 
assez si c'est par 4itinieui'* que nous 
rayons celui-ci de Tagenda de toute 
femme faonnéte* ! 

M. D. M. 



i( i m i 



LA CONVENTION. 



• 



pAiffOK prît [^nc à loii Mrviçe : 

Or «ça, lui dit-il ^ de tout tems 

Chez moi l'on fat sage, et j'entendf 

Que l'on me suive au saint-oflice^ 

£t que tous les soirs en ce littt , 

On s'évertue à prier Dien, 

Ou du moins ses saintes images^ 

Pour qu'il daig;ne nous pardonner* 

-— Cela', dit Luc, dépend des gagM 

Que vous aTe;E à me donner. * 

* «f 



170 jOVVLVAt DES GOURBIÂNOS 



z=C 



SUR LA MORT 

DU MOINEAU DE LESBIE, 

tMITlTIOV DB CATVKLB. 

p£Bv&EZ} tendres Amours! Qrâces. versez des 
' larm^! 
Coor aimable de VéïKMLy. 
~ Soyez en deuil ; il n'est plus 
Ce moineau si plein de cliarmes! 
Il vient de finir ses jours 
L'heureux moineau que chérissait Lesbiel 
Unique objet de ses tendres amoars^ 
•II faisait seul le bonheur de sa vie. 
Doux et gentil oiseau! qu'il était caressant! 

Comme il savait lu^ plaire! 
Toujours sur son beau sein il allait voltigeant... 
Jj^ais enfant ne connut mieux sa mère. 
Que je te bais, empire de Pluton ! 
Gouffre avide de l'Achéron ! 
Que je te hais surtout , ô Mort impitoyable 
Qui nous ravis l'objet le pins aimal>ley 



1 



ST DES BBLLÈS. ^ I7I 

^ Le plus cliarmant oiseaaL*. 
Parque ennemie. 
Ton barbare ciseau .\ 

Qui le condamne à la nuit du tombeau y J 

- Condamne aussi Xiesbie 
A passer dans les pleurs le reste de 8& vie ! 

M. Vk. Ch*****^. 



LA. CONSOLATION, 

Dans un moment -de grand orage - 
Sur un frêle et mince bateau ' ' 
Un petit-maître passant l'ean 
Perdait déjà de 5on courage. 

— Mon ami , dit-il au passeur^ " 
Assurément io n|ai pas peur ; " 
Mais avez-yous la conuaissancv 
Qu'en une telle circonAance 

De ce vent le soufi9e importun 
Vous ait'fait perdre quelqu'un ? 

— Du tout; la semaine- dertiiëTe 
Nicalas, mon' cousin germain, 
S'est laissé choir dans la rivière ; 
Je l'ons trouvé le lendemain. . 

M. Ci PELLE. 

1^ Tome ru. 1 7 



lyX JOURNAL DS8 ÛOURBÎANOS 



3C 



A MOlfî VIEL AMI 

ENriir après tiz moi» â^olHgtet 
"Etàê plaeéti «t «de fatigues 
J'ai sus YÎpgf rivaux emporté , 
Une faible et mesquine place^ 
Maia qui du moioa ue 4ebaxrasia 
Du fardeau de l'oisivetë. 
ToHfaàss s'Amuser est felie , .' 
Et, j'en appelle aux plus constant , 
Sané eoste irayfCilLer «Bûuie» 
J'ai su fféc^erteus mee lualansi; 
Aux affaires la matinée f* 
A table vers la ÂB du jour, > / 
Je dpslDe aux arta l^a]prëis-dîn^ » 
Et garde- la nuit pour l'apuoiir* 
Je suis effrajABt de tendresse 
Et de réfo.ime et deraifon; .. 
Je dout^ eneor de ma sagesse ; ; 
C'est n^ûrir avant la saison. . / 
En gounaandant l'effejCvescence 
D'une fougueuse adolescence , 
Un froid censeur, bien en courrouKi 
Eut prétendu nous voir, je penâe, 
Mourir à l'Hôpital des Fous; 
Faux jugement de vieux jaloux* 



V 



JuT OE* «ELLES. , 1^3 

Va I nos enfantines frétai qe$i 
K'unt ^ère effarouché Us ipœui»; 
C'esr par de» encur» et âes peine* 
QiiAe tems (^prouve nos.cœnrsr.. 

Rappelle-loi notre Inconstance, 
Ku8 projetais notre air «l'iipportjBiAce , 
Mo8 petites ri vaittcs» 
A chaque bal , à chaque fête 
Les madrigaujf tournaient la tète 
A nos sëmiltai^tfïf befiyjés; 
Moins heureux , mats non moins fertile | 
Chaque jour j'inondais 1» ville 
pu torrent de opes nouveautés. 

Rappelle- toi, j»oti.e,^/<w/«^c* * ■ 
Oày peur le vin de l'Ueriui|age 
Au Pevipessf faisant. Cauj^ bond 9 
Aide'» de fillettes vermeilles, 
Kous faisions songer les l^outeiU^ 
Et sauter la mpiisse au plufoud. 
Souvent dans ces jours de folie 
La troupe fut-elle averiie 
Par le chant des coqs d'alentour 
De donner reiâfhe à Tamour 
Et de remettre la partie* 



4 

(i) Maison dt campaga» imr Us borda d« I« Lo'rey prd^ 
A'ABgert. % 



1^4 JOimVAL DE8 GOUKMAHDè 

Je n'ai plus mes feux', mes vingi an»^. 
THî cet esprit d'insoilciance , 
r^î cet état H^dépendaDci; , * 
PIî ces louis trop înconstans; 
Mais pai conservé la m^nie 
De petits vers papiIIuttëS|- 
Des «lans de philosophie, 
Du viD mousseux et -des pfttés. 
Si fàvafs consulté mes rentes , 
Assurément je me serais 
Logé vers Te jardin des Plantes ^ 
A ChailTot, ou bien au Marais; 
Mais aux parés toujours fidële, 
J'aime tout ce qui me rappelle 
Ceux de Chartres et cenx d'Amiens. 
Lors donc que ponr le bruft des vill«ft 
Tu quitteras ces champs fertiles * 
Où tu .vieillis chéri des tiens, 
Prends la diligence au passage , * 
Accouis... tu trouveras ton sage 
Dans le pâté des italiens. 

M^ GsLiLii*, abonné Je Pcm« 



\ 



ST DBS BELLES. l^S 



MODES. 

Les fleurs à la mode sont d'abord 
le fi^ranium , qui va sur^ de la paille 
MaAhe ou du satin blanc avec des 
rubans du même rouge rayés à carreaux 
égaux j puis les bluets panachés, les 
œillets panachés. On porte aussi des 
plumes panachées;; les plumes y quoique 
ce ne soit pas la saison, sont aussi com- 
munes que les fleurs. 

Atn. ; Avec toiu Mnu \m mAme toiL 

A TAmour, à se9 dpures lois 
Comment trouver des cœurs rebelles j, 
Lorsque tout conspire à. la fois 
Pour einbeClir encor les belles? 
J'admiie leuis fraîches coùleurSy 
J'admire leurs légers costumes^ * 
Flore les p&ie deAeiJleurs, 
L'Amour 1/e» ptLte d« wt% plumes* 

A^ G. 



ly6 JOUBUAL DIS GÛUaMANDS 



■*«•• 



ÊNIOMES. CHARADSS, liOGOGRIPHES. 



. ^. X , * i 



. ./-T-: — *-r 



LiB mot de l'fiDÎgme «ux^amM intétêé dans 
le CMes d» Jailtet cstMonv ; 

■Cfîittrcle la Charade est TuoirçoMé 

Les AbooDés qui opt deviu^ rËuif^me tant : 

Marihophil, abonné de Bayonne. 

P. F* f abonné de Beims. 

Personne «'41 deviné fa Cbaradê. 

jNoui renjdona trpp de justice à la ii^arîlé de 
nos Abopnés jM>iir ciioif e.qii'avucpn d'f ux n'au- 
rait deviné i^eltf Çl^ara^P M U VW\ •P <^ût été 

Nous coaY«B«ot d« bonttf foi ^e ce mot est 
faux y puiHpiV» 1# •ép^Ttnt en èma syllabes 
^tti le CABipMcat on trouve tronc^on^ et que 



nwma^mm^^tmm^mimf 



ET DES BELI^ES. I77 

Mette dernîëre ne peuf faire paitie des pronoms, 
ainsi que l'autear de la Charade l'avait annoncé» 

" L'inconvénient dans lequel noas sommes 
tombes vient de cç que l'on nous a envoyé la 
Charade sans nous en donner le mot , et quo 
BOUS Pavons insérée de confianee , et scur la ré* 
putation de l'auteur. 

■ Pour éviter d« tfnUablM erreun «ot»^ invi- 
tons nos Abonnés à tious envoyer k l'a«*nir les 
mots de )eurs Enifçmes 00 C|iftra4e* en- mêm# 
tems que ces dernièiiKi 



tai 



immmi 



CEAUADEi 

Mon premf^, ami leeteut^ 
De la tèteiest lé moteur* 
Les autans ont ^'CMéleur. horrible raviagey 
£t déjà des oiseaux on.fnteod le raraa|(» 
Lorsque l'arbuste «st mon dernier. 
UfiGounnand que la faim loufUMnte 
Se désole , hélas ! dans l'afténfe 
Qu'on ail enfin mis mon entier* 

T. 'BkrkKn ^'membre de la Société 
Epicurienne, (t Angers» 



178 JOVRHAI. DES GOUaJIIAKDS 



bnigme; 

• . ... 

Ji suis d'an fort 'commun ôsage^ 
Mais diffère selon les lieux : 
Je suis modeste chez le sage^ 
Brillante ches le fastueux; 
Je suis ou pesante ou légère, 
Haute y basse; parée ou non. 
Ronde, carrée ou circulaire , 
Comme il convient à mon patron* 
Tous les élémens-pour vous plairo 
M'oiîirent leur tribut chaque jourf 
A qui sait vivre }e suis chère ; 
Je sers et Bacch'us et l'Amour :' 
Maint sot, dont l'on vante' et l'on (àtm 
L'esprit, les grâces ,V^le séjour,'' 
Sans moi n'aurait aucun mérite ; 
Enfin puissiez-vous , chers lecteurs, 
Sans avoir rien qui vous tracasse, 
Goûter mes plus douces favEeurs • 
Comme un des rats du bon Horace ! 

F. F. ; abontié de Reùnsi 



\ 



u,. — . 






ET PSS BELLES. tj^) 



LOGOGRIPHB. 

Jb suis partout un personnage utile; 
Pour des gourmands je vaux mon pesant d^or : 
lis me prisent plus qu'un trésor 
En Voyage, aux champs, à la ville.. 
Voici , lecteur, ce dont j« me 'compose: 
Tu trouve en moi l'e'lëment du métier. 
'Qui pour toi se métamorphose 
En mille objets^qui font la gloire de mon entier,, 
Puiftun titre accordé à la grandeur suprême, 
Un autre ambitionné par un duc à brevet; 

Ce qui dans les jours de carême 
Hend prisonniers pour foi la^ carpe et le brochet; 
Se l'Ëmpirée la messagfere; 
Ce qu'au café maint Anglais fait souvent; 
Enfin ce que tvk n'oses faire 
Que trës>bien enfermé dans ton appartement; 
Une ville célèbre 6ù le bon goût domine; 
L'effet que produit la gaîté , 
Et ce que par témérité 
On s'attire souvent d'une main féminine: 

• 18 



wm 



Hait y .fgOÊVBBaKodfjgm»* m deviiMr 
vra tofmtvt pDinc iA tjcf Tsiivy 
AttoBcb, «Meods rhenre da diner; 
Ton aei té ^rti^a ^itva qb'eU«. 

CHf>tldL 



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itiet : 111 piéeif âe l*Hisloîr« de^îa Polognti dfpn)t 

le icina. le ^taf aocico jt»<pi'à noi joun; dft r*» 

' ■ • - ' ' . «•.•'■,■'• .^ ^ 

cii^eliM for l^oficîiM.^^ SlaTons.et ^et Sar* 
«lales , <t det d#eàtlt tnr l«s restes de là l«igue jài^ 
lOfltiqtte i tédt|^ pria^faleiiieitt «ut !«i i|9t^ 
tfommiiBîqtM^cs p$T âti PûIoBats , et dHtprèt let auf 
teàfs du pays mêine. Par HtALTi-Bava* s toL 
ûi-ft^. Prix 6 frao<t pour Paris ^ et 7 fr. So eeiit» 
ftaiMî'de port. A Paris, chtz Ca^dh et Hemndp 
libraiaes-coiliiiiissioiiiiàiresy rué J.«J. EaiiAieaitî 

jOci Z>/ip{| "Publie et du Droit its Gtns yWprincipts 
à* As4<ftialionCi¥&e et PcUtiijue/ whiê d'un Pro- 
jet de t^aîi gëni^rale et pérpélttetlr; par M^iGotffooif^ 
3 VoI% fB»4«, Prix tS' fr«, tt i9Kfr« poQtles dépai^ 
feiiMBS fraoç de port par la poste^^AParis^ches 
Capélle et .A«fli?W> Hbrairea-Comttissioniiaires, rsla 
J.-J. Rousseau, u^. 6; et chez Brasseur aind^ im* 

prutteuT-^diteory rua de la Harpe , a*; o3. 

, ' ■-'.,■•' 

i> P'égabond, ou /a BencotUre ie âeuas Phihsopkes 
r//m^ictfi>t^» roman philosophique, traduit de Pati- 
glais de Georges Watker^, auteur d^T^ao//ore <^« 
phon^QU,le Juif Bien/hlsant. t toi. tii*ia« :i f* 
A Paris, cbea Càpelîe ei Benami ,^ihrtiweM^com^ 
misâipnnaires, rue J— J. Eouiseau, n^» 6* 

Lettres phihiophi^uési t^9^ }iotr« dirait» cabttr 






>^ 



JOURNAL 

DES GOURMANDS 

ET DES BELLES, 



OU 



L'ÉPICURIEN FRANÇAIS. 

. ■ - ^-v -, . 

Rédigé, par {quelques Littérateurs Gourmands , 
plusieurs Com^ives des Dîners du Vaudeville , uu 
lecteur w Médecine, etc.', etc.'y efcl 



Kions, chantons, aimont, buTâiU} 
Voilà toute notre morale. 

Vàien du VaudetiU», 



DEUXIÈME ANNEE. 



Troisième Trimestre de 1807. -^ Septembre. 



Amm 



PARIS, 

CAPELLE BT RENANDjHbraiscs-cbiiiiaiMÎoimaîref; 






• 



• ■• 



IMPRIMERIE DB BRASSEUR AINE. 



AFIS TRÈS-ESSENTIEL. 

j LesCahiersde ce Journal ne se vendent point 
•ëparéjnent. On ne peut souscrire que pour un 
an , qui doit toujours commencer en Janvier. 

Les douze Cahiers de la premîëre année se 
Tendent niz raivci tant pour Paris que pour 
la previaco» 



JOURNAt 

DES GOURMANDS 

ET DES BELLES. 

PREMIER SERVICE. 

UTTÉRATUBE GOURMANDE. 



LE MOIS DE SEPTEMBRE. 

A 'BAQCB.VS , CONQTliKAKT SB Zi'iRDS.' 

nia diet hme *t$, quâ U cei^nvs poéUt 
A' mo d o namfàUant tsmpora, Bacchê, tnimJk 
Ot». Triât. , Ut. 5, él«g. 3. 

Lb dieu de la vendange fut un héro^ 
puissant , un sage vénérable , un in- 
trépide chevaKer errant } rivai d'Her- 



^ 



184 J0t7RTVAL DES 0O0RMAKDS 

cule ^ de Thésée , il terrassa les 
monstres et apprivoisa les tigres; lé- 

fiskteur du monde , il promulgua du 
aut du tonneau de Silène les lois les 
plus anciennes et les plus respectées; 
consoUteur des Belles et réparateur 
des torts , il effaça l'injure faite aux 
charmes d'Ariane. Un de nos convives 
fut l'historiographe de ce dernier genre 
d'exploits: . 

Au fond d'nn boîs 
Ariane anx aboU 
Pleure la perte de Thësëe* 
BacchuB accourt 
Avec toute sa cour; 
Soudain la belle est appaisëet 
Le dieu lui fait d'aboid 
L'offre d'un rouge bord y ^ 

A sesinst^ceselle cède: 
Sëduite par ce jus divin , 
Bientôt A l'ivrewe du vin 
* L'ÎTresse de l'amour succëde. < 



(s)C* couplet fait parti* à^nn» ioliachanfon de M. Fraaci* ; 
«m la trouTe page 56 du Caveau moderne 1, \ vol. in* 18, 
frix, i fr. 80 cent, ponr Paris, et a fr. aS cent. , franc da 
port«,Xl ae Tasd cbaa MAC Capelle at Kaaa»«L 



ET DBS BELLES. l85 

Baccbus planta la vigne où nous 
allons prendre le thé; qpelle honteuse 
comparaison pour ses indignes suc- 
cesseurs! nous allons chercher de l'or 
où il naturalisa le bonheur. Hélas I il 
n^y a plus de raisins aux: bords du 
Gange ! cette patrie des arts et du 
plaisir est devenue presqm? barbare 
depuis qu'on a négligé d'y faire fer- 
menter le jus conservateur et répara- 
teur : où régnaient la joie et la botine 
intelligence on se dispute à' coups tle 
canon des perles, des épices, et le 
berceau du geure humain est devenu 
son tombeau. 

Voilà, direz - vous ^ un ton bien 
épique et bien iapientable. C'est qu'en 
effet tout s'attriste et se corrompt dès 
qu!on ne sait plus aimer et boire: cette 

{>remière loi de notre observance est 
e principe de la fraternité du genre 
bumain. Sans le poivre et la muSf* 
cade, qui irritent la soif, l'Inde serait 
une terre tout à fait maudite* 

Voyez comme notre conquérant fài» 
sait la guerre : il 'combattait la coupe 



l86 JOURNAL DBS OOURMAHDS 

à la main; de sa coupe découlait la 
persuasion en mousse pétillante; sa 
marche était une pompe triomphale ; 
Bes soldats, couronnés de lierre, ver- 
saient du vin aux vaincus ; et lés Bac- 
chantes, sous les ordres d'Erigone, 
achevaient d'un regard tous ceux qui 
osaient risister à la vertu du thjrse. 

Le fils légitime de Jupiter, et de 
Sémèle montra le chemin à cet autre 
enfant équivoque de son père, qui fît 
tâat de bruit en Asie , et qui ,. vou« 
lant imiter les hauts faits de son aîné, 
passait les nuits dans les festins bai- 
chiques; mais Alexandre , moins dieu 
Îue son frèrcf , succomba sous le faix 
^une coupe aux larges flancs que son 
audace , plus grande que sa soif, osa 
tepter de boire d'un seul trait : s'it 
l'eût achevée sa gloire était parfaite, 
et sans doute un autre Bacchus , tns- 

Ïrré par le vin , aurait rendu la paix 
Puni vers. Tout le monde sait que 
Bacchus peut plus qu'Apollon , *que 
Mars et que Minerve; c'est ce que 
n'ont cessé de répéter les poètes dans 



ST DBS BBtLBS; iSjf 

toutes les langues qui se'^tlent en 
vers, (i) 

Nous ne rappelons les exploits. ei 
la gloire de Bacchus que pour tâcher 
de ranimer parmi nos p;9;;iteD;iporaip8 
un devoir qu'ils négligent et. un usago 
qui s'éteint. Nos aucétries buvaient 
mieux que nous, et .valaient certes 
davantage. On allait autrefois chercher 
la Sagesse aux Indes : que nos philcH 
sophes voyagent ; ne seront-ils pas 
wcÉrayés du sort des Indiens? Quand 
ils désapprirent à boire ils cessèrent 
d'être heureux. 

Pour nous, mes amis, qui conser* 
Tons lé feu sacré , entretenons-le re- 
ligieusement; n'étudions que pour bien 

m 1111— ^i^ai ■ ■ ^Êmm^i^^mmmmmmm^mm^^^m^mtmmammmmmt0^a^ 

(i) Vo^es entr'aatze» le. poëme es troit 
chants à^Obsopœus sur Part de bmre; si les 
vers n'en sont pas sublimes , les pensées n'cB 
•ont pas moins admirables: 

PUir^uÈ axhausto crescit tapientia 9ùiof 

Fiiquê SoUn gybità, quijuit antè Midas,„ 



\ 



V 



- — ' 



XH^ JOURÇAI, P;BS GOURHAHDS 

vivre , ot ne yqjrageons que pour ap« 
prendre à 'boire. Nous instruirons les 
plus sayans; et qu^nd un navigateur 
viendra se délasser à notre table de 
êes courses et de ses découvertes orien- 
tale^', parlons -lui de Bacchus, et 
versons-lui rasade : le dieu animera 
ses récits ^>t, rdcontât-il des choses 
incroyables, il ne nous trompera pas : 
In vino 'Uerità^l 



-i 



D^ailleurs il faut opposer un grand 
nom, et de grands exploits aux détrac% 
4teurs de la table*, L^islateurs, guer- 
riers, voyageurs, amafçursdes Belles, 
notre dieu est des vôtres; vous ne dé- 
'mentirez pas son infaillibilité* 

£e mois de septembre est. celui de 
la vendange , et il convient dé le con- 
sacrer à Bacchùs. A Rome les autres 
dieux lui rendaient alors eux-mêmes 
des honneurs : à la fête d^s MéditrU 
-naUs le prêtre de Mars buvait du vin 
nouveau pour la premi^e fois, en 
prononçant ces mots sacramentels: 

/ No90 V9teri morbo medwr* 






'TV 



lt*DES BEL£ES. 189 

JLe mois de septembre est le teins 
eu plaisir et de la bonne chère ; 
c'est le carnaval de la belle saison : la 
terre est alors une habitation céleste; 
les festins' peuvent se faire sous l'om- 
brage , au milieu des richesses de la 
nature ; le nectar coule et se dore aux 
rayons du soleil; les émanations de 
la cuve qui fermente se mêlent au 
parfum des Oeurs , d'automne ; des 
Hébé villageoises versent au bruit des 
chansons le vin clarifié. Quand on 
rit, qu'on s'embrasse, et qu'on esl^ 
dans l'ivresse, que reste-t-il à envier 
aux dieux ?••• 

Gastbrmaiviv. 



Hecettms Aj^imentaiiles. 



Vj'est dans le mois Se septeinbre que la Na- 
ture, bonne mère, tempérant les ardeurs de 
Tête' > ( funestes , quoi qu'on fasse y aux succès d« 



igO JOURNAL DES GOURMANDS 

nos repas) vieot retremper notre appétit, et 
rendre à nos tables et l'abondance et la gaîté. 

Le levraut t le lapereau, \& perdreau, la 
caille et \q faisandeau viennent surtout varier 
nos entrées et nos rôtis , que nous pouvons 
faire précéder par les huîtres de Cancalle et 
^Etretat, dont les mois sans r nous avaient 
privés, (i) 

: Les légumes de toute espèce viennent aonî 
augmenter nos jouissances; on remarque plus 
particulièrement le concombre, et nous allons 
en entretenir nos lecteurs. 

DU CONCOMBRE ET DU CORNICHON. 

Le concombre , l'une des quatre grandei 
fsmences froides, est cultivé en France avec 
profusion depuis quelques années, et surtout 
dans les pays méridionaux , où il acquiert plus 
particulièrement le degré de maturité qui lui 
convient. 11 y a néanmoins dans le concombre, 



(i) Noiu avaient privit j ceci doit c^entandre de« gour- 
Waudi en général qui n« peuvent visiter l« Rocher de Can- 
calle j car on aaîlqne M. Balatne^ propriétaire de cet éta» 
blicsement y «t notre illustre inattre - d^hôtel , A trouvé !• 
■lojrea d« «oAKXver itê knitrca «» toute tt)M«.. 



._j 



r 



ET DES BELLES. igi 

comme dans le melon , des qualités bâtives et 
fl'aatres tardives. • 

Les meilleurs concombres sont ceux qui sont -» 

longs, gros, bien mursy couverts d'une écorce > 

tendre et jaunâtre, garnie de petits boutons 
ou verrues , et remplis d^upe chair ferme et 

blanche. 

' . . .. ' 

Le concombre est assez utile en cuisine , et 
on l'accueille sur les meilleures tables, quoique 
pen nutritif, ne convenant point aux estoma'cs 
froids , et étant même un peu indigeste. 

On les mange de plusieurs manières en sa- 
lade; (on les laisse mariner une demi-heure 
dans le vinaigre; avant de les manger on y met 
un peu de bonnç huile : celte salade est assez 
bonne 9 mais il faut que les concombres soient 
bien mûrs ) on s'en sert aussi pour garnir des 
entrées piquées , comine fricandeau , riz de 
veau , filets de volaille , etc. ; ils sont aussi de 
ressource pour les entremets : on peut les servir 
à la crème, à l'espagnole et farcis. Nou^ allons 
donner cette recette. 

Concombres farcis. 

Ol«s la superficie de trois ou quatre moyeu 
concontbresî 60upe»-lcs pax un bout, de m«« ^ 



' ■.- . ^^} iiffli ^wm Bir»<i*: 



• , 



192 J017RNAL DES GOURÈTANDS 

nière k pouvoir découvrir les-pëpins seulement; 
iDtroduiser dans cette ouverture le manche 
d'une cuillère à ragoût; détachez l'intérieur 
de vos concombres avec soin , et lorsqu'ils se- 
ront bien vidés remplissez - les d'une ^ farce 
cuite et faite de la manière ci-aprës : . 

Prenez trois ou quatre blancs de volaille , ou 
un peu de veau de Rivière ou de Pontoise , que 
vous couperez en petits dés ; mettez dans une 
casserole un peu de beurre avec votre viande 
crue, un peu de sel, un peu de poivre et un 
peu de muscade râpée ; passez le tout environ 
dix minutes «ur un fourneau doux; égouttez 
votre viande et laissez-la refroidir; ayez la mie 
d'un petit pain mollet, mettez-] a^remper daus 
du bon bouillon ou dn lait ; lorsqu'elle sera 
bien trempée mettez-la suf un fourneau pas 
trop vif; remuez-la toujqùrs en la foulant avec 
la cuillère de bois, et laissez-la réduire jus- 
qu'à ce que votre mie de pain soit bien sèche; 
(mais prenez bien garde de la laisser brûler) 
meltez-la refroidir. Pilez votre viande dans un 
mortier, passez-la au tamis à quenelles, et 
mettez-la dex^ôté; pilez ensuite votre mie de 
pain , passez-la de même au tamis ; faites en- 
•utte trois portions égales , une de votre viande, 
«at de Yotre mie de pûn et ^e de beurre; 



^ > 



ET DES BELLE». igS 

pilez ces irois objets ensemble jusqu'à ce 
que le tout soit bieti mêlé; assaisonnez, bien : 
peu de sel y poivre y muscade , et une petite 
pincée de persil haché bien menu ; joignez à 
cela deux ou trois jaunes d'œufs l'un après 
l'autre^ afin qu'ils s'incorporent mieux avec la 
farce y que vous continuerez toujours de prier 
jusqu'au dernier œuf} ôtez-la ensuite du mor- 
tier, mettez-la dans une terrine , et remplissez- 
en vos concombres. ( Cette farce peut servir 
pour volaille , gibier, etc. , et même pour les 
gratins. ) Mettez dans Je fond d'une casserole 
des bardes de. lard ; placez vos concombres 
dessus y mettez ime carotte y un oignon , un 
petit bouquet garni; couvrez tout éela d'autres 
bardes de lard , mouillez à moitié avec du boa 
bouillon, faites cuire vos concombres à petit 
feu pendant une demi-heUre, tenez-les bien 
chauds , et au moment de les servir égouttez-les; 
dressez-les sur votre plat, glacez-les l^ère- 
ment, et servez avec une bonne espagnole ré- 
duite, et surtout pa| trop liée. 

Des Cornichons. 

On cdnfit les petits concombres verts au 
vinaigre, au sel et au poivre , et on les nomme 
cornichons; souvent ce ne sont que des^con- 

Tomc VU. ^<> 



/ 



194 JOURNAL DES GOURMANDS 
combrea qni n'ont pu profiter et venir à ma- 
turité: on les fert pour hors-d'œuvres en sa- 
lade, en j ajoutant quelques feuilles d'estragon; 
on s'en sert dans les ragoûts , et surtout dans 
les sauces piquantes. ... 

On doit avoir l'attention de faire évaporer 
la plus grande partie du suc aqueux des cor- 
nichons , en les' laissant cinq à six jours à 
l'ombre avant de les mettre dans le vinaigre , 
lequel doit être violent et spiritueux : sans^ces 
deux prëcRu fions les cornichons moisissent et 
se gâtent le plus souvent, surtout s'ils ont cru 
par un tems pluvieux. 

C. et B. 



w m*m 



HORSD'ŒUVRES. 



LA CONSÉQUENCE DE GRÉGOIRE. 

H]£ quoi ! tu veux donc toujours boire 
Et toujours être gris sortant du cabaret ! 
Disait Perrette un jour à son mari Grégoire; 

A tombor le voilà tout prêt.^ 






j / 

ST DES !E£tLES. 1^5 

-— Qui tomber? moi?.*, vois si je bouge; 
Tiens, vois... je sais ce que... je dis; 
Imbécille!... puis-je être gris 
Quand je n'ai bu que de vin rouge ?.•• 



ANECDOTE. 

Floris , fameux peintre qui vivait 
aji quatorzième siècle , et qui était 
surnommé' le Raphaël dé la Flandre, 
Floris avait la réputation d'être le plus 
grand buveur de son tems; Six des plus 
fameux buveurs de Bruxelles vinrent 
exprès à Anvers pour lui proposer uû 
défi. Quoique la partie ne fût point 
égalç. il accepta ce singulier cartel , 
soutint le^cboc avec courage, et mit 
les six athlètes hors de combat. Floris 
se leva de table aussitôt , monta suc 
un eheval que ses disciples lui tenaient 
prêt, mit un pied dans Pëtrier, se fît 
apporter un nouveau broc de vin, qu'il 
vida , et sauta lestement sur sa^ mon« 
ture, qu'il fit caracoler jusque chez 
lui. 



ig6 JOURNAL DBS 60X7RMAKD8 



AUTRE. 

Le grand Condé visitant la Bour- 
gogne passa p^r Beaune, dont on con- 
naît la qualité des vins. Lesmaire^et 
écbevins furent à sa rencontre pour 
le complimenter , et lui offrir lé vin 
du pajs. Le prince e» goûta , et dit 
qu'il était fort bon; à quoi le maire 
répondit: 

OK! monseigneur, 
Nous en avons de bien meilleur! 
— Je n'ai pas de peine à le croire , 
Reprit en souriant le yaînqueur de Rocroy ; 
Maïs vous attendez pour le boire 
Un plus honnête homme que moi. 



r 



MAXIME GOURMANDE. 

Lbs vers, le vin et les melons sont 
trois choses qui supportent difficile- 
ment le médiocre. 



2T DES BEl.tBS« . tgj 



SECOJfD SERVCE. 

ttïGÏÊNE DE LA TABLE. 



De la Cujisine appropriée aux 
♦ sdisons. 

On préténà'.àssez gëriéralémènt que 
la cuîsîiie moderne remporte sur celle 
des anciens, l3t celte opinion est passée 
wn pëtt- légèrement en principe : en 
e£Pet, si par l'excellence dans la cui- 
sine on entend celle qui aiguise le 
mieux l'appétit , on tombera d'accord 
que les meilleurs assaisonnemenssoiit, 
Bans contredit , l'exercice et la modé- 
ration , et que dans ce cas le peuple le 
plus actif et le plus Sobre serait aussi 
celui chez lequel on ferait la meilfeur)) 



198 JOURNAL bES GOURMANDS 

chère: alor$ il faudrait bien convenir 
que la sauce noire des Spartiates valait 
mieux que les rasoûts des Porcherons. 
D'un a litre coté<, la cuisine n'étant que 
Tart de déguiser -les mets et de les ap- 
préterdeilianière à faire mafiagér au-delà 
du nécessaire , il en résulte que ces 
moyens de convention varient en rai- 
son des écoles-, et que cette science, 
n'ayant pas de base fixe^ offre des 
produits très-divers , selon les p^s où 
elle esi tultivée. La conâé^Qenè<e na* 
turelle de cette vérité est que les gouis 
étant d'autant plus impérieux qu'ils 
sont .mpins naturels^ (et distinguez 
bien les goûts des appétits^ et^surtout 
^es besoiqs) chaque j>eiq>Ie. doit d'au-* 
tant plus être épris de sts méis favoris, 
iqu'ils doivfçtit sembler plus étra&ges 
;aux ^Mtres nations ; c'est ainsi, que le 
mac<]fren'/.!des Italiens, kpjumlf^puddmg 
des Angtaî^, le saur-craut des Allé* 
içnands^ilq k^ri des Hongrois, lepilau 
des Turcs ^ t^nt fêtés cfaacun dans le 
pays qui les vil naître , ne.soot admis 
chez rétràngêr que sur. fcs ,tables où 
le choix^des mets sauve du danger 



St I>S5 BSI/.IS. 199 

i3'offrir un aliment dédaigné des con- 
vîires , et ^e fçraient pas fortune dans 
la classe du bas peu[^le partout aîlteurs 
qu'aux pays ôà ils sont en usage. Dans 
de seos la cuisiue moderne ne l'emporte 
donc pais non plus sur celle des anciens, 
qui, si l'on en juge par l'importance 
qu'ils y attachaient, savouraient avec 
délices lès plaisirs de la table. Ils ne 
BOUS paraissent pas non plu^ dvoir éiê 
inférieurs à fa Ctiisine de nos joars, si 
par supériorité on enteiid la' magni- 
ficence du service et le luxe des tfondi- 
mens. N'o^ cuisiniers sont bien lés plus 
adroits eknpôisôntieurs qu'il y ait sans 
doute, mais eu est-on venu^ de nos 
jours en France ^u point qii^ane reine 
puisse sabler d'uu iraiLle prix.dfi la 
rançon d'un roi, et que, répondant 
Égà cette provocation effrénée par une 
^Çrodigaliié non moins exiâgérée, son 
illustre amant ose accorder à l'un de 
ses cuisiniers une ville en don pour 
récompenser la façon d'un^bon plat? 
Voit-on encore un empereur assembler 
le sénat pour déçréjter la sauce d'un 
turbot ? Qite-t-oa à présent des cul- 






m tm 



SOO JOURHAL DES 60UEUAKDS 

siniers appointés de vingt mille francs 
par an , ainsi que le docteur Bernard 
assure, qu'il ed existait plusieurs à 
Rome ? £n connaît-on dont le talent 
aille jusqu'à imiter des poisons qu'on 
ne pouvait avoir, en donnant à d'autres 
poissons la forme et la saveur de ceu:c 
que le climat ou la saison refusaient 
à ia^ sensualité* Le génie en ce genre 
était tellement créateur ^ comoie le 
dit Pétrone en racontant les exploits 
du cuisinier dé Néron , (désigné sous 
le nom de Trimalcion) que cet artiste 
composait avec de \a chair de poisson 
des simulacreMe poulardes et de tour- 
terelles , qui avaient en effet le goût 
des oiseaux qu'ils représentaient, (i) 



ikaii 



(i) On a reproduit en Fronce ce petit pr o-y, 
dige pour tranquilliser la conscience des rolj^ 
sans priver leur gourmandise ; le jour du 
Vendredi-Saint on leur servait des légumes 
de'gûilUfs en forme de poissons de dîfFérens 
genres y et on cherchait par 'une pieuse fraudp 
à donner à ces supplëans le goût et la cousis-* 
tance des poissons dont ils tenaient lien* 



■-W «^ - ^- 



ET DES BEtl.ES» SOI 

L'faôte du Rocher de Cancalle a retrou* 
vé, il est vrai , le secret d'Apicius pour 
conserver des huilres fraîches, et il 
pourrait aussi en envoyer à un nou* 
veau Trajan de délicieuses, malgré 
l'ardeur de la saison qui nous con- 
sume; on vanle avec raison la table 
d'un grand prince , et celte magniH- 
cencè hospitalière est son moindre mé- 
ri{e; mais ily«a aussi loin des huîtres 
d'Etretât, conservées par Balaine, à 
celles du lac Lucrin envoyées de Ron^B 
chez les Parihes par Apicius, qu'il y 
<k loin encore des dîners délicats du 
Mécène français aux repas spmptueux 
du salon de Lucullus , aux fastueuses 
orgies dont l'atrahi^ire Séoèque nous 
a tracé le tableau : Mollibus lenibus que 
Jomentis totum ïaccessUur corpus, et, 
nenares intérim cessent , odoribus va^ 
riis inficltur Iqcus ipse, in quo luxuria^ 
parentatur. £h ! peut-on comparer dos 
modestes banquets à ces fêtes popu- 
laires où une foule de plus de cent 
mille cUens recevaient la >sportula dp 
leur pal|ro^.! Si l'on vante, au reste, 
la cuisine française , n'ouhUoas point 



.i-ài^J 



d 



Â02 JOUENAL DES GOVRMAUDS 

qu'elle doit aux Romains la réputation 
dont elle jouit. Dépositaires des arts 
de leurs ancêtres, les Italiens ont con* 
serve celui-ci par une tradition fiidelle; 
ce sont eux qui les premiers l'ont trans- 
porté en France, où il s'est naturalisé 
au point que ses progrès feraient douter 
à présent qu'il ne soit pas originaire 
du pays où il s'est si bien acclimaté. 
C'est surtout sous le règne de Henri II 
que Paris fut inondé de ces savons 
xKbuveaux qui grossissaient le cortège 
de Catherine de Médi'cis, et dont les 
édits de nos rois tentèrent en vain de 
i'éprimer les excçs. « J'ai vu , dit Mon- 
« tagne âv^ sa mâle ingénuité , un 
« de ces artistes qui avait servi le car- 
« dinal Càraffe; il me fît un discours 
m de cçtte science de gueule avec une 
« gravité et une contenance magis- 
« traie comme s'il eût parié de quelque 
« grand point de théologie ; il me dé- 
« chiffra les différences, d'appétit •• la 
« police des sauces... et tout cela en- 
« fié de riches et magnifiques paroles, 
« et de celles-là même qu'on emploie 
« à traiter du gouvernement d'un em- 
« pire, » 






ST DBS BELLES* 2o3 

Si l'on en croit les doctes , la Fran ce , 
loin de dégénérer , a surpassé ses mo^ 
dèles en ce genre (ce qu'on ne pourrait 

!)as également lui accorder pour toutes 
es autres sciences.) ; mais il lui reste 
lin pas à faire , et c'est alors seule^- 
ment qu'elle pourra se flatter de l'em- 
porter non-seulement sur l'antiquité^ 
mais encore sur tous ses contempo- 
rains; ce pas, c'est l'art d'approprier 
les alimens aux saisons, et par con» 
séquent aux climats, qui sont aussi 
opposés qu'elles diffèrent entre elles. 
N'est -il pas ridicule en eflTet de voir 
nos cuisiniers, si érudits d'ailleurs, 
s'obstiner à servir , en été comme en 
hiver, un potage bouillant, une cô- 
telette brûlante, sans égard pour les 
divers goûts variant avec les diverses 
saisons. Nous ne voulons pas qu'un 
maitre-d'hôtel consulte chaque marin 
le thermomètre de Chevallier pour 
régler la carte de son dinei^ki trans- 
former l'atelier de Cornus enTowneau 
de chimie, quoique pourtant la con- 
naissance de cette science pût prévenir 
beaucoup de quiproquo funestes à la 



/ . 



^ — ^^ 



204 JOURHAL DES GOURMANDS 

^nté ou au goût , mais nous désire- 
rerions que l'assaisonnement des mets 
fût toujours en raison de la tempéra- 
ture dominante et des indications hy- 
giéniques que la saison présente: (i) 
ainsi je remplacerais par une salade 
de chicorée sauvage /à la fois tonique 



M>«i^ 



(i) Si l'on veat avoir sur les repas des an- 
ciens, et en ge'nëral sur la littérature gour* 
mande, des renseigoemens précis, et consulter 
des autorités graves , on peut lire la description 
du Festin de Trimaîcion , par Pétrone; les 
propos de Table, de Plutarque; Jnl. Cœsar 
BuUengerus, de Cons^iviis; guidonis Panciroli 
tifeulum de Cibi capiendi modo veteribus usi- 
talo; Bapt. Pi afin ae Cremonensis, de honesta 
yoluptate et Valetudine , ouvrage contenant 
l'art de préparer ]es mets d'une manière 
agréable et utile à la santé ; le petit ouvrage 
de Cornaro , dèis Avantages de la Vie sobre, 
trad. pa'rJ^ssius^ le Traité des Festins, de 
Muret ; iflKémoire sur le Digesteur de Pa» 
pin; nEssai sur les Aliméns , par l'aimable 
docteur Lorry, qui , dit-on , prêchait si bien 
d'exemple; et récemment VAlmanach des 
Gourmands et lé CtùsinierdmpériaL 



.^ 



r 



BT DES BBLI^BS. 2o5 

et apëritive , la soupe , nourriture in- 
digeste , surtout en étéA que tous les 
gastrologues ont proscrxfb comme un 
mets de dupe, et que les médecins 
doivent également défendre , parce 
que sa chaleur excessive et sa longue 
macération dilatent Pestomac et le 
privent de son ressort. A ce début str<* 
mutant succéderaient ou plutôt s'uni* 
raient des viandes froides entourées 
de gélatine et aromatisées; caivrien ne 
s'allie mieux pour le goût et la santé 
que les viandes, les aromates et les 
végétaux ; c'est le régime favori des 
Musulmanes , qui , voulant tromper 
l'eûnui d'une perpétuelle inaction , et 
acquérir les volumineux contours qui 
chez ce peuple ont usurpé une répu« 
tation de beauté, passent les journées, 
i tour à tour à se baigner et à se gorger 
I de dattes , de figues , de pignons, dp 
pistaches, de gelées de fruits, d'a- 
mandes douces, de cacao, et de gé- 
latines composées de viandes de jeunes 
animaux* Elles reqiplissent les en* 
tr'actes en buvant tour à tour une infu- 
sion très-légère et chaude de café vert 
Tome VIU ax 



i 



So6 JOVRlfAL OBSOCIIRMAtlDS 

tet des jBorbets glacés : c'est à ce rëg? mo 
étraoge, dpntla plus molle insoucianca 
et des bains de Vapeurs délicieux secon- 
dent encore l'effet , qn'elles doivent les 
amples dimensions si prisées par leurs 
superbes époux, (i) Avec les mets que 
nous venons d'indique^^ et le pain de 
seigle substitué au p«Hn de froment, le 
raifort frais et râpé remplacerait la 
moutarde, mieux appropriée à l'hiver, 
et saupoudrerait de tendres perdreaux 
rôiis dans le pampre naissant , ou ajou- 
terait au piquant d'un salmi de cailles 
acidulé par le viu \ des cœurs de lai* 
lue, ^lollement reposés sur uo lit de 
pourpier et de concombres, assaisonnés 
de cresson, d'estragon, de sarriette, de 
tomates et de cerfeuil, ranimeraient 



(x) Consultes , sur I*art d'auf^enter oa de 
diminuer l'embonpoint, VAmi (hs Fehimes, 
1 vol. in-8®, avec fijf. , seconde édition , 7 fr. 
20 cent. 9 et 9 fr. franc dv port. A Paris , ches 
l'auteur, rédacteur ge'nëral de la Gazette de 
Santé , rue des Saints-Pères , n^. 5 ; et ^bes 
Capelle et Renand , libifaires-comBÛMioniudresi 
xaeJ.-J. Rouwaiu 



A 



ST ÔBS BBLLBS. 20;^ 

Tappétit sans trop l'irriter j on finiraic 
par couvrir ja table de couronnes de 
fleurs et de pyramides de fruits, dont 
les couleurs et les parfums réunis coti« 
tenteraient à la fois tous tes sens , et 
inviteraient par les jeux et l'odorat 
à satisfaire le palais; le lait, sous 
toutes les formes , offrirait sa liqueur 
nourrissante et balsamique , ou une 
crème appétissante , ou un beurre dé^^ 
licieux'et frais ; on proscrirait lé café 
et toutes les liqueurs spiritueuses peu* 
dant ces jour^ où l'on respire une 
atmosphère enflammée | mais un vin 
pur et généreux, versé d'une rnain^ 
plus libérale , répandrait à la ronde 
la joie et la santé dans l'ame des con* 
vives, en rappelant au centre la oba-^ 
leur occupant les extrémités^ quatre 
beures après le repas on raaimeirait 
encore l'énergie de l'estomac, et l'on 
ajouterait à la facilité de ses fonctions 
par l'usage modéré de glaces offrant le 
goût des fruits étrangers et le parfum 
des aromates les plus suaves 3 le soir^ 
quand le soleil aurait quitté l'borizoQ 
rafraîchi par la pluie ou par une brise 



- Il 



I 



: %0% JOURNAL BBS GOURMAKoS 

légère , on irait respirer l'air embaumé 
' des jardins publics embellis par les 

' Grâces, ou visiter que^ue ami .mal- 

heureux, consoler une famille indi- 
gente , puis , le cœur content , la cons- 
cience calme et la télé fraicbe, On se 
confierait avec délices aux doux men- 
songes du sommeil. Croit-on que cette 
I manière de vivre ne valût pas bien lés 

quatre services bien méthodiques de 
) nos dîners d'étiquette commei)çant à 

rhebre des soupers d'autrefois, nos 
/ tfaés anti-digestifs , nos tristes reversis, 

SOS bouillottes rukieuses et nos bals 
Doctumes? Nous avons tourné en ridi- 
cule les mœurs de nos aïeux, et nous 
expions nos mépris par la perte do 
notre santé. 

./EBtas parentum pejor avis iulit^ 
î \ Nos neifuiores ,. mox daturos 

Progeniem vitiosMenu 

M. s. U. 

P. 5. Nous indiquerons ainsi succes- 
sivement la carte des repas appro- 
priés aux saisons. 



■*<4..* ■ 



COURS GÂSMIONOMIQUE. 



NEUVIÈME DINEIU 

I- * 

V o I £ A y nessieots , la nenviioie fek 411» 
TOUS vous réunissez pour tous instruire tm 
mangeant , ou mieux pour manger en tou» 
insimisant y et vous n'avez pas encore ^bordtf 
la. question par laquelle ît me semble que voua 
auriez dû commencer : Qu'est-ce qiulajkimd, 

n est vrai qu'un peHt mot de phjarologw 
i;eurmaBde se serait pas déplacé. 



aaiSTOPBiLS» 

La raîm^ messieurs, est'uu hesoîn Imptf- 
vieiv de répare» les.fj^rces de no» «M'gasiea 
aiffiaiblj^.par l'aetio» de la vieille est propoir 
liaBBalle k l'état 4p> C9rpa:d«iia la jautteasf 



\ 



r r .• . - T > 






èl6 JOtmifàt BM et>tJRMANDS 
dOe jçst plu» vî?^, çlu» forte , plus pressante , 
narce que la puÎMAnce con»ervatricc est dan» 
saf lus graH4o^n«%ie^Jp»P«Vl<î^. pays cha^ids» 
la facuhëJcstruchve ayant beaucoup d'acti- 
vité, le» hommes mangent proportionnellement 
beaucoup moins qw^^^aus les climats froids, 
et les corps robustes ont un plus graad besoin 
' de se réparer que les corps ûîibles» 

Je ne sais pas si j^admetiràî votre définition 
d9;|a Aiim, qui convient yn^eux^ |e,croia, an 
beioin de. somneiL . 

nivs. 

' e^cst qne le repos à souvent le même but 
^ue l^^ppétit ; uMjnààïKMmquidort^no». 

" Ma foi , le sonimeil est Hm triste cuisinier; 
car lorsqu^ondÔTt^ê foUgne c^esl la foitt'titti 
BOUS réveille* 

a AI4I T-c B a Ji 1 1 «. . 

Je croyais , messieurs , que !a fàhn Iftait 
toujours une maladie ,' fH qtitf lé besdiH modéré 
de mauçet s'àppekâi ifpéM, 



,^^^â 



n 



ET DES BBXLES. it^ 

*,- ■ . . 

; . ■ .(...- ,'.•■. .- 

.ABI$TOPHIi;.S« , . , 

On aurait dû , je pense j admettre cette diV 
tinction : cependant la faim peut être fréquente 
aaiis être importune, et douloureuse» '^* *de 
Thûu (i) dit<que ]\f> de Samblançay, arche** 
vêque de Bourges , son parent , mangeait mum 
interruption ; qu'on lui .servait rëgniièrement 
•ix repas par jour^ et qu'il en sortait sans être* 
ra^iasié : le prélat regardait c6t assujétissement 
comme un j^laisir, qob comme une maladie» 
'..'..• ..... • • i 

oziaivivs*. I 

ï^fiet de l'hnmiiit^ cBrëjfienne !••• Vous nous 
avez fait entendre , monsieur , que les climats 
influaient sur l'appëtit : je le croîs ; oii mangé 
|>fbï"àu Nord qu'an Midi. L'impression dîi 
froid sur la peau y en augmentant sympatlliqiie^ 
ment l'action de l'estomac ^ lui donne une éner- 
ve quelquefois excessive , et qui peut aller 
Jàsqu^ prfoduire une faim'oaoine; (4) tàiidis 
çpM'hi' chaleur, exi provoquant la transpiratT<»i> 
relâche les membranes, et' Jeor h\é la Ibroe 
ntfepwaire pour opérer "la digeitîon » aussi je 

■•;•<• ^ , ■• •.',.• , . . ' i ■ .; «i 

^.(t)Hi«té, pag» toi) Um. t. 
{%) Tojw VlutftriiM, àMMM U ▼>• de BrntM* 



%l% J017&irA<..tlBS aOtTRlfANDS 

regarde It froid comme le përe de la faim ^ et 
la clMdeur comme mère de la «oîf» 

VAir A]!IT-yXI.LB. 

• . ... 

D'aprèi ce principe il faudrait y selon vonê, 
manf^er beaucoup en hiver^ et béfemcoup boire 
caétë. 

OXlGiVlVff» 

On ne doit pas tirer des cons^nevces anssi 
g^n^rales ; tout dépend du degré de tempéra- 
ture et du genre des alimens. Celui qui boirait 
beaucoup d'eau pendant la canicule s'affaibli- 
rait extrêmement ^ et se rendrait malade. Le 
Toyageur, exposé aux ardei^rs de l'été y mêle 
avec avantage les spiritueux à l'eau commune^ 
qui , seule y ne stimule point assez Ipa^^^andea 
muqueuses et salivaires. 

* ' 
. Pnisqu'on a prononcé le mot génériqse «/<• 
ment, vous nous dires peut-être, messieuta^ 
quelle est la substance vraiment alimentaire; 
car je vois parmi les peuples des caçnivores^de» 
frugivores , des ichtbyophages y et je voudrai» 
savoir lequel se nourrit le mieux» 



XT DSS BELLES* 2l3 

Â&lStOVHILS. 

« 

Dani les trois règnes de la nature le minéral 
ne fournît que deë assaitonnemens eu des re« 
mëdes; les deus^ autres seuls offrent des alimensi 
la nature les a prodigués dans ces deux règnes* 
L'herbe, qui nourrit tant d'animaux , se trouvé 
partout , et résiste aux hivers ; les grains d« 
tonte espèce se nultîplîent avec une abondanca 
extrême. La variété des goûts des animaux est 
en harmonie avec celle des substances qui 
servent de nourriture sur terre ou dans lea 
eaux; mais quelle que soit la diversité des ali- 
mens y l'action de nos organes en sépare tou<« 
jours les mêmes principes nutritifs : aussi Hip« 
pocrate a dit : // ny a iju^un âlimeni, maiâ 
il \exUle plusieurs espèces d'aiimens* 

Bv.aroiiT. 

Hippocrate vous met fort à votre aise^ mei« 
sieurs les gourmands } car si le choix des ali- 
mens est indifférent , vous avez grande raisoa 
de prendre les plus sa voureui. 

ozioixius* 

Vous ailes trop loin , monsieur, et je voil 
^Vvec vous il faut étire, précis* Oui^ presque 



\ 



ât4 JOVBKAL DIS OOirUMAK^ 

tout dans la sature peut être aliment ; l'air 
mÂme purfe quelquefois avec lui un principe 
irëft-nourrisfant ;i j'en atteste la belle saliftf , la 
£raiclteur des bouchèf*** ^et charcutiëtea da 
Paiia; et je vous rappellerai le sage Dëiuorrite 
qui vécut troia jours en respirant la vapeur d'un 
pain cbaud. Je pourrais vous citer des honraes 
^ui ont soulenu leur existence pendant quelque 
teois par dei laveq^ns de bouillon ^ dea*baint 
de lait ou de vin, FoiAteT) dans son voyage au 
^ord y assure que les mateiots4e son équipage ^ 
prives de toute nourriture, appaisërent leu». 
lain en se baignant. Mais tous ces faits font 
exception. Il a'eat pas indiJB*ëren( pour la.sant^ 
4e manger tout ce qui sa présente ; car il ^f a 
4çs poisons dana le règue auiçial comnoe daua 
le règne végétal : on peut dire cependant^ en 
général , que la sul^tance la pins nutritive dea 
▼^étauz est Isl féeule an^ttcée y comme celle 
àw animaux est la eéîaiine* 

Puisqu'en dernière analyse les naturallstet 
et les chimistes réduisent à deux les matières 
vraiment assîmîlatriées , pourquoi ne se uour* 
rissenUils pas uniquement de gélatine et de 
fécule ? il- me semble gue ce serait rendre un 



ET DCS'VBLl^ES. 



filS 



grântl service que de connentrer sous un petit 
Tel urne la nourrilure essentielle k l'jbomme* 

On a essaye de composer dans ces principes 
une poudre hutritii^ pour les soldats ef les 
marins; mais ils ont trouve ^ave^ raison , fort 
ridicule qu'on voulât renfermer une Tingtain9 
de leurs repas dans une tabatière; et leur eslQ^ 
mac 9 quoique suffisamment sustente', n'en pa- 
raissait pas moins vide ^ paiîce qu'il manquait 
^e lest : d'ailleurs la mastication ^Plit si|ppri'« 
m<fe , et c'est nné partie essentielle de lï diges- 
tion ; il faut donc qu# les dents s'exercent sur 
des alimens solides. 

ozioInivI. t 

î 

Mais il faut une sage m'esni:^ en tout ; les 
alimens grossiers engpurdis#^nt les sensatiot^s 
et aiîaiblis^ent l'intelligence^ Pans certains 
pays, où le peuple vit de châtaignes ou de blj5 
sarasin, les hommes Sont abrutis; (i) d'autres^ 
quitoe se nourrissent que de lait , ont lesgodl^ 
îndblens. (2) Les nations les plus cruelles sont 



(a) Ibid, , 



SI 6 JOU&MAt 08S GOURMANDS 

Celles qui tont essentiellement carnivores : cott« 
pares le pacifique Indien, vivant de fruits, 
avec le farouche Tartare , qui boit le sang du 
cheval , et mange sa chair palpitante. 

SlINT-^HA&LSS* 

8i l'Anglais est plus sombre et plus féroce 
que le Français^ cela viendrait donc de ce qu'il 
nànge une plus grande quantité de viande? 

oirkto&T* 

Cela secourrait* 

. - oxiaiirius* • 



i 



Le rëgjime v^^tal convient aux pays chauds , 
parce qu'il ierop^e Tardeur du climat. Les 
brachmanesy les peuples des Canaries et du 
Brésil n'en ont^ai d'Wtre , parce que la di- 
gestion des végëtaut est aè^ompagnéte de^moios 
d'irritation et de chaleur ; tnais vers ïcs pôles 
le régime animal est celui qui convient* ' 

* . •• • -'4 . . 

Laissons les extrêmes : nous vivons dan^un 
•climat tempéré; conunettt doit se composex 
notie'BourrUttre?' ' • • 



/ 



\ 



ST DBS BBLLBS. 2l*r 

f ARittOPHiLE. 

La physîolofie noBs foimiit dem aaoyeiM i^ 
conpaitre Ja manière dont l'homme doit <• 
nourrir; ces deux signes caractëristiqqes spnj^ 
les dents et la grandeur du tube i^estinal.Ypiifi. 
savez que parpai les animaux les carnivores 
n'ont que des dents ihcisives et canines; que 
les lierbifores n'ont que des dents molaires, et 
qae l'homme ,' animal omnivore, a huit inci-' 
lires, deux canine et jvingt nplaires. 

_ . Pa|»s Ie.c|a,T|iivore les ^rgitaes ext^rienrsIAnt 
remplis d^ fprcie; les pr|^ne^ in^tucs Kfld 
faibles : ilf n'ont qu'un; ctft«|i;nf^^ tandis .qii« 
\e.» rnminans ^ ont deux .ou ftoisi^Qç «a trou^^ 
quelques hommes qui rumial^f^^,J J(^i) .lUffM 
c'étaient des phénomènes extraordinaires. 

Dans le bœufles intestins ont cent-quaraute- 
\m\t pM> de>lta|p; ceux i de Jf homme ContUix 
Iqh ûjpttgoctor ^è soti'ofr^iç ile waài prt^or^ 
^IJDOAeUwv^ni'jplttl gnands ânw ^tviBsat <{a« 
4ai|t l^a^lte, fàrcs qae ises >bescdns «oiit..pIa# 
imp^iaeHX. Le tlib* «ligcfttiCdé la f antbkcé 4f'A 

Tom€ ru* M» 



\ 



»t8 JOURNAL 0SS GOURMANDS 

i^e cinq pîeds , et celui jla reqain douze à 
«piinze pouces au plus; tous vojez que tout 
^t iselatif aux mœurff des animaux. 

^ * ISn comparant ces difierentes observations 
À est aisé de voir que l^omme , dans un climat 
iempëre y doit composer sa nourriture d'un 
tiers de substances animales et de deux tiers de 
▼ëgëtauzy mais qu'il' peut faire varier ces pro-*- 

I^oifions en raison de l'âge et des saisons* 

— II.» , i.. ' ' 

■ ' - oxt-eélïiufi 

* VoSlày néésîètitVj ' la gastronomie àéjk |us- 
tifiée par la physiologie'; elle le sera mieux 
•ncorè quand tittis lui^appliquerons les prin- 
èîpès de la cliiâaié ', '' bfti Kans elle notre cours n« 
lerait pas cbû^l^' 

MAHÀXT-V.1L?;^B. , . 

; . n me Jernblb en /effet qne>'cee tnessieuri 
cnttiès-bienptbuTif^'ilfallaitKèoviiry varier, 
«lélanger.tëB neliii,<:ëti^e la tfixltéyeoètme lé 
plaisir, féndlait-id'abfthpureulBe asloc^ion dà 
•ttbstattces. tout id'lti! ibis nntrîtivek «^ saTQn^ 
reuses. La seule observation de l'influence des 
saisons suffirait pour faire de la cuisine ua art 
difficile et to^drttW; * " * * * ^ '"'""' ' 



XT DES^^ BSLUS^ . ai^ 



lAINT-CHAai,XS. 



Mais ces messieurs nous ont cite en coiuunt 
Hfécùlé'kila. gélatine coïtïh&suhsttknce» es- 
sentiellement assimilatrices , et ils ue nous ont 
pas dit dans quelles pl'opértions ces matièret 
se tr^Q^Ti^eAt ,.4Ans iios < alimenp^* Je connais la 
. gçl9^tii^e|' je sais que M* Amand Segi^n la con- 
seillecomme un parfait fâ^rifuge; que M.Cadel* 
de-Vaux la retire des os poi^r. en. faire un .excel- 
lent bouillon^ qu'elle, fait la base d&nç|»bpnnef 
gelées de toIimII^ ou de,T^au ; mais je ne sais 
ai p^ iioûp amylacé on, entend, fou t0s les fa* 

j OZlGiNIVS», . > 

• lîs fëcale amylacée se trotfvé'tton-^Aiulemeiif 
ûtâEts tûutes'lei céréilles',.fr6mëtit, orge , seigle', 
«▼dÎD^ rnaïs^ iiz^> miileby rnais'eticore dans 
les râcmes tubî^reuses/lMlés'qùe la pomme dt 
lerr«,;lâ' patate'^ le màdièc, etc.* Les plt^ 
'aliées'à Ij^érer sont celles ^i^ contiennent Ib 
gluten, principe fermentescibl'e'^'sans lequel lis 
pain ne aérait qu'une lou^4^ galetfe , un azirn* 
•ans saveur. 



"' */■ 



K AK AH T-T IX LE, 

pr.j r 



Ainsi, mensieiiurt^ypi^s ,reg9^de& la/fermes- 
.lotion dçj|. Aurifies coiqm^ «til« k U saAlé? 



Lîngiiet a prétendu que le lettia était un 
poison* 

tl n*tiBÏ pas éeparàtloxe qu'en ne pvîéàé tou- 

'teirir avec de l'esprit; l'assertion def^inguat 

ii'effraja que les ignorans. On aditdti pain ce 

*que F6><itettelle a dit da eafë : Si c'est un poi- 

■éOh , c^eit eu rhains un jfoiêùn lent; cepen- 

âtfnt rèttè ^^esifon exëiéà de grarfdés di^cni- 

•eions. Les Gaàlôis^y cdnmra l'assuré I^M^, so 

'fterraient pour fennent de levure de i^ièi^^ 

comme on s'en s^rt encote^ maintenant ; cet 

•UBi^e fut abandoonf jusqu'au aeialisM qi^le: 

on Toiulut )9 .faire revivre ^ mais les mëdecîM 

^ëlevërentcontEe ,1er boulangera; et aj^^ die 

longs débats à )a.EacuM^ de Médi9cine> TalnvuiiB 

fut proscris pâc.vip^ ai?êt:du Cmiaeil^ (16694) 

.Cet arr&J: éfi^t si lOftufde qu'il fut tëvoqntf 

Pwinée suivante» r • • 

" s^aroàT. 

On peut , meQsietirs , . d*<^pf^^ ^^ ^u^ vous 
avez dit y évaluer les proportions relatives de 
-matières kil}ffiale<l*'oCi^ vëgééfîéif qiii doivent 
servir d^limen^ |otiriiifliérA à: Phonème baM* 



.j^c^-' 



tanr les lônes teiopër($5|.f ^ pj^s qnéi est , selon 
▼0QS9 la quantité absolue de nourriture que 
4ak j^tmétû uA haaàcma «dfaUe pt aobrv? 



j < : V 



Je crains que ^,dëci^i()p.^f ces messieurs ne 
fasse UN peu la satire de nos dîners gastrono- 

,:'->— < Mm^s^w^iÊm^t.''- "^ ■•"■"■'■ • * ^ 

nécessaire à un homme est relative à son fige^ 
à son fempëramëlif p à^- «è# habitudes. On a 
«herfjhé un .terme moyen» etSanctorius. nro- 
lesieûr 6é ipedéciAe !i Pfidoue^ ^uj vffcui plij- 
lliéur!^.à))q#es ^ans urti^ Balancé pgur p^ser ses 
repas et ses d]gesnops.,e8tiipe.qu un Uomme 
iàin, robuste et ^obfe, peut ènti:ë(enir sa sanle^ 
en, prenant liuîl livrés dé nourri! ûre par jour: 
dans ce poids ît "comprend ta boisson' pour 
quatre Jivres ou deux pintes; restent quafré 
livres qui se divisent en trois environ de subs- 
tances végétales et une de minières animales: 
mais ce calcul ne doit point être pris à la ri- 
gueur; il est des hommes qui^ comme l'abbé 
de Voisenon I ne tiennent que chopm; il en 
est qui tienaentlt double de la mesure de Sasc» 
torius« 



Jftftt JOU&IIAL sis «QI7HHAKDS 

ifi.NiirT-yic£K. 

Je Conçois qtfe Pcseraiee y le- travail ^ mo* 
difiant l'appëtit y changent aiuai la capacité 
réelle de rcstomîcJ: * ' - - ' ^ ^ 

OXIGBNIirè. 

•'•• " ♦ • i • ;• ■ } 1 i I >■ l 

Et les assaisonnemens que vous ne eempteiK 
pas : avec cet .ftimiilfuii ,*aiv sayons créer, 
qaand noua le VouIobb^ un appétit qui n'est 
pas'aftisrî facHce^'oià Tëo^ M'en le croire.* 

y- fi' . jBvayq&r« . 

Concluons, messieurs, qu'il n'est point 3» 
"■cgles positives; que la gastronomie peut être 
un art diiEcile, mais qu'il est plus difEci/e en- 

j . .-*':' >,î'*(i- i--»* 

rore de se tenir dans les bornes que'prescrit la 
pâture lorsqu'on xeut'user des ressourcés de 

j'àrt pout satisfaire 'ses goûts jet varier ses plat- 

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Un économe ide^œanvni 

Avait admî» à jion- ^r,f îce ■ , - . y 

j^rbeau ^ %mn^ ^t faufil Sar^oo^ . ) 
^ais san9 allure, et tou^.novice^ 
"En propre ferme un vrài Jocrisse ^ 
Ce dont bielliir4é^reî)rip|ait , 

I Car chaque jour il commettait 
Quelques nouvelles balourdises f 
Et réparait par des sottises 
Toutes les fautes qu'il faisait; 

, Mais en revanche il amusait 
Par sa naïve répartie. 
Son maître, vigilant, actif , 
Tonnait contre son inertie ^ 
Ne voulant pas qu'il fût oisii^ 



Èt4 JOITRJfÀt bÉh ÔdbRRlfNDS 

Un jour notre homme ^ faisuit mine 
D'aToîr BesoÎD & là' cntsine , 
Entre ^ f t le voit tenant en main 
Un aâsèi ^imotreaa Aè ]»^n|; 
Il s'avance vers lui , t'emporte , 
Et l'apostrophe de la sorte t 
—Vilain goinfrej^maudit sujets 
Tu manges à l'heure qu'il est ! 
Eli! que ne vas-tu plutôt paître! 
Tu ii'as pa^^en djn^ pei^l-êtve? 
R^pondras-tu Jonc , franc butor? 
-— Monsieur, calmez votre colère |.. 
De me gronÉkr vous'a^aVvtt ^ " '^ i 
Car vraiment si fe mange tôeot • • A 
C'#st potu ii^èti^ pM sans rie«i hiltA 

«11., 'ii , ' ' • ' ' 

M* PonsASDia-SiMon , ahonné 



■- b 



i 



1 ., ■ . ' 












J i t 4 ■ , 



L 



ET îf&S BELLES. 2^ 



DESSERT. 



> I. 



.' 



LES D£UX DAKS£URS t>E CORDE, 

POT-POVU&l* 

An. i Hum des )«as «t dm accord» «hanpètrM , 
, o»jrCm>«MitoiiHi«ii»d^i<a«/iim0b>l»oaç«Ule. 

JLoi qui chuotAf fiur lQ8.jiTe8 du XftQthe 
Le grandcourrqu^x dufiex^VAinqueurdllttctory 
Viena préluder sur' ta lyre savante } , 
Vers l'Hélicon prends un nouvel essor-; 
Il faut , Homère > et ton Iv^tfx et Xqnt st jlc 
Pour célébrer la gloire tt les dangers 
Pe ^eui; rivaiix aussi braves qu'AoliUk t 
£t jont les pieds font enç^r plii^ légers* 

▲m I Mmùieiir d« Catiast. 

Muse ^redis-moi donc quelle i^rdenx de combats 
De ces fameuj; tiva9i ^cita'lef débat»: - 
Pourquoi hûtriï ici retracer leurs furen^t t 
Tiin^/clfia(f^t4i(ians Vmmbdgs danseurs! (i ) 

f i) MM. HaM ii Forioio ont Hé «n rivaUté An tafeus ')!»• 
^trati jour où ce dernier a siicconibâ dans un awai^t au 
théàtrv Hiou^maMiiet. (Htsi dt% iditeursj 



ft26 JOU&MÀX. DEI «OUAltANOS 

Du haut en b«i ' - 
Cet meitieurt le traitent Pan'Pautre; 

Du hant ei^baa 
Voilà le point de leurs d^batf : 
Cbacun d'eux fait le bon apôtre; 
Chacun Youdcait ▼oir tombet l*aatr« 

Du haut en bai; '^ 

Air dit tmaèii^U Au ImiUm dos Vicnfon. 

' Qvt des deux a le plus de grâce ? . j 

Qui des deux ,est le plus léger ? 
Qui des deux a le plus d'audace? 
Voilà ^e qu'il nous faut juger. 
Moi je me récuse , et pour cause ^ 
Car aux yeux du sage il' est clair 

* Qu'en prononçai) t dans cette cause 
On fait un jugement en l'air; 

AXB t Anx Mins fut i« |nr*itda da ma gloire. (J}*t CkêrilUsy) 

"DirL brille le four âugnsfe ^ ' 
Où ; charmant nos regards surpris , 
' Des mains d'un public toujours juitt 
Le Tainjueur TcceTra le prix; 



IT DBS iKLLSS; £27 

Mais par de plaisans subterfuges ' 

Ces messieurs. sie font dëfrayer: 
Au Palais nous patrons nos juges^ 
Au théâtre on les .fait payer^ 

lintlHi lendendiu 

■. • • . ; 

Caaqdv iaimeiir s'élaBoe.; 
Rien ne pe^Qt lis ^tentB^; 

La victoire balance; , ., . l 
Qui des deux va l'obtenir* 
£nfin pour l'un elle penche^ 
Mais l'autre annonce soudain 
Qu'il Veut prendre sa revanclM 
Le lendemain, (i ) , • 

▲la : L'Amour ainsi qu^ la Natnr* 
N' Goanait pi» jcm dUtanc'a-dâ. '' 

« 

Snà une corde tendue • r 

Il franchira l'étendue 
Que forme le grand canal 
Qui conduit au pont Royal. 
— Quoi! do pont de la Concorda 
Au pont Rdyal n"M\' ' ' . ' * • 
-*- Saches qb*ôîi' danseuir de toiâë ^ 
N' coiinatt pàk ^è'i'dîètànc'S^lfci ^ ' ' ^ 

(a) M. Porioto, afin de réhabilitar ta réputatioa, arail 
«romia d'aller, le jour de Saint-Napoléon y dopnia le poat d» 
fa Concorda )uequ'aH pont Royal «ur une corda tendu* à cet 
«iobt p«c 4êt mogf^ju ingénieur, (Nou d§t M4iuur$.j. 



\ 



ÀiB : Dioacli«t0r 9Vf »« porte. fDe Stmtfuû 
et X^ominique») 

Ev vaÎB la foule a'emprene , 
Ild vain chacun fenfl Ja presse y. 
N«tre homme ne vient pas* 
Specf'ateurS', dianaétf ts për^nt leur? pas , 
El lacordéétMittl'éplâChey 
Il fallut donierlPAlftciié. 

• * I 

an r XI a vontn^ il ■*• pue fA. 

A 
\ • ' I ■ 

Il n*a pas pu' 
Traverser la riviër^; , . 

ÛàM^eet aiiau4 

Il fit un saut , 
Nais un saut en arrîëre* 

A» t ^fl n« renx la mort 4« peraona*. 

Mais à quoi bon qçs vains dëbatf? 
I^ .paix./ qni faU. ftij^Ja 4isfordc^ 

Rapprocher nos daaiftiirs d« cordé. 



I • », ' •♦ Il •' • <• 1 i 



A 



pu, 



^, ET BE& fiELLBS. . 229 

L*an est fo rt y l'au tre est gracieux ; 
£r . jôns leur donner àe couronne • 
Itf ci je les applaudis tous deux : 
Je îie veux la mort de personne». 

M. MoaxAV» 



( 



tES; MELONS 

Kj MIS amis , en ce moment 
Que l'on m'entoure , et qu^on se tifisef 
Je vous propose ici fcaîmeut 
Une antique et sublime thèse : 
Fa\it-il aimer tous \t% melons. 
Soit qu'ils soient ronds, soit qu'ils soient 
longs? 

S\ quelquefois le melon r^à 
Dans la bouche en sucre s'évade^ 
Il a par fois du potiron 
Et le teint péUe et le goût fade... 
Faut-il aimer tous les melons. 
Soit qu'ils soient rondfi, soit qu'fit soient 
longs? • 

Tome yiL al 



tZo journal des GOUBJIàllDS 

Si quelquefois le melon long 
D'u^vrai oectàr donne une pinte. 
Quelquefois son masque félon 
Recèle un cœur de coloquintes. 
« Fnut-il. aimSr tous les melons. 
Soit qu'ils soient ronds , aoit qu'ils 
longs? 



Ta\ vu dVn ormes cantaloux. 
De leurs serres cassant les Titres y . y 
Affecter un dédain jaloux 
Pour ceux qui n'avaient pas leurs tîties. 
Faut-il aimer tous les melons^ 
Soit quMls soient ronds ^ soit qu'ils soîea( 
longs? 

O mes amis y que tous tardes 
A m'ouvrir un avis solide ! 
Je vous crois tous intimidés: 
£n ce cas-là moi je décid« 
Qu'il faut éftmer les bons melons. 
Soit qu'ils soient ronds, soit qu'ils «oient 
longs. 



-il* DEà BEIXfS. s3i 



Mm > Atm t«iu mu le nikne toit. 

lv8PX&£ p&r son )U8 divin , 
A Bacchus consacrant mes veillet^ 
A table en célébrant le vin 
Souvent je croh faire merveilles: 
Anjoard^ni , craignant un malhenr, 
Sur votre'indnlgesce je compte; 
Hais si vous blâmez mon- erreur. 
Songez bien qu'erreur n'est pas compte» 

l»a v^n'l/ presque toujours 
Kôu4 fatigue et nous contrarie; 
li'ainable erreur charme le coui» . 
I>u petit trajet de la vie: 
Quand je goûté un bonbei|r compkl 
Que m'importe si je m'abuse; 
La vérité qui me déplaît 
Ne vaut pas l'erreur qui m'amuse. 

Que je plains l'erreur d'un amant 
Qui f loin de sa jeune maîtresse 
S'abandonnant à son tourment , 
Pane les nuits dans la tristesse ! 



'27a jouAVÂi. Dis ho'âàMXvnu 

^ . . Poar moi j si j^ ]^eux m'eodoimis 
£d rêvant à l'objet que j'aime, 
Verdeur 4ui m'offre I9 plaisir 
Vaut quelquefois le plaisir mème« 

Narguant font haut le froid ceniear 
Et sa triste philosophie , 
Je marche à* erreur en erreur 
' Sur les traces de la Folie; - 

£t... telle est ma légèreté. 
Que j'échangerai», chers confcërest** ' 
Tous le« dons de la vérité 
Pour les propiesses des chimères* , 

Quoique l'on notait fait bien dct toirs , 
A l'amitié je suis fidëU : 
Jejerois iheé amis àans détéikrs; 
Je crois à Paàionr de ma bello ; 
Je cfdt que sans moi la^prandeiit 
Ne lui ferait attcnne envie s 
Si tout cela n'est qn'niie err&it, 
Qn*0lle dure toute ma TÎe* 



XT DIS nttiit». . 3.S3 



LE TONNEBRE ET LES PUCES, 



OIT 



REPONSE A CETTE QUESTION: 

4 

JPouTfuoi iani de tonnerre ei de puces 

en été? 

xtm > JiipsMr ni^ jour en fnrsnr* ' 

, r/niTXB vit naîfre Cupidon ; 
l^'Hymen , ton frèie, vJttt emaité; 
Et chacun d'eni vi*ut qu'on profite 
Des longues nui|8 de U jiftisço* ; 
ht^ nyippli^S «luvi poi^r leur plaire 
Ftfnt içaint ÎAgi^pjeMx r^çit; 
Mais près des ,bMle.8 )a Piiit , 

S'amu8e-^-/9«[ à r^^ii 
Lortqu«.l'on.pfii^ mieux faire^ (j9iVr) 

Bientôt les coursiers du Soleil 
Chez Thétis sont lents à se rendr*^^ 
Et la Nuit qui se fait attendre 
A peine iuffîtau sommeil. 






âS4 JOURKAL DBS GOt^llMANM 

L'Amour, suWi de l'Hymënëe, 
D'un Toi aussi piromptque l'éclaîr 
Va supplier Jupiter 

< De faire durer l'biver 

• Au moins toute l'annëa. 

- « En ëtë dès l'aube du jour ' 
« On court, on travaille, on s'ag^ite; 
« On «rentre fard, on s'endort vile; • 
c Rien pour l'Hymen, rien pour l'Amont. 
« C'est en été qu'on fait la guerre, 
« Et que milJe chemins divejrs 
« Conduisent l'homme aux enfers, 
«r Grand Dieu , rendA^ona 1^ hivers 
. «. Pofir repeupler la terre. » 

Jupiter «lors de IVt^ . ^ 

L^ar peignit tous les airantages; * 
Ces verts gazons , ces frais bocages , 
Asiles de la volupté ; 
Et ces ganses sous la coudrette 
Où , sur le déclin des beaux jours, 
Les bergères n'ont d'atours 
^ Qm^ simples jupons conrts 
Et point de collerette-. 



. XT DES BBLLISS. 235 

L'eipiègle Cupîdon sourit ; ^ 

Mais des bosquets l'Hymen s'alAime : 
Pour .lui .l'ftlcove a plus de charme. 
Jupiter le calme ^ et loi dit: 
L'e't^ plus d'une nuit heureuse 
T^'y fera goûter sa douceur; 
Mpn:lïV?iitfrre avec fureur . f - 

RëveiUeia mon dormeur, «... 
Les y^ucex la dormeuse. - 

... M. Pb. D£ hL MADI^UlINX. 



LE COCHE, 

GBAff.SON. 
An ; Kendex-moi mon écaelle de 'boia* 

U 1^ butor sans trop se dérai^er 

Arrive à la fortune; 
Un savant pirend un ballon légez 
Pour aller'vers la lune : 
Pour 'arriver an double moipt j 
En ehemitt^si rien ne Paccroohe , 
An lien d'un élëgànt phaëton '...• 
Mauiise prend le cochif. 



»36 JOURKAi.: 1>BS OOVAHAVM 

Abandonnons ani henrocurdn {onr 

Le iilperbe équipage; 
Jj€ eoehe, bten^s^lide et biéolmirdy- 

A plus d'on avastage: ' 
Ne voyons-nMis pas le* Hasard y 
Qui fait souvent maint a&ieroclie, • 
Promener les Ennuis dan^ un char 
£t les Ris dans un coche? • 

« 

Le coche étroA àniëne à Paris 
Oes agnèsy des nourrices , 
Des Manseauz , des Normands dë^nrdis 
Et des Gascons novices : 
Attend-Hm d'un pays loîntaift 
Une future sans reproche; 
Pour l'avoir de la yenyière main 
Il faut la prenore au cocht* 



Pour faire un voyage de long eonts. 

Monsieur Riflard s'absente; 
Près de sa danle au bout do deux îeurâ 
Un galaut s» prëssute : 
L'ëpousby malgré son serment ^ 
Sent déjà son honneur cjui cloche-^ 
Il est clair que l'^ux et l'asosnt 
N'ont pàa manqué le eoc^* - 



V 



D'Anser^ le eeche, l*an f^uéf » 

Marchait comoia-unff soucliaf 
Mais'voyanttoii char eaib«jra«ié • 
La eacbar praud la mouciie t 
Il jure y il frappa à l'infini' 
Son cheval plus dar ^'nna.roche^- 
£t nottt aeriona encore k Joigoj 
Sanf la mouche àvLaoche^ 

Pour aller dans le somhFq^mapoIr 

Voir Plpton face à face , 
S'il faat, dans an cache peinl: timoir. 
Prendre nn jour notre place. 
Sans redoute^ le trait fatal 
Que toujoura le Destin décoche y 
Je crois que nous né ferions pas mal . 
D'attendre ici le coche» 

M. Ahtiov^c- 



L'EAU VA TOUJOURS A LA RIVIÈRE. 

• ■ - 

AVÊk t J'étali bon chaiMur «utrtCBb. 

■ 

Amis', il est un fait certain - 
Que lie doit ignorer personne ^ 
La Moselle s'unit au Rtiin ', " 
Et la Dordogne à la Gatonnef 



i38 JOURVAt BB8 GOUHHAKDt 

L'OÎM daiM la Seine te rend ; 
Le Rhône se joint à l'Itère , 
Et, bien ou mal, voilà coànmeaC' 
, L*eau va toujours à la rivière* 

JktmBLtenf, jadis porteur d'eau^ 
Mondor,'qHi te nommait Antoine| 
Equipe maint et maint vaissean; ' 
L'Océan est ton patrimoine. 
. Humble antrefoit , fier aujourd'hui y - 
Au Pactole il te détaltërOf 
Et let faveurt pleurent sur lai: 
Uetui va toujours à la riviertm * 

L*ami Vîgier tout let matint 
Chez lui voit accourir la foule ^ 
Et tant qu'il calera des liàînt 
Nout ne craignons pas qu'il te conliik 
Vigier roule et nage dans l'or; 
Sa fortune est liquide et claîie, 
Et chaque été la double encor«.« 
Ueau va toujours à la ri%fièr$m 

Un hydropique , lat det maux 
Dont gémit l'humaine nature, 
Un beau matin va dans let eaux 
Chercher un terme à son enflure^ , 



ZT DES BELLES, sS^ 

Fijéac le voit : Ah , cadëdn ! 
Dit-il en sautant en arrière , 
Il est défunt.- de pro/undis. . 
h* eau va toujours à la rivière» 

Un Jean-Baptiste , yîgneron y ^ 

Ayant adopté pour système 

D'imiter en tout son patron • 

Honorait son vin du baptême. 

Un jour la Seine débordant * 

Vient inonder sa cavç entière: • 

Il deyait prévoir l'accident ; 

JUeau va toujours à la riinèrëm 

Je voulais boire ce matin 
A la source de l'Hippocrène; 
Vous m'avez coupé le chemin y 
£t je reviens tout hors d'haleine. 
Chaque mois yous m'opposc^es 
Cette insuriûontable barrière: / 
Plus vous buvez, plus vousboirez*** 
lé' eau va. toujours à la rivière^ 

M* DésAVOXBlLt* 



\ 

JOURNAL' ntS ÔdUâllARDt 



LE VIEILLARD. 

' Air Am TiwilUttn. 



C^oAHp onX fa toiitiitaîpe 
Le coBur tBt daos-UJ>edaine^ 
£r sit^ qa*clle est bien pleiac 
Qo n'a rico à detirer: ^ 
D'amour le poison «imabla . 
Cette d'être redoutable ^ 
Et c'est seulement k table 
Que l'on peut nout enivrer. 

» 
wéûoêf es iofMie,dé6M9| 
FaTtfrka tta jevnetie^ 
Et j'en gfÉtdçrai tans Cf ase 
•Lrplli» tevdre sowrentr. 
PeuMtr» mémo qu^encore 
Mon conr eç secret l'adore; 
Mais où trouver une Aufore 
Qui fwilâ t ma raj«6ttir ? 



( 



I 



I 



BT DES BRLLEfi» %^ISL 

bacchns en anra la gloire: 

Je veux à force de boire 

Effacer de ma mémoire 

Le torr que m'oAt fait tes ans* * 

Oui , tandis qae l'on me donne 

De ce doQX {os de l'automne , 

Sur mon front qui se bourgeonne 

Je sens naître le printems. 



Verses donc^ mains complaisantes; 
Arroses ces fleurs naissantes 
Qui daJenrs couleurs brillantes ^ 
Commencent à m'embe^ir. 
Qu^ici Bacchus seul préside ; 
Chassons-en le dieu de Gnide^ 
Qui de son souffle perfide 
Saurai! bientôt las flétrir* 



m.» A« J*| €nonné* 



Tpme VIU M 



S4a ^<yVAVkL DES GOURlJfAirDS 

T 



CbANSON SUR LES MOTS DONNES; 



OKEGOIRE ET LA S^-MICHELi. 

ADi i lion père était pot. 

IjHiirToirs le patron des buveurs ^ ' 
Chantoti4ie bon Grégoire; ^ 
Qui mieux que lui sut de nos cœun 
. Eloigner le de'boire? 
Ce jojeuz bumain y 
Xç verre à la main , 
S'est acquis de la gloire: 
Amis y ses exploits 
Valent bien , je crois , 
Qu'on boive à aa mémoire* 

Grégoire de la Saint-Michel 

Redoutait les approches , 
Craignant qu'on Lazare cruel 

N« vint vider tes poches. 




ET P^ES BELLES* 34^ 

Un buveur grivois 

Prétend qu'un* {bis, 
Sentant ce jour critique^ 

Grégoire long-tems 

Habita les flancs 
D^une large banque. 

Plus bardî que notre patron | 

Sans avoir son mérite. 
Je bois et brave sans façon 

Sainl'Michtl et sa suite. "^ 

Quand maint créancier 

Envoie un huissier 
Se morftfndre à ma porte , .| 

Je lui dis gahnent: 

<r Je n'ai point d'argent ; 
« Jamais buveur n'en porte. • 

Buvons sans nônsi inquiéter 

D'un créancier avide ; 
C'est beaucoup pour lui d'hériter 
D'un mauvais tonneau vide. 

Faisons peu de cas 

Des visages plats 
Que Sainl-Micliel attroupe : 

Un bou gros buveur 

Ne peut avoir peur 
D'une aussi maigre troupeé 



a44 journal dss goohmahds 

Buvons pour DOftt le çliagrib , ^ 

Bttvont pour sont distraire ; 
Buvons f ^t' que toujours lé* vin 
/ Mousse dans la fougère : ^ 
fiuvoBS à Panard, 
Buvons à •/'ViMr// 
19 'oublions pas Grégoire} 
Et ^oand noas>iBourroiiSy 
Amis, nous irons 
Boire. • é dans l'ondé noii^ 

M. Laaéi; abonné de Dieppe» 



Les moû doûnës pour le mois d'oc« 
tobre sont: t^uiomne , le Demi^Sour, 
les Vendanges y iQxX U graTuri or- 
nera ce Cahier. 






\ 






I i j ■ ' 'fi 



* - 



ou 
L'ÂPtlÈS-DINÉE. 



•*««i^. . 



PRODUITS 

DE LTZfDtJSmm GOUBMAKDC; 

. • 
Gâteaux f4Ms% 

Oi| QWiig^ à Ltogres ^ an F^rBiU«t , «f dan» 
p1iui«lirs petitet tfiript cl« }f BoMrgognt , 4*«^ 
çeUess gâteaux ou bitcaits qui, l«Mqu'on Itt 
«oupe dans leur épaiueur, présenteni d«a «Ôoia 
«u couches rubatiëcs foit ^giéables à l'œil tt 
«ayaâU Voici la nanière de préparer ces gl^ 
lefttx bourguigooos: 

Ot| pteud buît œufs, on les casse dans un» 
tÊsvaey on y jette une df mî-UTre de sncse es 



^S-'' 



' 



846 JOURTr'Al.-ï?»S'GO0RMAÏÏDS 

poudre et autant de farine; on ^ajoute' un pea 
xiWu de fleurs d'orange , et on y mêle des 
amandet harhéea menues: on fait du tout une 
pâte blan(^ic4 Iij^uiâeiy^brea- battue , et sans 
aucun pftton. 

• *r !; .' 
On graisse de beurre frais une tourtiërê qu'on 

pose sur dits cendres chaudes; on étend dessus 
une couche légère de la pâte ; on la couvre 
avec un four de campagne à tige^ et modéré- 
ment chargé de braise : au bout de quelques 
instans on lève le four de campagne , et l'on 
étend denouyellispâte sur la^premiëre couche ^ 
qui doit être hfvée de trois lignes* environ, cuite 
•et dorée. On continue ainsi de lever le, four. et 
de mettre de' la^pÂte'litissitôt que Ik'Qernière 
couche posée est cuit^: un peu d'habitude rend 
ce travail familier, (lei gâteaux ont ordinaire- 
ment vingt à vingt-cinq couches"^ on glace la 
^rnlërç avec' un peu de sticre , ou l'on y ré^- 
pand de >la norapiireille. Cett^ espë<;e de bis- 
'cuit /étant plusferttieet plus cuit que les^àutres, 
'a l'àvanta^ de se conserver long-teins. QoèK- 
^ues personnes ajoutent un peu de laft à'-la 
'pâte pour la faire lever davantage;- iôlMtis fl 
duffit de la bien battre pour là rendre légëte^ ' * 

' ' ■ CL. Cl- ' 



H 



/et'des belles. a47 

"JDa FourneaU'Déeùner, par A A, Cadet- 
a^ de-Vaux* . 

(SBCOVO AATieLS.) 

^ >Nox78 avons déjà parlé des avatitages de eette 
'jolie mention y dont nous^ ayons constate so^ 
Jennellemenè les 'heureux 'effets dans notne 
séance du 20 juillet dernier, et nous pourrions 
adresser à son estimable autettr, notre collègue 
et notre ami, présent à cette séance y le rCr- 
proche de n'avoir pas cité ^ette épreuve déci- 
sive dans une brochure qu'il vient do publier 
à ce sujet , ^si nous ne pensions pas qu'il a 
erainty en prenant pour autorité les joyeux 
enfans d'£picure, de donner un ton de gaité 
liivole à une proposition dictée par l'humanit^y 
et adressée aux êtres souffrans pour qui le teaù 
est précieux. En effet, ce n'est pas seuleméat 
l'impatience du gastronome que M.. Cadel- 
de-Vaux a voulu satisfaire en lui donnaïkl 
les moyens de dhauffer son déjeuner avec la 
carte de son dîner de la* vèillè • c'est le ma- 
2ade, la nourrice, l'indigent et le voyageur 
qu'il a désiré soulager en leur offrant un appa* 
leîl simple et CQmmodt! qui économise le tems, 



^^^m^^e^^^n&^gmKçmmmKsnmemmw^t 



le combusfîble et l'argent. On reconnaît dane 
cetre pelitc br^odiure iVsxceHent esprit phihm-* 
tropique qui a déjà dictée l*atiteur ses^sacr- 
tations , ainsi saVMiraè qu'otîlet , inr 1 bouil- 
lon d'of y le café y le blanchiment à la vapeur, 
la peinture 9À IftiC y In ta>îtle de# arbres à fruit ^ 
la destruction des tau^, et tant d'aoïrefira- 
^àux qui tebdemt tons au perfecHonneoirat de» 
«aages d— aes t î qoei^ Non» reeooniMui^èM à-Bos 
«bevnés Faequisition in fou^nean^éjeâner, 
4e plvs eafddilif dea«lbyeha>iils4a trouvecont 
:«bes M. Sebuldeesi, babilo chaudronnier» mr 
'an Pranra^ Bourgeois, ^laee Saint -Miehel-^ 
-B^. 7 ;ik le'paîe#ont!S4^ •tt^4 fir. , eoion qu'ika 
le dearere»! on fev^i^blanc on en donbW d*at>» 
igent>.er ils Auront If plaisir de déjeûiiei chan*^ 
^ietiient et promptement è» dtfpfnaani wmaium 
4Hiii ceoHmè pur )onr.> D^prèo un câlosl ap^ 
^siiBSf|iC rpëf-ÉdMÔnonble on W0k<fak si tmia 
èm knrf&agea €|«i font ehaoffor leur déjoâseff 
«doplaietf tie fdarnean que nous anoonçona^ il j 
«mait au taotua une dîmiMitîan de9à)èBO Kt« 
iians )â conéoannatibu du tonbwtibleileParia* 



Vota* On p«ut T»tr 1« ii«flfM« 4*. ta fmuwMf^ M bac«iM» 

^ M AuTMkL 



.'# 



i 



,tY pis fifitXB$. . ^40 

i' ? . 1 . I l i l ■— — *— fc»^»^— .^ 



RIÈTÉS. 



li i. W iMia n « 



COUPLETS 

A uae jemieFiUe «pli se piffim de son 

Ignorance. 



f Jpn fi0d df Mouton. J 




JPoj&jQVOi vouloÎT fOÎvre les traces ^ 
Dçt graves enfans d'Apollon? 
tTiio t»Uce 4 oôtë 4es Grices 
Vous sied mieux qu'au sacré Talion* 
Trop de franchise vous abuse 
i^ûaod vous croyez ne rieit savoir ; ' '* 
Vous, âves la «science infuse, 
Car vous plaises sans lé votiloir* 

Ces riens brillans, dont se compote 

oute la gloire d'un docteur, 
Pour llesprit sont bien peu de cboa». 
Et «ont laoiAt essor pour le ccms* 



^ 



JftSo JOtTRNAL DBS GOURMANDE 
Pour ëclkirer un peu les autres 
£n vain on pense et l'on dcrit; 
Avec des yeux comine les vôtres 
On a toujours assez d'esprit. 

Si pourtant mon faible mérite 
Prës de vous m'a mis en faveur. 
Par ami^ë je yousjnvite 
A me choisir |^ur précepteur: 
r. LfC tendre sële qui m'inspire 
Au travail saura n^'animer : 
Heuréui. si y voulant vous instruire y 
Je puis vous apprendre à m'aimer! 

M. Antignàc« 



X.E PROCUREUR ST hA, PARTIE jàDYERSE , 

• ■ » • 

• ■ t ' 

Paul disait à Grùgeon de fort mauvaise huipeiir : 
Tu perdras ton procës, va, maudit. procureur. 

Malgré tout le^al.qu'il te cause! .. 
£a puisses-t'i , jarni, mourir en enrageant ! 
• Cela, répond Grugeon^n'est pastrës-afiligeantv 

Je sais que je perdrai ma cause ,«> . 

Alftis je gtigneriBLiiiioB argent. 
.> A . .*. .. \,. M, Gapills» 



SE 



ST DES BELLES. 25 X 

I ~ , ' ^ 

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—1—— — — I I 1 1 I I »»— — ~ii^— *i^— — ^— ^«i^—i ^ 

■ I I ■ I -^— — ^M^ 

i • • ' ■ 

ÉLOGE DES BELLES, ^ 

. « 

STANCS8. 

Nb noufr préférons point aux Belles; 

Bien loin de l'emporter sur elles y 

De tous côtés nous leur cédons ; 

Et si nous avons en partage 

Quelque agrément , quelque avantage | " 

C'est d'elles que nous les tenonç* 

Kous leur devons la politesse j • ; 

Le ^on goût, la délicatesse, , 

Les façons et les sçutiniens : 
De leurs beaux y eux. le doux langagff 
En un jour instruit davantage 
Que tous les liv^^ ^^ ^'^ ^°'' •. ' 

L«8 soins déconcertent nos âmes ; ^ 

Nous nous rebutons : mais les dam et 
Siii ven t jus(Ju*au b'du t le ur desseîAj - 

I^ul obstacle ne les arrête ; 

11.*' 

Et ce qii'elles ont dans la tête 
Devient un arrftt du*deitin« , 



g(s êOV%VAL DM OOmUAMO» 

Ifns UngMv et pëiUlU» tf l^de 
Ne peut nous domer l!habitisâ^ 
Do lfl«r agréable jargon ; . 
Ce ae&e eo esprit nooriarpasse^ 
Et IW Compte sur le Parnaife 
neuf Muses contre un Apollon* 

Moins vaines <pie noos, plus dîacretto^ 
Sur lo fait de leurs amourettes , 
On ne les voit point éclater : 
Celle dont la raison s'oublie . 
N'ajoute point à la folie 
Le sot orgueil de s'en vatiter* 

Dans lès grands sujets de trfetesse, • 
Quoi qu^n dise sot leur faiblesi« , 
Elles sont plus fortes que nous; 
Et tandis qu'un Hen nous désole , 
Souvent un môlnjeatr les coniMle 
De la perte de leunéponz. 

IMITATION D'ANACRÉON. 

Vbbs ce bosquet , jeune Corine , 
Veux'lu guider mes pas tremblans? 
.Tu balances; je te devine y 
>C*est l'asf^ct de mes cheYcox blaaca 



ET DES BBI.LBS. 9^3 

Qui t'înqniëte et te chagriné; 
Pour eux ne montre aucun dëdain : 
Le ciel a 9I bien fait les choses ^ 
Qu'on voit toujours dans un jardin 
Les lys mêlés avec les roses. 

M« Bràzisk. ' ■' 



PROFESSION DB FOI D*UN BPiCURIBNy 

^ BOjUTS-RlMis 

fur l'air du vaudeville des Yi«itandincs. 

Croire y 
rimer, 
' ' boire, • 
aimer, 
folie^ 

: voilà f 

la 

vie. 

' ' ■ • ' • 

Nota* Qn est libre de changer le sujet d« 

ces bonts-rimés , de let transposer, et de fairii 

le nombre de conplett ^u« l'on jugera C9nv•^ 

iiable. , •< 

c. 

■ . ^ 

Tûme VIU «ft 



-v^ 



r*** 




aS4 JOURIIÂ& lill GOURMANDS 

t t ' I i i J I _ „ , i'im', ■>■'„■■ Tmnr 

ANNONCE. 

VoyA0»« Di.CyRtJS, suivis d'un 
'discours sur la Mythologie, par 
M. Ramsay, nouvelle édition, re- 
,.VMe et augmentée de notses géo* 
graphiques, historiques, mytholo- 
giques, etc. , par £. FA. de la M^^^ 
Un volume in- 12 de 466 
Prix, 2 fr. 5o cent» pour 
et 3 fr* 5 o cent, franc de port. 
A Paris, chez Capelle et Renand , 
libraires - commissionnaires , rue 
J.-J» Rousseau, n^. 6. 

APexttttple de rimmortel archevêque de Cam- 
brai , M. daRamsay imagina de faire voyager 
le fils de.-Cambyse comme, son maître et son 
ami avait fait voyager le fils d^Ulysse; et voici 
ée quelle manière Te censeur taurin , tionamë 
par le goavemement pour examiner, en 1727^' 
le manjïscrit Aés Voyages d<$ Gyftts, ttotîya 
l'approbation : « Sous les agrëmens de lliiatoirt/ 
« et de la fable ce livre renferuM «ir«c art 
« d'excel^tes instructions de %k>xfilti êHF^O' 



«r lîHque et de religion , propres à former l'ei^ 
« prit «t le c<mJr dea jeunet geni; on j recoa- 
« naît partout Thabile disciple d'un grand 
« roairre (Pénélon). • 

L'édition de cet ouvrage, împrimëe à cette 
^p que , manquait à la librairie , ( c'est à dira 
eii fiançais seulement , car il a été tëtn>primé 
eu fioglai» avec le testa à cété» ) L^Hios ^qu^ 
nQu» annonçons est la at ule en français y et 
M. Ph. de la.M**^ y a ajouté des notes iqut Vh 
conderont parfaitement l'intelligence des jeunes 
cens, dans les mains desquels cet ouvrage doit 
être place. 

M. da Ramiaj^ Unit tan OQinrage k la prîsv 
^e Babylone ^ ci au moMant où Cytus , ven- 
dant aux Juiff la lil^ejrté f leur permot d'allft 

xelever les murs de Jérusalem ^ et ^e rétablie 

leur cnlte dans fton ancieniie splendeur* Il a 

^rn côttvenabla , pour satisfaire ia curiosité', 

^Mmërtr, d'après Rollia j un petit article Mip^ 

plémeatalre qui apprit au lactear la faços 

ilo.nt Cyrus avait terminé sa bnUapif cairriibra^ 

Eu. ce qui concerne le style de l'auteur il a ét|l 

respecté : on ne s'est permis quelques cbange<- 

mens que dans l'ortbographe , qu'il a fallu 

cajetinir , et dans la pou cl pal ion des pbrases | 

afin de donner à la dictioQ f 1«É dé jéli ou fins 

de cUrté. 



À56 JOVRNAC'DES OODKHAND9 



MODES. 

• • • " 

Dx toutes Içc coiffures nouvelles, la plut 
-g^ëralement adoptée est un chapeau de paille 
blanche ou noire ^ sans bords , à forme liante 
et destus plat comme un chapeau d'homme y 
•ur le sommet duquel se nouent deux rubans 
cousus au niveau de chaque oreille y lesquels 
jrubans ne passent point sous le -menton. Les 
Mettes blanches sont les pins communes ; il 
7 enVdel)oiteuses et de noires. 

Sur le devant de la plupart des .robes qui 
0guraîent au bal de l'Hôtel-dé-Ville on re- 
jnarquait le tablier grec y ou remontant trës- 
étroit du haut. Quelques robes de crêpe , fond 
sunaranthe y lilas y lapis y feraient pour gar- 
'viture des franges composées de petites fleurs , 
'de lavande notamment. . 

, Les robes de crêpe , comme celles de mous- 
seline , se doublent. 



i 



BT DES B^LLISS. ' aSy 



ÉNIGMES, CHARADES, LOGOqRIPHES. 



Ijb mot de la Charade insérëe dans le Cahiev 
d'Août e^t Couvert; t 

Celui de PEDigmé est Tabx,s ; 

Celui du Logogriphe est Patissiie y où l'oa 
trouve pâte, sire, pair, rets, J ris,. pet, Paris, 
ris et tope. 

• 

Les Abonnés qui ont deviuitf ces trois moif 
«ont : 

MM. 

•7. iV. , de Reims. 

Le D, , de Dieppe. 

Le Roy, de la même ville. 

Godry^Bénévent, de la .même ville. 

P, F,^ de Reims. 

P. J. iW. F, , de Natites. 

De Pons, de Brioude* 

P,F., deRoste. ' 



MM* 

mandons d* affranchir dorénavant ses 

lettres, ) 
p. P. j de Paris. 
Z>. jD. F., canton de Lagoy. 
Dé Bonnéfoi, de Bayonne. 
Protts, de CreTek, auteur du Logo- 

griphe dont nous pariotis , et que l'oH 

a par enwt figue Cro(U« 

Voieî ^uoli^ties -titit»k det piic et c>i 
46M parrtWfBnà à' ce «uJM : 

'Al^: jiutfiiôt que la lumières 

*' '' J * 

Savi oflTmMr la mérita 

I3'iin babile cuisinier^ 

J0 préfère à m marmite 

ï.m four de mofi^|if||«r/ . , 

Et sHl arrive qu'à tabU 

Il ne précida ati dessert , 

Un cliagrin iti^uxmpataVlt 

Me fait quitter mon couPéirim 

G«9BY-Bsx]hrBVT. 

JlMvnmvx celui 4on# la deçtcina 
I£st iPaimer Tart d 11 pâthtîer, 
P'avoir excellente ctiiiiiM, 
Quelque» amis ^ ua Itça «eilier! 



^.Ti.'lA 



^ 



•« • •' M 



Mafs plus betirens qui de Bulaio* 
Sait dÎMerter «a honiiu« «xpurt, 
Et qui peut MpiibU, par semaine, 
▲ sa table iv6if ioà ebutéftl 

D^-**i abonni de DUuu, 



GHAR'4DE A MA BÊLlE. 

ToTB s sein y fi^it ft mon preiaier, {tonti 
^ £st couvert, dont i^enrage j 
Sn m'écrivant d« aftoB denn«r fi*^ 
Daignex donc féir« «««flf • 
Belle , Toulez-Tous | 
Demaid dix adust , 
A to&/tf^ sous nui tr«iU«, 
Manger mon entier {tùurt^fl^ 

Que mon pâtiitier 
Assai^omie à moryelUeY 

t^^. f ttbotuii de Xêimt. 

ToTBi Saokâtif aalUU* , mé pUit au par-dilà. 
A dériner charade*. ««/c^'^ra, * 

Hmtvent )é paeso mo» ^«a rt -d 'hur o » 
Par malhur )^ai la tète dure ; ■ 
Vvn dé cesjtfurs... «écora» oumI c«|t«4t qu*im roi. 
Dé rarticlO'Cbéri je faisais la lecturo'i 

Jf'étaie... à étible ,. .. un couper^rdévant moi , 
12n'face... un pâtissier partageant nia garburo^ 
Je né pus deviner )amft,is « 
Bleaq4ié}é,mé.donn»ss««<adiaJ^W^ ' , '^ 
f Que pâtissier, couvert et table 
" fitd«ih Im tttot* qué^é «hotfckftb^ 

,c M . ; . 2>A Bovséiof , ab9fm4 de Ss^vmê^ 



2.6o JOURNAL DES GOURMANDS 



ENIGME. 

Atbc mon nom baroque^ 
Faisant une ëqi^ivoquey 
Je passe en |;énëial 
Pour iin.être immoral* 
Si l'on me considère 
Dans le règne animal 
Ou dans le végélal., 
Je suis ou primevère y 
Ou l'un de ces oiseaux 
D'espèce passagère 
Tout à fait singulière; 
Car avec mes jumeaux y 
Sans emprunter l'emblème | 
Je suis deux fois le même. 

A. F; G. 



. LOGOGRIPHE. 

Mxf quatre pieds, lecteur, vous offrent bien et beau 
Des coquettes la fçrande idole; 
Ma tête à bas y je ne suis plus frivole: 
ft fait valoic Ifi Brm, %\, Malherbe et Rousseau^ 

M. GviCHAaB» 



«u. 



£T DES BELLES. 2^1 



I u 



4 



* * k. *• X .- ! t 



.; ,, ,.C^AjR^P.E. 






Dans an membre de l'homme on trouTe mon 

An bÊk d*nftAtttiiB X8<ll4)!9 o» troqy^ #nqi| , 

dernier, / • 

£t dans le même membre on trouvé mon entier, 

' M. LAtiriR2>&i| abonné 
\ de Cluny» 






i * * 



^Pm i/u troisième trimestrt de 18^. 



•" t »■» 



»... • . • . . - X • , I 

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'■ . .. • ' 

,'••'♦ ♦ »■ » ^ .... 

r • * 



^^r 



-TABi* 



DES Hli^tÈkES 

Contenues daQ8 le tfoifÂ^n^e trîmestra 
der 1807 ^ êepcilffiicr Tôiame de: 6à 
Journal.) ' ' '"** 

.l.tti. ^ fJw.il "^^ t .Mil I fl.J '«ivl.. Jll« ^l.l ^ n 'J. il. J<4 *. 1 



■* T*T 



LITTÉRATURE GOURMANDE. 

]ji Mois de Juillet. A Noë ,' patriarche 

De la Cuisine des Anciens» (De quelques 

Usages gourmands. ) 9 

Cours gastronomique. (Septième dîner.) 3o 
Le Mois d*Aoât. A la belle Eve, dëgusta- 
. trice des pommes. çZ 

Cours gastronomique. ( Huitiëme dîner. ) 1x7 
Le Mois de Septembre. A Bacchus ; con- 
quérant de l'Inde. x83 
Cours gastionomique. (Neavièine dîner.) 309 

**■• • xk •» .... A, 



TABLE 91S HATiniS. 



HTGIÈNS I» IM TABU. 



Topographi» JbatJU^pi^. Pa û ^ 

gogne. Sj 

Ihi M«iipii. I«y 

Ide la Cuisine appropriée mk aiâanwv if/ 

CHANSONS ET GOUFLETSw 

Les Geriiei ^ par M. de Piis» ^y 

Le Jugement dernier^ par M. Jfcfitelle. 4a 

La Fin du Jour, par M. Armand-Goofié. Ss 
Il vaut mieux tajd qne jamaisy par 

M. Brazier. S4 
// ne faut pas dire : Fontame, 
Je ne boirai pis de ton eau , 

par M. Anlignac. ij 

L'Epingle , par M. Plu ^e la Madelatiie« 5^ 
Le Soleil luit pour tout le Ngnde^ par 

M. Armand-Gouflli^. et 

La Sagesse , par M. Morean* 6S 
Autant en emporte le Tent , par M. Francis. 69 
Faute d^ un moine Vatbi^e ae manque f^, 

par AL Dteiif^cri» 7% 



m64 ta b l I 

P»ge« 

Les Rnîsseàtix y pacr t/Li Talairat , abonné 

- de Brioade, ^4 

Les Bain^ , {»ar M. Simonin , abonne de 

Paris. - if^ 

Aristenfete aux joyeuf Desservans du Ro-> 
" eher de Cancalle. i35 

Pierre et Paul, par M. Laujon. 137 

On' ne perd rien pour attendre^ par 

M* Antignac. 140 

La Poule , par M, Armand-Gouffé. 143 

N*y pensons pas , par M. Charles Sartrou- 

▼ille. J45 

Arrive quî'plante , par M. Brazier. 147 

Les Gerbes , par M. Ledoux^ abonne de 

Paris. i5r 

Les deux Danseurs de corde , par M. Mo- 

reau. 2,5 

Les Melons , par M. de Piis. ' 22^ 

L'Erreur, par M. Brazier. a3r 

Le Tonnerre et les Puces , ou Réponse à 
cette question : Pour<juoi tant de ton- 
nerre et de puces en été? par M. Pb. 
, de la Madelaine» ;i33 



X>ES BrATiÈRXS. 265 

PagM 

Le Coche, pat M. Antignac. i'àS 

L'eau va toujours à la mière^ par M. Dé- * 

saugierSf . aSy 

Le Vieillard , par M. A. J. 240 

Grégoire et la Saint-Michel , par M. Le- 
roy, abounë de Dieppe. 243 
Couplets à une jeune fille qui se plaint de 
' son ignorance 9 par M. Antignac. 249 

CORRESPONDANCE- 

Aux Rédacteurs , par M. Lefort , relati- 
vement à madame Guichard. 4s 
Note des Rédacteurs. 46 
Aux mêmes, par M. Van-Roos-Malen. x3x 
Note des Rédacteurs. 1 34 

ANECDOTES ET CONTES EN VERS. 

L'Arrêté du Maire, ou le Médecin du 

Pripce, par M. Capelle. &• 

La Convention , par le même. > 169 

La Consolation y par le même* ^7* 



%66 TAJLX 



'•«« 



La GonsëqneDce de Grégone^ par }p 

■lèiof. xç^ 

ANECDOTES EN PROSE. 

Quîproqu» gonrintiUI* S9 

«Anecdote «iir Pëtrarqpe» 3x 

Anecdote gouriDtaid(*« xo4 

Autre relative an grand Gonddw t^6 

M£LA^'Q£S. 

Réflexion d^nn Buveuf. lo 

Pre'cepte gourmand. 3i 

Observation gourmande. /efr 
Bouts-rimes remplis par M« Alexis Cau- 

vaio. 8a 

«-^ par M. Eugëniut. 83 

— par M. P. F. Jd. 

— par M. Lagandrë» Ô4 

— par M. Gnicbardr /</• 
Epigramme contre Mpntminn* ;u)S 
Oxûine du proverbe : Il ne faut pas se 

déchausser pour manger cela^ xo$ 

Hutoire de TOiaDge» x *^ 



DES MATlilJlBS^ ^ iSni 

_ , < I. ...... à. * f- 

Sur la Mort du HUbineau de Leabie^ par 

"lil:.Vr. Ch. ' r^ // »?% 

À. f ' «^^ -t / -. -x^ 

mon yieil Ami, par M« Grillç* , ^ x;^2| 

^^ » , • , •- • ■- k *%»-.»• i'-ii^ - ' '^ 

Miûiime gounnaDde. _ r <« . , '9^ 

Epigranime'y par M* Capelle* .. ,, s&q 

Eloge dfesBelTos. ^ ^ ;^r 

iiâhatioii d'Anaçrëon , par M. Brazier. Î5a 

Profession de foi d'uh Eptcurien. ' a5$ 



. 1 r* * V « 



Annonce des Voyages de Cynis* ^^ ' 25£ 



RECETTES 'AUMENTAIKES:^ 



j^j 



Disseri^lion sur le tniois de juillet* x 5 

Canard aux naTeta. ^ ^ , ^7 

M?u oaumon» *<» 

Saamon à la genevoises ^ W- 

Pc^ Artichauts. 'o<> 

Articliaau2LlaBarîgoulfl« »o* 

Perdreaux. ^^^ 

Sauté de Perdreaux. 204 

Pu Concombre et dti Oonwh^n^ *9* 

Concombres farcis» '9' 

Des Coroiclions» '9^ 



468 TA BtË "Dïi^ À iT liilis. 



•• *ïf!t 



I 



t . * \y ■ 



iteoDuiTs OS Liso^trriid ôétltÈlfk&àJ' 

Fraitea alcohoilsëet* . . . JUL 

Tjiblettet fondantes du Fi^ils Befv^. 39 
FoMmeoii.P^fSiier, par M.^Ç;^^t-*ei. .. 

Çiroptdie mademoiselle, D«abigiue. • .^Sé 

.^S ,*4...»J ii.j.» .11. .i Yui ï»-' »4ti*'. •»f7. 

Giteaux zébras. «^ r ^ r ;S4S 

Bu Fourneau'Déjeûner, par AA« Cadet* 



VIN BI £A TABLÉ. , , 

> r . ' ' 

^ • J -'• I .»» ■ 1, 

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